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Les fouilles du hameau de Chatain, à Faux-la-Montagne, se visitent samedi 15 août

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Par , France Bleu Creuse

Ce samedi 15 août, les fouilles du hameau de Chatain, à Faux-la-Montagne, s'ouvrent au public. La dernière occasion avant longtemps pour découvrir la partie thermale d'une villa gallo-romaine. La semaine prochaine, le chantier sera rebouché.

Ce sont cinq années de fouilles qui arrivent à leur therme
Ce sont cinq années de fouilles qui arrivent à leur therme - Lisa Melia

C'est en 2016 qu'a eu lieu la première campagne de sondages, dans le champs en dénivelé, sur le hameau de Chatain, à Faux-la-Montagne. A partir de 2017 et jusqu'à cette année, les chantiers de fouilles se sont succédés, chaque été. Ce samedi 15 août, la cheffe des recherches, l'archéologue Gentiane Davigo, fera découvrir le site au public au cours de visites guidées. Une occasion doublement précieuse : non seulement les fouilles récentes sur des sites gallo-romains sont plutôt rares en Limousin, mais le chantier arrive à son terme. Il doit être rebouché la semaine prochaine.

France Bleu : Sur quoi avez-vous travaillé cette année ?

Gentiane Davigo : On a complété les plans que l'on avait déjà l'année dernière. On a découvert de nouveaux éléments sur l'organisation technique des pièces, la construction, les méthodes et les matériaux utilisés, voire réemployés. Cette année, c'est surtout un approfondissement et un achèvement des zones ouvertes les années précédentes, pour être sûrs de ne rien oublier, même si on sait pertinemment que l'on n'a pas encore tout, qu'il reste des vestiges sur la parcelle. Il y a encore beaucoup de potentiel, mais ce sera peut-être pour un futur projet. Pour l'instant, il nous faut traiter toute la matière, la digérer et ensuite la publier. Il y a encore du travail, c'est fini sans être fini !

Quelle est l'ampleur de ce chantier ?

On a ouvert un espace d'environ 300m carré de fouille et on s'est concentré sur une partie thermale, en bas. En haut de la villa, on a un espace a priori de cours et de passage qu'on a encore un peu de mal à caractériser. La datation précise indiquerait qu'il y a eu une occupation entre la moitié du premier siècle et le troisième siècle après Jésus Christ.

Qu'est-ce que l'étude de ce chantier nous apprend de ses habitants ?

Il y aura toujours des zones d'ombres sur qui étaient les propriétaires et leurs statuts, parce qu'on n'a aucune inscription. On peut juste savoir comment ils vivaient dans cette partie thermale du domaine. On n'a pas encore observé l'habitat, qui ne se trouve pas très loin, sur la parcelle. Nous n'avons pour l'instant que le balnéaire, ce n'est pas la zone qui va nous apporter le plus d'informations sur le statut du propriétaire et le nombre d'habitants. Toutefois, on peut dire qu'en terme de richesses, ils n'étaient pas à plaindre. Ce n'était pas une des familles les plus riches, on n'a pas trouvé de marbre ou de mosaïque, mais on peut constater que du soin était apporté au décor. C'était des gens aisés qui s'étaient aménagé un espace thermale plutôt sympathique. On a identifié huit pièces distinctes pour ces bains.

Il y avait deux bassins : un chaud et un froid
Il y avait deux bassins : un chaud et un froid - Lisa Melia

A quoi ressemble ces bains ?

Il y a deux pièces de service où on trouvait des foyers, ainsi que des ouvertures dans le mur qui permettaient de faire passer la chaleur dans la pièce suivante. Ces pièces suivantes étaient disposées sur un hypocauste, c'est une installation architecturale avec des pilettes soit en granit soit en terre cuite, des dalles dessus et un niveau de sol par dessus. L'air chaud circulait entre ces pilettes, donc il y avait une sorte de vide sanitaire, dans lequel l'air chaud circulait, remontait le long de ces pilettes et chauffait le sol. Et donc les usagers marchaient sur un sol chauffé. Dans les thermes qu'on a ici, on a trois pièces chauffées, sûrement un vestiaire et deux bassins, selon nous un petit bassin chaud et un bassin un peu plus grand et froid. Ils déambulaient dans différentes pièces, les températures pouvaient varier. On n'a plus que quelques niveaux de sols, donc pour tout ce qui est installation à l'intérieur, il nous manque des données, nous ne pouvons donc pas être catégoriques.

La meilleure solution est de reboucher les vestiges, tout en les protégeant.

Pourquoi recouvrir les vestiges ?

C'est la fin des fouilles parce qu'on commence à avoir énormément de données et il est temps d'en faire l'analyse et la synthèse. Comme ces vestiges sont assez fragiles, la meilleure solution pour ne pas les abîmer est de les reboucher. Une mise en valeur coûterait très cher, parce qu'il faudrait peut-être couvrir l'ensemble, reprendre toutes les maçonneries pour qu'elles ne soient pas abîmées par le gel ou les intempéries. Il faut aussi éviter que les végétaux ne viennent s'infiltrer dans les murs et fassent exploser l'ensemble. Et puis une mise en valeur suppose un accès au public. Tout ça est très cher. Donc la meilleure solution est de reboucher tout en protégeant, on va mettre du géotextile, du sable, puis la terre. Si on veut revenir, on saura où il faut s'arrêter sans endommager les vestiges. On réfléchit plutôt à une mise en valeur numérique avec beaucoup d'images et de photos. On va faire un survol de drône, pour avoir une belle vue aérienne de l'ensemble des vestiges. Nous aimerions ensuite rendre des vidéos et des photos accessibles aux gens de passage à Faux-la-Montagne et qui voudraient découvrir les vestiges.

Quand visiter les fouilles ?

Le chantier est ouvert au public ce samedi 15 août. Il faut participer à une visite guidée, elles sont prévues à 10h, 11h, 13, 14h, 15, 16h et 17h. Pour trouver le chantier, il faut se rendre au hameau Chatain, sur la commune de Faux-la-Montage, se garer dans le bourg, trouver le lavoir et suivre le chemin qui descend. Le chantier est en bas du champs.

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