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Culture – Loisirs

Le musée d'Angoulême s'offre des bandes dessinées vieilles de 15 000 ans !

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Par , France Bleu La Rochelle

Le musée d'Angoulême vient de faire l'acquisition de 70.000 pièces issues des fouilles de la grotte de Montgaudier, à Montbron en Charente. Au sein de ces pièces, une série de gravures d'une qualité exceptionnelle. Des gravures qui pourraient bien être les ancêtres de nos bandes dessinées actuelles.

Sur des galets, des ossements et des bois de rennes les hommes préhistoriques ont superposé des dessins représentant la faune de l'époque.
Sur des galets, des ossements et des bois de rennes les hommes préhistoriques ont superposé des dessins représentant la faune de l'époque. - Jean-François Tournepiche

Angoulême, France

En Charente, le musée d'Angoulême vient de faire une acquisition exceptionnelle : 70.000 pièces issues des fouilles de la grotte de Montgaudier. La grotte, située à une trentaine de kilomètres d'Angoulême, sur la commune de Montbron  est connue depuis le XIXe siècle et des fouilles y ont également été réalisées dans les années 1970. Elle a été habitée au cours de la Préhistoire. De cette occupation, reste des ossements humains, comme une mâchoire d'un homme de Neandertal mais aussi des objets tels que des sagaies, des bâtons percés ou des silex. Plus intéressante est la série de gravures laissés par ces hommes de cavernes. 

Des représentations très réalistes de la faune de l'ère glaciaire. 

Ce sont des petits galets, des bouts d'ossements ou encore des bois de rennes, sur lesquels des hommes ont gravé il y a près de 15 000 ans des bisons, des lions, des chevaux ou encore des rennes. Toute la faune de l'époque, de la période glaciaire et que côtoyait les habitants de la grotte de Mongaudier. Une faune représentée par des dessins parfois superposés sur quelques centimètres et finement gravés.  

"C'est ce que l'on appelle de l'art mobilier" explique Jean François Tournepiche, le conservateur en chef du musée d'Angoulême.Il souligne la qualité extraordinaire des pièces, _"des représentations très réalistes" .La technique employée, en revanche, l'intrigue: "Vous avez, dans cet art préhistorique, des personnages qui sont des animaux, et ces animaux qui sont enchevêtrés, superposés, nous racontent une histoire"_ explique-t-il.  

A l'image de la bande-dessinée, ces gravures sont de l'art graphique

_"Ces gravures nous racontent une histoire qui est très complexe et qui n'est pas décryptée, mais l__'emploi de ces images, très précoces, qui datent de 15 000 ans, nous pose question"_précise le conservateur en chef du musée d'Angoulême. Il cite en exemple, une pièce , un galet où 6 à 7 figures animales sont gravées et superposées.  Mais pourquoi multiplier les dessins, les superposer sur un même galet quand il y en a tant d'autres pour dessiner ?  

Pour Jean-François Tournepiche. "Il y a une signification profonde, c'est une vraie volonté de cet homme préhistorique de faire comme sur un tableau que l'on couvre de signes, que l'on efface puis que l'on couvre de nouveaux signes".  Pour lui, l'intention des hommes de Cro-Magnon était claire : raconter une histoire, faire de l'art graphique: " On voit qu'il ne s'agit pas de simples représentations naturalistes de l'environnement" . Ces galets, ces bois de rennes, ces ossements gravés peuvent donc être pris comme autant de petites bulles de bandes dessinés, des ancêtres en quelques sortes de nos BD du XXIe siècle ! 

Le conservateur en chef du musée espère pouvoir exposer ces pièces à la fin de l'année. Il va falloir pour cela les étudier, les analyser, en comprendre puis expliquer la signification. Elles seront ensuite visibles sous toutes les coutures grâce, notamment, aux nouvelles technologies qui permettent de scanner et mettre en avant les moindres détails de ces objets. 

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