Culture – Loisirs

Les Foulées du Gois : l'épreuve phare, la course contre la mer, en grand danger !

Par Aurélien Tiercin, France Bleu Loire Océan jeudi 17 novembre 2016 à 18:50

 LA 13eEDITITION DES FOULEES DU GOIS EN VENDEE
LA 13eEDITITION DES FOULEES DU GOIS EN VENDEE © Maxppp - Frédéric Girou

La course contre la mer, l'épreuve mythique des Foulées du Gois depuis 30 ans, pourrait ne pas avoir lieu en 2017. L'association organisatrice, les Amis du Gois, a décidé de jeter l'éponge. Aucun repreneur ne s'est pour l'instant manifesté.

"Il y a urgence. Nous sommes déjà au mois de novembre et les conditions d'organisation d'une telle épreuve sont énormes". Joseph Baron, partenaire privilégié de la compétition et président du club d'athlétisme de Challans, est inquiet. Parce que les Amis du Gois jettent l'éponge. Jo Cesbron, le papa de l'épreuve, et Jean-Pierre Lévèque, le directeur sportif de la course, vont démissionner ce vendredi soir. Pour Jo Cesbron, les conditions d'organisation sont devenues infernales.

"Il faut gérer les parkings, le marketing, les règles liées à l'écologie, à la sécurité des athlètes, des spectateurs. A la fin, le dossier devait mesurer au moins un mètre d'épaisseur ! - Jo Cesbron, président démissionnaire des Amis du Gois et créateur des Foulées du Gois.

Aucune association ne s'est portée candidate à l'organisation future des Foulées du Gois.

Les Foulées ne disparaîtront pourtant pas complètement. Les épreuves dites "populaires" auront lieu à coup sûr l'an prochain. La date du 17 juin 2017 est déjà réservée dans la calendrier de la Fédération Régionale d'Athlétisme des Pays de la Loire. Mais l'épreuve phare, la "course contre la mer" pourrait manquer à l'appel. L'organisation de cette seule course est énorme. "Il faut contacter les athlètes du monde entier, toutes les fédérations. Et le carnet d'adresse, c'est Jean-Pierre Lévèque qui l'a. Sans lui, ce sera un casse tête de réunir des athlètes du monde entier" avoue Jo Cesbron.

4 kilomètres à marée montante : trop risqué ?

Autre problème majeur pour les organisateurs : la sécurité. Pour protéger au maximum les athlètes, des dizaines d'ostréiculteurs se portent bénévoles pour se placer de chaque côté du Gois avec leur chaland au cas où un coureur se ferait emporté par la mer. Il y a également deux zodiacs à bord desquels se trouvent deux médecins, sans compter les 450 "casquettes rouges", les bénévoles installés tout autour du parcours.

En 30 ans de course, aucun accident n'est arrivé. Jean-Yves Billon, maire de Beauvoir-sur-Mer, la ville hôte de la course et aussi ostréiculteur sur les chalands : "Jamais de catastrophe. Et nous ne faisons pas courir des risques démesurés aux athlètes. La course se fait lorsque les coefficients de marée sont faibles. Même si courir dans l'eau reste particulier, notamment pour les coureurs venus d'Afrique". Au delà de la sécurité des athlètes, Jo Cesbron ne supportait plus les nouvelles réglementations liées à la menace terroriste. "Il fallait se coordonner avec les services de gendarmeries, organiser des fouilles. Après 30 ans de service, c'était trop".

Résultat des courses, l'organisation de la "course contre la mer" est un vrai défi, relevé avec brio par les Amis du Gois pendant 30 ans, mais personne n'a encore osé se manifester pour prendre la suite. Ce vendredi soir, l'assemblée générale de l'association verra la démission du président, du directeur sportif et du trésorier. Tous espèrent qu'une nouvelle association viendra prendre le relais.