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Culture – Loisirs

Le tombeau de Philippe le Hardi va-t-il retrouver l’un de ses pleurants manquants ?

vendredi 22 juin 2018 à 20:27 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne et France Bleu

Le Conseil d'État a tranché : une famille va devoir rendre à l'État un pleurant qui ornait le tombeau du duc de Bourgogne Philippe le Hardi, exposé au musée des Beaux-Arts de Dijon. La statuette avait été achetée chez un antiquaire en 1813.

Acquise par un particulier en 1813, cette représentation d'un moine en pleurs revient à l'État
Acquise par un particulier en 1813, cette représentation d'un moine en pleurs revient à l'État -

Dijon, France

C’est une statuette en albâtre qui représente un moine en pleurs. Au XVe siècle, il avait fallu en sculpter 82 pour faire le tour du tombeau monumental du duc Philippe le Hardi. Mais aujourd’hui, cette procession funèbre ne compte plus que 74 statuettes d’origine. Il en manque 8, remplacées par des répliques en plâtre.

L’un des pleurants se trouvait donc chez des particuliers, dont un ancêtre l’avait acheté en 1813 chez un antiquaire dijonnais. Il faisait partie d'une succession, mais quand les héritiers ont voulu le vendre en 2013, le ministère de la Culture leur a opposé qu'il s'agissait d'un bien national et qu'il fallait le rendre. Ce litige posait la question de la propriété des œuvres d'églises ou de châteaux disparues, passées entre les mains de particuliers après la Révolution française.

800.000 euros de droits de succession pour une oeuvre qui ne leur appartient plus

Les péripéties judiciaires de l'affaire ont donc pris fin devant le Conseil d'Etat, mais Marie-Claude Le Flo'ch garde encore l'espoir que ses sœurs et elle-même puissent récupérer les droits de succession payés sur cette œuvre d'art estimée à deux millions d'euros: « le Conseil d’État considère que la propriété depuis deux siècles par notre famille était de bonne foi, d’autant plus que nous l’avions déclarée dans notre succession. Puisque le Conseil d’État a souligné qu’il fallait faire un équilibre entre l’intérêt public et l’intérêt privé, j’espère que cela peut ouvrir la voie à une indemnisation, et bien entendu à la restitution des quelque 800.000 euros de droits de succession supplémentaires que nous avons payés et que l’État a bien empochés il y a quatre ans ». 

Elle s’étonne par ailleurs que deux pleurants du tombeau du duc de Berry, frère de Philippe le Hardi, aient récemment été mis en vente et préemptés par le musée du Louvre, sans que l’État fasse valoir ses droits. Par ailleurs, quatre pleurants du tombeau du duc de Bourgogne sont propriété d’un musée de Cleveland aux États-Unis. L’État français va-t-il en réclamer pour autant la restitution ? Marie-Claude Le Flo’ch se sent ainsi victime d’une inégalité de traitement, et n’exclut pas la possibilité d’en appeler à la justice européenne, si elle n’obtient pas le remboursement des droits de succession.

La ville de Dijon espère un geste de l'État

Du côté de la ville de Dijon, Christine Martin, adjointe à la Culture, se félicite de la décision du Conseil d’État : « j’ose espérer que l’État, dans sa sagesse, va considérer à un moment donné, que ce pleurant fait partie d’une suite, qui est celle des pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne, et va souhaiter que cette statuette rejoigne ses sœurs autour du tombeau, ce serait un joli retour de l’Histoire ». Mais rien n’est moins sûr, l’œuvre pourrait tout aussi bien figurer dans les collections d’un musée national.