Culture – Loisirs

Le Nantais Ahmed Sylla, héros du film "L'ascension" qui sort ce mercredi

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan mercredi 25 janvier 2017 à 7:06

Ahmed Sylla au micro de France Bleu
Ahmed Sylla au micro de France Bleu © Radio France -

"L'ascension", c'est le titre du film qui sort ce mercredi et dont le Nantais Ahmed Sylla est le héro. C'est aussi un bon résumé de l'évolution de la carrière du jeune comique de 26 ans, originaire des Dervallières.

À seulement 26 ans, Ahmed Sylla tutoie déjà les sommets. Ceux du rire, avec déjà deux "one man show" et de nombreux passages à la télé. Ceux du cinéma, avec un premier film dont il est le héro, "L'ascension", qui sort ce mercredi et qui vient de recevoir le prix du public et le grand prix du jury du festival de l'Alpe-d'Huez. Les vrais sommets aussi, puisque le film raconte l'histoire d'un jeune banlieusard du 9-3 qui décide de gravir l'Everest par amour.

Il faisait rire tout le monde ! On savait qu'il allait faire quelque chose

Voilà où en est aujourd'hui Ahmed Sylla. Avant tout ça, il y a eu Nantes, le quartier des Dervallières où il a grandi et où il a découvert le théâtre et la comédie. "C'est un petit de notre quartier, c'est notre petit frère !", s'enthousiasme Mahmoud, le président du club de foot. Il s'est occupe d'Ahmed quand il était petit. "Il a toujours été comique. C'était notre mascotte. On savait très bien qu'il allait faire quelque chose avec le don naturel qu'il avait déjà". Erkane, lui, allait à la maison de quartier avec Ahmed : "il faisait rire tout le monde ! C'était sa passion. On voit où il est rendu maintenant. Il est aimé par tout le monde. C'est le nouveau Omar Sy". Et un modèle pour les petits des Dervallières qui le connaissent surtout via la télé.

"C'est vraiment chez moi les Dervallières, c'est mon essence, mon identité, je ne pourrai jamais m'en détacher"

Ahmed Sylla revient régulièrement dans le quartier et Blody est catégorique, il n'a pas changé : "il reste humble. Il y en a qui prennent la grosse tête quand ils percent mais lui, il reste humble. Il vient voir tout le monde, il rigole avec tout le monde, il prend le temps". Et son ascension, aux Dervallières, on la regarde avec beaucoup de fierté.

De son côté, le jeune comique n'oublie pas non plus d'où il vient. "C'est vraiment chez moi, c'est mon essence, mon identité, je ne pourrai jamais m'en détacher". Un quartier multiculturel dans lequel le comédien puise son inspiration. "Ça m'a vraiment construit de grandir dans ce quartier avec son lot de difficultés mais aussi de positivités. Et, en même temps, j'ai eu la chance d'aller dans des écoles privées. Mes parents voulaient qu'on ait une belle éducation pour pouvoir bien avancer dans la vie. C'est ce mélange qui me donne aujourd'hui la capacité de jouer plein de personnages".

C'est quelqu'un qui mérite terriblement de réussir

Même chose pour sa première prof de théâtre, Christine Moneger. Elle l'a eu comme élève en classe de troisième et de seconde et elle est tout de suite tombée sous son charme : "il arrive avec son rire, sa fraîcheur, son énergie et un naturel qui est absolument sidérant ! Je sentais déjà à l'époque qu'il avait un potentiel étonnant et qu'il fallait en tirer profit. C'est lui qui a tout fait après, ce n'est pas moi. Ahmed se pousse tout seul, il en a l'intelligence et les compétences. C'est un bonheur, c'est quelqu'un qui mérite terriblement de réussir, il le fait à la force du poignet avec son naturel et son sourire ! Ça ne peut que marcher parce qu'on est touché par tant de sincérité". Et si elle avait quelque chose à lui dire en ce mercredi de sortie de son film ? "Il le sait, mais je vais lui dire que je l'aime".

"Ça me touche vraiment ce qu'elle dit. J'en ai des frissons !", répond Ahmed Sylla. "Elle fait partie des personnes qui, sur terre, ont une mission, c'est celle d'aider les gens et de les aimer avec tout leur amour. Et moi aussi, je l'aime vraiment. Elle est formidable".

Un tournage dans des conditions difficiles, à plus de 5.300 mètres d'altitude et par -25 degrés

Mais pour ça, le Nantais a du donner de sa personne. Pas sportif ni montagnard pour un sou, il est parti au Népal et au Mont Blanc pour le tournage. "Ce qui a de plus haut, aux Dervallières, je crois que c'est le building sur la place ! Et j'avais pas fait plus haut que ça", glisse-t-il dans un sourire. "Donc j'ai beaucoup, beaucoup travaillé parce que j'avais à coeur de proposer un film qui soit authentique". Et il reconnait avoir souffert. Au Népal, où il a tourné pendant 5 semaines, les conditions étaient spartiates dans le camp de base : pas moyen de se laver pendant plusieurs jours et de longues heures de marche, tous les jours. "On a tourné à 5.364 mètres ! On a dormi sous des tentes à moins 25 degrés. On a tourné ensuite à Chamonix pour les scènes de somment, c'était très très compliqué". Avec, là, des températures qui sont descendues jusqu'à moins 30 degrés ! Ahmed Sylla a d'ailleurs perdu sept kilos pendant le tournage.

Pour réussir faut essayer ! 🙏🏾❤️🙏🏾

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Le résultat, il est là pour Ahmed Sylla, avec un accueil très chaleureux pendant les avant-premières et des récompenses, déjà : le prix du public et le grand prix du jury au festival de l'Alpe-d'Huez pour "L'ascension".

L'intégralité de notre entretien avec Ahmed Sylla