Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Le cinéma fait salle comble à Bernay malgré la fermeture

Alors que les cinémas sont fermés en France depuis le 15 mars, le directeur du Rex à Bernay, Bastien Lechevallier a eu une idée originale pour faire revivre sa salle. Il a demandé aux spectateurs d'envoyer leur photo, désormais accrochée sur les 245 fauteuils. Le succès dépasse ses espérances.

Les 245 fauteuils du cinéma Rex de Bernay sont occupés par un spectateur virtuel,  en attendant la réouverture
Les 245 fauteuils du cinéma Rex de Bernay sont occupés par un spectateur virtuel, en attendant la réouverture - Bastien Lechevallier

Plus de pop-corn, plus de rires, plus de larmes, plus de baisers, plus d'émotions , depuis le 15 mars, il n'y a plus aucun spectateur au Rex, le seul cinéma de Bernay , une "salle vide et triste" qui désole son directeur, "j'ai fait une demande aux cinéphiles bernayennes et bernayens de m'envoyer une photo d'eux afin que je puisse remplir la salle du Rex" explique Bastien Lechevallier.

Il n'y a plus un siège de libre, un succès auquel je ne m'attendais pas, ça a vraiment pris tout de suite"

Une opération similaire avait déjà été menée dans une église dans les Ardennes ou dans un stade en Allemagne, mais c'est la première initiative en France de ce genre dans un cinéma.

La salle du Rex de Bernay sous les feux du projecteur
La salle du Rex de Bernay sous les feux du projecteur - Bastien Lechevallier

Sur chaque fauteuil de l'unique salle de Bernay, une photo a été placée et Bastien Lechevallier remercie "très chaleureusement" tous ceux qui se sont prêtés au jeu. Il y en a tellement que les 245 fauteuils du Rex n'ont pas suffi "j'ai dû faire une file d'attente dans le hall avec une quarantaine de photos" s'amuse-t-il. Les spectateurs virtuels ont même accompagné leur photo de messages de soutien "tenez bon" "on espère que tout va bien pour vous" "on espère que le cinéma se porte bien" mais aussi de messages d'attente "on a envie de se refaire un cinoche" enumère le directeur qui prévient ses collègues "si certains ont un peu peur du monde d'après pour les salles de cinéma, je peux les rassurer, les spectateurs seront là à la réouverture"

L'année 2020 sera mauvaise

Après "un grand nettoyage de printemps" au moment de la fermeture, Bastien Lechevallier, en chômage partiel comme l'autre salarié du cinéma, passe au Rex une fois par semaine "en mettant sous tension les appareils électriques, je les fais tourner une ou deux heures pour maintenir leur bon fonctionnement et qu'on ait pas de surprise au moment de la réouverture" explique-t-il mais déjà ces deux mois et demi de fermeture ont une conséquence sur l'activité économique du Rex "c'est des entrées qu'on ne rattrapera pas" estime Bastien Lechevalllier pour qui "l'année 2020 démarrait déjà calmement du fait d'une programmation un peu moins "punchy" que 2019".  

A Bernay, on a la chance de pouvoir envisager l'avenir"

L'avenir du Rex, c'est un complexe de quatre salles, en cours de construction, censé ouvrir au premier semestre 2021. Bastien Lechevallier salue les aides mises en place par le gouvernement et s'appuie sur la fédération nationale des cinémas français "très très active" pour aider à passer ce cap difficile, même si "on a la chance d'avoir le parc d'exploitation le plus dense d'Europe, on a un maillage sur tout le territoire, 80% de ces cinémas représentent des établissements d'un, deux ou trois écrans", il y a déjà des salles en difficulté.

Une réouverture très attendue

Alors que le ministre de la Culture évoque une réouverture des cinémas début juillet, Bastien Lechevallier réagit"si c'est le cas, il faut que cette période de début juillet nous soit conformée au plus tôt car pour pouvoir rouvrir, il faut que les distributeurs puissent rétablir leur calendrier de sortie" car, à cause de la pandémie de coronavirus,"nous avons eu tous les films sortis courant mars qui n'ont eu qu'une ou deux semaines d'exploitation qui doivent continuer à vivre, plus toutes les sorties de mars à juin qui ont été annulées" explique l'exploitant. 

Le cinéma a besoin des salles des cinéma et les salles ont besoin du cinéma"

Il y a même un risque, que les distributeurs sortent la grosse artillerie et que certains films passent à la trappe et se retrouvent sacrifiés. C'est déjà le cas pour "Pinocchio" de Matteo Garrone avec Robert Benigni qui est sorti le 4 mai uniquement sur Amazon Prime Vidéo "quand on voit la bande annonce, c'était vraiment un film à voir sur grand écran, et pas seulement sur son canapé, j'espère qu'il n'y en aura pas d'autres". Pour la réouverture, Bastien Lechevallier est prêt, même s'il faut condamner un fauteuil sur deux, "notre but, c'est de ne pas rouvrir précipitamment" car "on veut permettre à nos spectateurs de revenir dans les meilleures conditions, qu'ils se sentent en sécurité"

Il n'y a pas plus de risque d'aller au cinéma que de faire ses courses"

En attendant la réouverture du Rex, Bastien Lechevallier se fait des toiles chez lui "je me suis fait un cycle Coppola, des films de genre, quelques westerns". Confiné, il pensait même "passer ses journées à dévorer du film" mais comme la météo a été plutôt clémente et favorable, il s'est limité à un film par jour, "c'est déjà pas mal, mais ça aurait pu être pire connaissant ma passion dévorante pour le film, ça aurait pu être pire".

Le Rex à Bernay fait salle comble : le reportage de Laurent Philippot

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu