Culture – Loisirs

Le monde de la bouvine inquiet pour la saison des courses camarguaises

Par Lauriane Delanoë, France Bleu Gard Lozère et France Bleu Provence mardi 5 janvier 2016 à 12:35

Un raseteur face au taureau
Un raseteur face au taureau © Maxppp - MaxPPP

Manadiers, raseteurs, clubs taurins et simples aficionados s'inquiètent : les courses camarguaises pourraient bien disparaitre, et avec elles, tout un pan de notre culture. En cause : la mauvaise gestion de la fédération française, avec un déficit de plus de 130 000 euros.

Que serait la Camargue sans ses traditionnelles courses camarguaises ? Les professionnels se posent très sérieusement la question, au vu de la crise profonde qui secoue la Fédération Française de la Course Camarguaise. Elle est au bord du dépôt de bilan, avec un déficit de 130 000 euros qui ne cesse d'augmenter.

Sans la Fédération, les petits clubs taurins ne pourront plus organiser de courses.

 "Si ça disparait, c'est toute une histoire qui disparait ! Autour des courses camarguaises, il y a des touristes, des peintres, des écrivains !" (Jacques Mailhan, président des éleveurs des Taureaux Camargue).

Si la fédération venait à déposer le bilan, la plupart des 800 courses annuelles pourrait tout simplement être annulée. Car c'est elle qui permet d'avoir des assurances à prix négocié. Sans la FFCC, les assurances seraient trop chères pour les raseteurs.

Les clubs taurins, au budget serré, devraient verser des cotisations à l'Urssaf, faute d’agrément du ministère de la Jeunesse et des Sports. Les manadiers, eux, ne trouveraient plus de débouchés pour leurs taureaux.

Jacques Mailhan, manadier

Le monde de la bouvine rassemblé à Méjanes en Camargue - lundi 4 janvier 2016 - Radio France
Le monde de la bouvine rassemblé à Méjanes en Camargue - lundi 4 janvier 2016 © Radio France - Lauriane Delanoë

Tout un patrimoine menacé

C'est donc le paysage même de la Camargue qui est en péril, tant écologique qu'économique. Manadiers, raseteurs et les clubs taurins décident d'agir ensemble. Ils étaient plus de 300 lundi soir au domaine Paul Ricard de Méjanes en Camargue pour crier leur colère et leur inquiétude.

Ils refusent désormais de payer leur licence, pour dénoncer la gestion calamiteuse de la fédération ces dernières années. Pendant ce temps, les dettes s'accumulent - l'assureur, par exemple, attend toujours un versement de 54 000 euros. La majorité des membres du Comité directeur a démissionné en décembre. Les douze restant se réunissent ce mardi soir, pour fixer un nouveau calendrier.

"Je suis prêt, moi, à donner 100 euros ! Si 1 300 personnes font ça, le problème est réglé !" (Jean-Pierre Isaia, marchand de chouchous dans les arènes depuis 41 ans)

Lauriane Delanoë a rencontré le monde de la bouvine, inquiet pour le patrimoine.

Le monde de la bouvine réclame de toute urgence la démission du Comité directeur pour organiser une nouvelle élection. Dans l'assemblée de Méjanes, il comptait sur le soutien de plusieurs élus, comme le conseiller UDI de Nîmes-Métropole Jean-Marc Soulas. Le président du Parc régional de Camargue, David Grzyb, a lancé un vif appel pour sauver de l'élevage en Camargue.

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