Culture – Loisirs

Le studio photo Jauer a résisté au numérique et souffle cette année ses 90 bougies à Vieux Condé

Par Rafaela Biry-Vicente, France Bleu Nord mercredi 13 janvier 2016 à 8:46

Bernard Jauer le petit fils du fondateur du studio perpétue la passion familiale
Bernard Jauer le petit fils du fondateur du studio perpétue la passion familiale - Rafaela Biry-Vicente

Fondé en 1926 par un mineur allemand reconverti en photographe, le studio Jauer de Vieux Condé tourne toujours avec son petit fils Bernard qui a du s'adapter au numérique et qui finalement y trouve son compte.

Un studio photo qui souffle ses 90 bougies, c’est assez rare. Avec l’arrivée du numérique beaucoup d’établissements ont fermé, mais ce n’est pas le cas du studio de Bernard Jauer à Vieux Condé dans le Valenciennois.

Son grand père arrivé d'Allemagne pour travailler dans les mines se passionne pour la photo, il bouquine tout ce qu'il trouve sur le sujet, et se forme sur le tas, puis il décide de quitter la fosse de l’Avalresse pour ouvrir sa boutique photo en 1926. 

Mariages, bébés et communions

Il part alors avec sa moto immortaliser notamment les mariages polonais du coin. C'est l'époque aussi où tous les bébés ou presque ont droit à leur photo studio nu sur une peau de bête, et où il y a la queue devant la boutique les jours de communions !

Dans l'ancienne chambre noire où son grand père développait les clichés en noir en blanc à l'étage, Bernard conserve les énormes planches contacts de l'époque. Et dans son studio, il préserve comme un trésor, l'un des premiers fonds de son grand père représentant une église pour les photos de communion justement où on peut voir une trace d'obus de la 2° guerre mondiale.

La belle histoire du jour

Trois générations 

Bernard a donc pris la suite de son grand père et de son père, la profession a complètement été chamboulée avec l’arrivée du numérique, mais Bernard a décidé d’en tirer parti en se formant à toutes les possibilités qu’offre cette nouvelle technologie ; livres et montages photos, numérisation des films en super 8, photos d’identité.

Mais à côté de ses cartes mémoires, il garde quelques appareils photo jetables, ça se vend encore pour les gens qui ne veulent pas abimer leur numérique à la plage ou pour les vacances de neige des enfants, et puis aussi quelques pellicules argentiques pour les passionnés ou pour les personnes âgées qui n'ont encore pas franchi le pas du numérique.

Bernard lui est à fond dans le numérique et comme son grand-père, il continue à immortaliser en studio ou à l’extérieur les grands moments de la vie des gens, des naissances aux baptêmes en passant par les mariages ou tout simplement les photos de famille.