Culture – Loisirs

Marianne Buso, les Jeux (paralympiques) dans la peau

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne mardi 6 septembre 2016 à 17:38

Marianne Buso sera le pivot de l'équipe de France à Rio en septembre
Marianne Buso sera le pivot de l'équipe de France à Rio en septembre

Une convocation pour les Jeux paralympiques, on ne peut qu'imaginer ce que ça représente pour un athlète. D'autant plus lorsque les aléas de la vie ont tout fait ou presque pour les en empêcher. Marianne Buso est de ceux-là. Portrait d'une Dijonnaise déterminée.

Handicapée depuis son jeune âge, cette jeune dijonnaise de 24 ans a appris sa sélection en Equipe de France olympique de Basket-fauteuil. Elle s'envolera pour Rio le 2e septembre  pour y affronter les meilleures équipes du monde.

Dispensée de sport de 8 ans à 16 ans... et puis la renaissance

Silhouette longiligne, sourire timide, Marianne Buso reçoit non pas en fauteuil, mais bien sur ses deux pieds. Passé la surprise du visiteur, elle explique que depuis 2008 et une lourde opération, elle peut re-marcher sans béquilles, et même monter les escalier, "même si ça tire un peu". Le tout malgré une malformation aux deux genoux qui l'a éloignée de sa passion, le sport collectif, dès l'âge de 8 ans :

"Pas de sport au collège, pas de sport au lycée, oui c'est un peu frustrant d'être sur le banc des cours de sports, d'être là pour ramasser les plots quand on a envie d'essayer de courir. c'est aussi pour ça que d'avoir retrouvé ces sensations-là ç'a été comme une renaissance."

Une renaissance qu'elle doit un peu au hasard, et beaucoup à sa détermination : c'est justement lors de sa rééducation au centre Divio à Dijon, qu'elle a découvert le basket-fauteuil, pendant les entraînements d'été de la JDA handicap.

Servir les crêpes les soirs de matches

"Je suis d'abord allée dans ce club en tant que bénévole, juste pour servir les crêpes le samedi aux matches (rires) ! Et puis ils m'ont mise sur un fauteuil. Finalement c'est très vite devenir une drogue, et l'équipe est devenu une seconde famille."

Une famille qu'elle partage avec son métier, kiné, au centre Divio qu'elle n'a plus jamais quitté. Elle concilie ces deux activités, au prix d'un emploi du temps un peu chargé : "le lundi soir j'ai cardio en sortant du boulot, le mardi j'ai un entraînement individuel après un entraînement collectif jusqu'à 22h30, le mercredi c'est la muscu, le jeudi un entraînement individuel aussi et le vendredi un entraînement jusqu'à 22h30."

Désormais pivot de l'équipe de France, la Dijonnaise a accueilli sa sélection pour les JO avec une joie mêlée d'impatience. _"Tout de suite on a envie de se mettre dans le travail pour aller affronter les meilleures équipes du monde." Et si elle devait ramener un seul souvenir de Rio, Marianne opterait sans souci pour une "petite médaille"_.

Sport amateur, sport bénévole

Comme l'immense majorité des sportifs olympiques, Marianne évolue dans un monde amateur, qui l'oblige à s'organiser elle-même pour se préparer physiquement, et participer aux stages. Participer aux Jeux, c'est un rêve qui coûte cher et qui demande d'immenses sacrifices.

"C'est sûr que c'est un métier "bénévole", dans mon club je ne suis pas payée, il y a peu de clubs qui payent leurs joueurs en France. En équipe de France on n'est pas payé non plus. Après il y a des frais comme l'achat de fauteuils, ça coûte facilement 5.000 voire 6.000 euros, donc il faut arriver à trouver des financements pour nous aider. Il y aussi la problématique de concilier le travail avec le basket. Quand on a des stages, au début ça m'obligeait à prendre des congés sans soldes même si maintenant j'ai des congés. Mais j'ai réussi depuis cette année à intégrer la liste des sportifs de haut niveau donc la direction régionale des sports a conclu un contrat avec mon travail pour pouvoir financer ces jours-là et que je puisse garder quelques jours de vacances de temps en temps. De la même manière pour les stages avec l'équipe de France on ne peut pas toujours faire des stages de 10 jours, ça demande de poser des congés, ça demande des frais, etc. D'autres équipes comme les Pays-Bas ,ont des moyens énormes et peuvent payer leurs joueurs, mais en France on reste dans un monde amateur."

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