Le Lieu Unique à son tour dans le viseur de l'ultra droite
mercredi 18 octobre 2017 à 20:58 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan
Depuis lundi, le drapeau "He Will Not Divide Us" flotte au-dessus du Lieu Unique à Nantes. C'est une oeuvre d'art politique, en réaction à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Comme les autres sites où il a été accrochée, le LU a été victime de plusieurs attaques.

Nantes, France
C'est au départ une oeuvre d'art contre la division et pour l'unité, un message qui répond à l'élection de Donald Trump aux États-Unis à l'automne 2016. Le drapeau "He Will Not Divide Us" - il ne nous divisera pas - flotte depuis le début de la semaine au-dessus du Lieu Unique à Nantes. Et comme tous les autres sites qui ont voulu relayer ce message, le LU est victime d'intimidations et de menaces de militants d'extrême droite.
LE LIEU UNIQUE A ADOPTÉ https://t.co/CJOAp6strH, ŒUVRE PERMANENTE DE LABEOUF, RÖNKKÖ & TURNER ! pic.twitter.com/LRhRGFRVq0
— le lieu unique (@lelieuunique) October 16, 2017
Tout a commencé à New York, au museum of the moving image. L'idée de départ, c'était que tous ceux qui le souhaitent puissent prononcer les mots "he wil not divide us" devant une caméra et que les images soient projetées en continu sur un mur hors du musée. Très vite, le débat s'est engagé et le musée a préféré abandonner le projet après avoir eu vent de projets d'attaques. Il a ensuite été transféré à Albuquerque, toujours aux États-Unis, et là, il a été victime d'actes de vandalisme et d'attaques de la part de l'extrême droite. C'est à ce moment-là que l'oeuvre est devenue ce drapeau, accroché dans un lieu tenu secret. Mais encore une fois, les opposants ont réussi à lancer leurs attaques. Même chose de l'autre côté de l'Atlantique, à Liverpool, où le centre d'art FACT avait décidé d'accrocher le drapeau sur son immeuble. Là, un groupe d'homme est monté sur le toit et la direction a préféré tout arrêter.
Un jeune homme arrêté sur le toit du Lieu Unique
"He Will Not Divide Us" a finalement "trouvé refuge" au Lieu Unique de Nantes au début de la semaine. Le petit drapeau blanc flotte au-dessus de la tour LU, filmé en continue, et, là encore, le site a été visé : des intimidations et des appels à passer à l'action sur les forums internet et les réseaux sociaux. Et des appels aussi à décrocher le drapeau sur les réseaux sociaux.
Si vous êtes à Nantes, vous ne pouvez pas aller décrocher le drapeau anti-Trump sur le Lieu Unique ?
— 𝔄𝔯𝔡𝔢𝔫𝔫𝔞𝔦𝔰 𝔇𝔢𝔱𝔢𝔯 (@ardennaisdeter) October 17, 2017
Ma plus grande crainte : que quelqu'un se tue en essayant de décrocher le drapeau
Patrick Gyger, le directeur du Lieu Unique s'attendait à se genre de choses. La sécurité informatique a d'ailleurs été renforcée, même chose pour le bâtiment. "Nous avons aussi sécurisé au maximum les accès au toit et à la coupole avec de la rubalise et des panneaux où il est écrit danger de mort". Parce que c'est ça la plus grand crainte pour l'instant du directeur du LU, que quelqu'un tombe de plusieurs dizaines de mètres et se tue en passant à travers une verrière, par exemple. Un jeune homme a déjà été intercepté à proximité des bureaux administratifs, au dernier étage du bâtiment ce mardi. "Ce n'est pas pour rien que nous avons installé le drapeau avec une grue. C'est qu'on ne peut pas monter là-haut, c'est trop dangereux", poursuit Patrick Gyger.
Notre volonté n'est pas de provoquer mais de donner la parole à des artistes censurés
Pour le reste, "pas question de se laisser intimider", pour le directeur du Lieu Unique. "L'oeuvre restera tant qu'on estime qu'elle le peut dans de bonnes conditions". Et tant pis les avis négatifs s'accumulent sur les sites de notations de voyage comme Trip advisor ou sur le moteur de recherche Google. "Notre volonté, ce n'est absolument pas de provoquer", poursuit Patrick Gyger, "mais de donner la parole à des artistes qui se retrouvent censurés à cause des menaces contre leur oeuvre."
Des messages de soutien du monde entier
Et il préfère mettre en avant toutes les réactions positives que l'installation du drapeau a suscité : "des gens nous écrivent du monde entier pour nous féliciter, pour féliciter les artistes et pour nous dire que, en effet, face à des volontés de division, la population doit rester unie. Que ce soit aux États-Unis avec Donald Trump ou ailleurs dans le monde", conclut-il.