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INSOLITE - Le rappeur Greg Frite veut dépoussiérer le ban bourguignon

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne et France Bleu lundi 11 janvier 2016 à 6:00

Greg Frite, amoureux de Dijon, et du ban bourguignon
Greg Frite, amoureux de Dijon, et du ban bourguignon © Radio France - Arnaud Racapé

Le ban bourguignon à la sauce rap, ça donnerait quoi à votre avis ? La question taraude en tout cas le rappeur "Greg Frite", un banlieusard parisien installé avec sa famille en Bourgogne depuis 8 ans, et dans la capitale des Ducs depuis deux ans. Il prépare une chanson et un clip en hommage à Dijon.

Entre Greg Frite et Dijon, c'est une grande histoire d'amour, à tel point que l'artiste, découvert par le grand public sur Canal + en 2013 dans l'émission de Thomas Thouroude _Le Before du Grand journal_, veut désormais remettre le fameux ban bourguignon au goût du jour,  à travers un clip vidéo et une chanson en hommage à sa ville d'accueil. Le projet s'appelle "Un ban pour Dijon", et il se veut collectif et participatif. Et lorsqu'un rappeur d'origine antillaise adopte Dijon, sa moutarde et son chant folklorique, cela donne ceci :

Une alléchante bande-annonce circule sur internet et les réseaux sociaux depuis deux mois pour expliquer le projet, appeler aux dons et aux bonnes idées. Pour l'instant, ce clip d'une minute n'est qu'un produit d'appel, dans lequel l'artiste s'affiche dans les lieux emblématiques de Dijon. Mais Greg Frite veut en faire un vrai projet, ce qu'il appelle sa "carte postale musicale", avec pour protagonistes sa nouvelle ville de cœur et son Ban Bourguignon, découvert au hasard d'une soirée un peu arrosée.

J'entends une syncope antillaise !

"Je me suis dit 'mais qu'est ce qui se passe' ? 'Qu'est-ce que c'est que cette chorégraphie' ? Et puis le ban bourguignon c'est comme les frites, il n'y en jamais qu'un seul. Donc cinquante fois plus tard, là je me suis dit qu'il se passait quelque chose au niveau de la rythmique, j'entends une syncope antillaise !"

Artiste passionné par la langue française (voir ci-dessous) et imprégné d'influences musicales multiples, de Malavoi à Jacques Brel en passant par le jazz, le néo-dijonnais dandy ne se contente pas de faire le buzz, il a parfaitement potassé son dossier. "Le ban bourguignon a été créé à Dijon, rue Jacques-Cellerier, à la brasserie du Marais, à la fin du XIXe - début du XXe. Il y a même une plaque au fond de la brasserie. Et puis c'est tombé en désuétude avant la première guerre mondiale, et c'est revenu à l'initiative du chanoine Kyr après la seconde guerre mondiale."

Coup de foudre à Dijon

Quant à l'amour qu'il porte pour Dijon, Greg Frite le banlieusard, habitué aux rues bondées de Paris, ne l'explique pas, il le ressent. "Quand je suis arrivé ici, c'était la plénitude, parce qu'il y a une réelle bienveillance qui flotte dans l'air. les gens sont cools, c'est propre, il y a un côté étudiant qui est totalement dilué à paris. Je n'avais jamais ressenti ça pour une ville. Donc c'est vraiment un coup de foudre. Et je me rends compte qu'à Dijon tout est possible artistiquement et humainement."

Appel aux bonnes âmes et aux bonnes idées

Mais pas question pour lui d'agir seul, le Ban pour Dijon sera un projet local et collégial, ou ne sera pas : "Je suis un peu mystique sur le fait que ma vie se passe bien à Dijon, que mes enfants se soient bien acclimatés, et du coup j'ai envie de rendre. Je ne vais pas faire mon petit morceau dans mon coin sur la ville que j'aime, l'idée c'est justement que les Boruguignons, les Dijonnais que je connais, puissent m'aider, m'apporter des anecdotes, j'adore ça ! De mon côté j'ai déjà fait mon travail d'information, j'ai encore beaucoup de choses à apprendre mais je sais pleins de choses. J'attends aussi d'échanger avec les Dijonnais, et si quelqu'un est prêt à partager son savoir, je suis preneur."

Ce que Dijon lui a offert humainement, Greg Frite entend donc lui rendre musicalement. le tournage du clip est prévu pour le printemps. D'ici là chacun est invité à y jouer un rôle, financier ou artistique. Et pour participer justement, rendez-vous sur la plateforme (dijonnaise, puisque c'est aussi un projet local !) grainesdestart.com.

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