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Culture – Loisirs

Les guides conférenciers indépendants vous livrent les secrets de la route des Grands Crus

dimanche 1 juillet 2018 à 20:43 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Professionnels du tourisme, les guides conférenciers indépendants de Bourgogne-Franche-Comté proposaient ce dimanche un rallye-découverte sur la route des Grands Crus. Exemple avec l’animation qui s’est déroulée à Nuits-Saint-Georges.

L'église Saint-Symphorien, entourée de son cimetière riche en enseignements sur le passé de la ville
L'église Saint-Symphorien, entourée de son cimetière riche en enseignements sur le passé de la ville © Radio France - Jacky Page

Nuits-Saint-Georges, France

Savez-vous qu'on peut à la fois s'amuser et se cultiver dans un cimetière? Démonstration hier à Nuits-Saint-Georges où s’est déroulée l'une des animations du rallye-découverte organisé dans plusieurs communes de la route des Grands Crus, par les guides  conférenciers indépendants de Bourgogne Franche Comté. Ce sont des guides diplômés et titulaires d'une carte professionnelle qui travaillent pour des agences de voyage, ou des offices de tourisme.

Jeu de piste parmi les anciennes tombes

Dans le cimetière qui entoure l'église Saint-Symphorien, les visiteurs ont pu participer à un jeu de piste pour découvrir des sépultures liées à l'histoire de la ville. Dès la fin de la messe, et alors que les cloches de l’église sonnent encore à toute volée, deux guides conférencières, Myriam d’Ussel et Karoline Knoth, attendent les participants, installées derrière une table pliante à l’ombre d’un bosquet d’ifs. Les premiers à se présenter sont un jeune couple, Christophe et Marie. Les guides leur remettent une liste de sépultures à dénicher, ainsi qu’un questionnaire à remplir pour chacune d’elles. Sous un soleil de plomb, les recherches commencent. La première tombe à découvrir est celle d’un général de Napoléon. Devant un caveau familial, Christophe, perplexe, ne comprend pas : le nom de famille correspond, mais le prénom n’y figure pas. De l’autre côté de l’allée, son épouse, Marie, a résolu ce mystère : c’était bien cette famille, mais le général est enterré tout seul, à côté. Il faut maintenant noter la date de son décès, ainsi que les noms des batailles auxquelles il a participé, gravés tout autour de la pierre tombale.

 Dans ce cimetière de Nuits-Saint-Georges reposent 86 soldats allemands tués pendant la guerre de 1870 - Radio France
Dans ce cimetière de Nuits-Saint-Georges reposent 86 soldats allemands tués pendant la guerre de 1870 © Radio France - Jacky Page

Sépultures voisines pour victimes françaises et allemandes de la guerre de 1870

L’étape suivante les amène plus facilement devant un grand monument, à la mémoire des francs-tireurs morts au combat durant la terrible bataille de Nuits-Saint-Georges pendant la guerre franco-allemande de 1870. Ce qu’ils doivent trouver est juste à côté. Christophe déchiffre l’inscription : « c’est la tombe de soldats allemands morts pendant la bataille. On a 86 soldats de la division badoise, tombés le 18 décembre 1870 ». Myriam d'Ussel, guide-conférencière, leur rappelle le contexte historique : « A Nuits, beaucoup de soldats allemands ont combattu, il y a eu beaucoup de morts, et ils ont appelé d’ailleurs cet endroit la Côte de Fer. Les Allemands se sont rabattus sur Dijon ». Ces combattants français et allemands qui se sont entre-tués reposent désormais côte à côte dans ce cimetière. Signe de temps apaisés, la collègue de Myriam d’Ussel, Karoline Knoth, est Allemande. Installée à Meursault, elle est guide spécialisée dans l’œnotourisme.

Le jeune couple finira son parcours découverte après avoir trouvé entre autres un gisant, la tombe d’un ancien curé, celle d’un ancien maire ou encore celle d’un couple de tisserands.  Myriam d’Ussel souligne que ce genre de cimetière et son église sont riches en enseignements concernant le passé de la commune depuis le XIIIe siècle.

Karoline Knoth et Myriam d'Ussel, guides conférencières indépendantes passionnées par leur métier - Radio France
Karoline Knoth et Myriam d'Ussel, guides conférencières indépendantes passionnées par leur métier © Radio France - Jacky Page

Un beau métier confronté à l'activité de guides bénévoles

Une journée comme celle-ci a pour vocation de communiquer sur son métier. « Guide conférencier, c’est un beau métier, Pour l’exercer il faut être enthousiaste, il faut aimer faire passer ce qu’on sait, mais aussi sa passion pour les lieux. Personnellement je ne suis pas bourguignonne, mais j’ai découvert la Bourgogne et je trouve que cette région est très belle. »

Ces professionnels sont confrontés à l'émergence de guides locaux bénévoles, qu'on appelle "greeters", pour reprendre un terme anglais désignant un hôte ou un comité d’accueil. Jusqu’ici, Karoline Knoth ne se sent pas concurrencée par les greeters, tant que chacun reste à sa place : « ils ont leur spécialité, il y a même un greeter à Meursault, avec lequel je travaille parfois, parce qu’il est viticulteur. Si les greeters font ce qu’ils ont à faire, c’est bien. Moi, hier j’étais à Tournus, à Cluny, aujourd’hui je suis à Nuits-Saint-Georges, demain je serai au clos Vougeot. Un greeter ne peut pas faire ça. Les tour-opérateurs préfèrent les professionnels. Moi je travaille surtout avec des germanophones, je ne connais pas un seul greeter germanophone. » Où commence la frontière entre bénévoles et professionnels ? Il paraîtrait que certains greeters réclament des pourboires…