Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Culture – Loisirs

Les remparts de Loches : état des lieux à l'automne 2015

mardi 3 novembre 2015 à 12:12 Par Marie-Ange Lescure, France Bleu Touraine

Depuis des années, régulièrement, à cette saison, les habitants qui vivent sur les remparts ou au pied des murailles, espèrent voir entrer en action les débroussailleuses. Car pour connaitre l'état exact des remparts, encore faut-il procéder à la dévégétalisation !

L'état des remparts à proximité de la Porte royale
L'état des remparts à proximité de la Porte royale © Radio France - Marie-Ange Lescure

Que le dossier des remparts de la Cité royale de Loches était simple lorsqu'ils appartenaient comme l'ensemble de la ville au Roi de France !

Lorsque les remparts menaçaient ruine, la cassette du Roi payait les réparations mais la révolution française de 1789 est passée par là et depuis les vestiges de la royauté ont été répartis entre l'Etat et plusieurs collectivités et les complications ont donc commencé.

Des arbres poussent entre les pierres disjointes des remparts  - Radio France
Des arbres poussent entre les pierres disjointes des remparts © Radio France - Marie-Ange Lescure

Conséquences : les deux kilomètres de remparts ne sont pas forcément entretenus comme le souhaiterait les propriétaires qui vivent sur ou sous les remparts.

L'une des questions majeures de ce dossier est de savoir qui est propriétaire de quoi ? quelle muraille appartient à l'Etat, quelle partie revient au Département et quelle autre encore à la ville comme la Porte Royale et enfin quelle part doivent prendre les propriétaires privés dans l'entretien de ces remparts. Une commission créée par le Préfet se réunit donc régulièrement pour tenter une fois pour toute de déterminer quel morceau de murailles appartient à qui.

Autre difficulté avant de décider comment traiter ces murailles : leur état réel.

Chaque jour, des pierres se décrochent  - Radio France
Chaque jour, des pierres se décrochent © Radio France - Marie-Ange Lescure

Après des années de silence et, selon certains, de manque de volonté, un audit a été commandé en 2013 à une société spécialisée. Coût total de la facture : 12 millions d'euros pour restaurer, sécuriser et rendre vie aux remparts de Loches. 

Et ce rapport concluait notamment de la nécessité de "travaux à court terme pour des raisons structurelles et de sécurité" et certaines zones doivent également faire l'objet de mesures préventives et de stabilisation.

La part de la ville représenterait  un million et demi d'euros de l'ensemble du coût de restauration car Loches ne serait en fait propriétaire que de 15 à 20 % des remparts, de part et d'autre de la Porte Royale. 

En juin dernier, 2 ans après le rapport sur l'état des lieux des remparts de la Cité royale, le conseil municipal décidait de lancer les travaux  à l'automne ,  un chantier test de dévégétalisation du côté du parking du Fou du Roi, au pied de la porte Royale.

Reste la part du Département et celle de l'Etat mais éventuellement celle des propriétaires.

Et si la solution pour le Département était tout "simplement" de vendre  ?

Cela le déchargerait définitivement de l'entretien de ce monument historique et de ses dépendances, cela épargnerait plusieurs millions d'euros des finances départementales. La question peut légitimement être posée puisque c'est le Président du Conseil départemental, Jean Yves Couteau qui l'a clairement évoqué le 7 octobre dernier lors d'un entretien dans la Nouvelle République :

"Avec sa majorité LR-UDI, Jean-Yves Couteau met un point d’honneur à tout reconsidérer pour tenter de compenser les manques à gagner de l’État. Mais en attendant les arbitrages budgétaires 2016, il se dit prêt à faire bouger les lignes… « Nous gérons seize monuments historiques. C’est trop pour un département comme le nôtre. Si demain, quelqu’un veut acheter le château de Chinon, pourquoi pas ? L’essentiel est que les bâtiments restent accessibles au public et qu’ils offrent de vraies animations." On ne m’interdit rien. »

Et pourquoi ne pas transposer la proposition pour Loches ? à une différence près peut-être, c'est qu'à Chinon des travaux et aménagements considérables ont été réalisés par les majorités départementales précédentes, dans le cas de Loches,  comme le disent les annonces immobilières : "beau potentiel, mais menus travaux à prévoir" !

Les filets installés au dessus des toits - Radio France
Les filets installés au dessus des toits © Radio France - Marie-Ange Lescure

L'association des Amis des Murailles de Loches se réunira le 21 novembre en assemblée générale et l'une des propositions de son Président serait de proposer une éventuelle participation des propriétaires à cette dévégétalisation mais en échange d'une mesure fiscale de type mécénat car il s'agit bien des remparts de la Cité royale de Loches et non pas de la propriété de tel ou tel résident. 

Début novembre, les travaux-test  décidés par la municipalité lochoise en juin dernier n'ont toujours pas commencé et les riverains continuent donc de regarder tomber les pierres des murailles de la Cité Royale de Loches.

Attention chute de pierres ! - Radio France
Attention chute de pierres ! © Radio France - Marie-Ange Lescure