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Culture – Loisirs

Les festivals associatifs menacés par le coût de la sécurité

mardi 31 juillet 2018 à 3:05 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

L'inquiétude est la même pour la plupart des festivals associatifs : comment financer la sécurité ? C'est nouveau, à partir de cet été, la présence des forces de l'ordre leur sera facturées mais sans qu'ils en connaisse le montant avant l'événement. À Saint-Molf, Champs libre est donc annulé.

Couvre feu (ici en 2016) craint pour son avenir avec la facturation de l'intervention des forces de l'ordre aux festivals
Couvre feu (ici en 2016) craint pour son avenir avec la facturation de l'intervention des forces de l'ordre aux festivals © Maxppp -

Loire-Atlantique, France

Une douche froide pour les organisateurs du festival Champs libres à Saint-Molf, tout au nord de la Loire-Atlantique. La première édition devait avoir lieu au mois d'août, avec une succession de concerts et 5.000 spectateurs attendus. Mais les organisateurs ont du tout annuler. Pourquoi ? Parce que la sécurité risque de leur coûter beaucoup trop cher. 

On a déjà été obligé d'augmenter le prix des billets ces dernières années

C'est nouveau, une circulaire signée en mai prévoit de facturer aux festivals le coût du déploiement des forces de l'ordre. Pour exemple, le budget sécurité des Eurokéennes de Belfort a été multiplié par huit (de 30.000 à 254.000 euros) et bon nombre de festivals associatifs risquent de se retrouver en grande difficulté voir de disparaître ! C'est la crainte de Vincent Mahé qui s'occupe de la programmation et de la sécurité du festival Couvre feu à Frossay : "ces dernières années, on a déjà été obligé d'augmenter le prix des billets parce que le montant des cachets des artistes augmente, le coût de la sécurité a déjà augmenté avec la menace terroriste et que les subventions publiques baissent. Et on ne va pas pouvoir augmenter le prix des places éternellement parce qu'on touche un public jeune et populaire. Donc, à un moment, on sera obligé de se dire que ce n'est plus possible, financièrement, ça ne passe pas. On n'en veut pas aux forces de l'ordre, avec qui on a de bons rapports. C'est le fonctionnement étatique qui devient trop compliqué".

La circulaire signée alors que les budgets étaient déjà bouclés

Ce qui est ingérable, cette année, c'est que la circulaire n'a été signée qu'en mai, au moment où les budgets des festivals étaient bouclés. Difficile de trouver une rallonge financière, d'autant plus qu'ils ne savent pas combien ils auront à payer. "J'ai appelé la préfecture, ils m'ont dit qu'il n'y aurait pas de changement au niveau du dispositif de sécurité par rapport à l'an dernier. Mais ils ne m'ont rien dit sur le coût que ça allait représenter pour nous ! On ne nous dit rien !".

On a préféré annulé plutôt que se mettre dans le rouge dès la première année

Voilà pourquoi les organisateurs du festival de Saint-Molf ont préféré remettre à l'an prochain leur première édition. "Pas question pour nous de se mettre dans le rouge financièrement dès la première édition", explique Aurélien Médard de l'Asso'salée. Une décision raisonnable mais regrettable pour Emmanuel Bibard, l'adjoint à la vie associative de Saint-Molf : "il y avait un bel engoument autour de ce festival de la part des habitants, des associations et des commerçants. Et il y avait aussi de belles têtes d'affiche". Et ce n'est pas bon signe pour Vincent Mahé : "on met des bâtons dans les roues et on coupe les ailes à des jeunes porteurs de projet. On va perdre de la dynamique et c'est super dangereux pour la diversité et pour l'offre culturelle"

Une réunion à la rentée entre les festivals associatifs ?

Les responsables de Couvre feu ont donc lancé l'idée d'une réunion, à la rentrée, entre les différents festivals associatifs. Enfin, dit Vincent Mahé avec dépit, "entre ceux qui auront survécus à l'été".