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Marius Jacob, le Arsène Lupin de Reuilly ?

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Par , France Bleu Berry, France Bleu

Depuis le début de l'année, la série Lupin, qui rend largement hommage à Arsène Lupin, cartonne sur la plateforme Netflix. L'occasion de rappeler l'histoire du berrichon d'adoption Marius Jacob dont la légende dit qu'il a inspiré le personnage du gentleman cambrioleur.

Marius Jacob pourrait avoir inspiré le personnage d'Arsène Lupin, au coeur de la série Lupin incarnée par Omar Sy sur Netflix
Marius Jacob pourrait avoir inspiré le personnage d'Arsène Lupin, au coeur de la série Lupin incarnée par Omar Sy sur Netflix © Radio France - « Identité judiciaire / Emmanuel Guimier/Netflix

Avec plus de 70 millions de vues estimées en un mois d'exploitation, la série Lupin diffusée par la plateforme en ligne Netflix se hisse sans peine sur le podium des plus gros succès de ce début d'année. Dans les cinq épisodes, Omar Sy incarne un cambrioleur fan d'Arsène Lupin et qui s'inspire de son héros pour venger son père injustement envoyé en prison pour vol. 

Une série inspirée très largement de l'univers d'Arsène Lupin, le héros de Maurice Leblanc. Or, la légende à Reuilly (Indre) raconte que Maurice Leblanc lui-même se serait inspiré d'un berrichon pour créer son personnage de voleur aux bonnes manières. 

Le berrichon en question - berrichon d'adoption, il est né à Marseille - s'appelait Alexandre Marius Jacob. Cet anarchiste se serait illustré dans les années 1900 en menant des cambriolages de façon ingénieuse et signant par exemple ses méfaits d'une carte "Dieu des voleurs, recherche les voleurs de ceux qui en ont volé d'autres". Condamné au bagne au terme d'un procès en 1905, il en revient en 1927 et à la veille de la seconde guerre mondiale, s'installe dans une petite maison à Reuilly. 

Un repas mémorable

En 1954, le cambrioleur retraité décide d'inviter une dizaine d'enfants de la commune à un grand repas. "Il s'est présenté chez mes parents et nous a invité, ma sœur et moi. J'avais 11 ans, se souvient Nicolas Zlajac. Le jour venu, on avait mis nos beaux habits. On était content ! Ca changeait du quotidien. Il avait préparé une belle table, et il avait acheté de la limonade ! Pour nous, c'était très rare ! On s'est jeté dessus". Plus de 65 ans après, Nicolas se souvient de tout avec précision : "Il avait préparé une petite purée, mais elle était un peu liquide. Il y avait aussi du boudin. Ensuite, il nous a emmené faire un tour dans sa voiture et chaque fois qu'on croisait les parents d'un enfant invité, il klaxonnait. C'était la fête !"

Le lendemain, Alexandre Marius Jacob se suicide. Nicolas se souvient de la stupeur au village : "On s'attendait pas à cela ; Ca a jeté un froid.

Quelques temps plus tard, la presse déterre le passé de cet homme. Là encore, le village tombe des nues. "Personne n'imaginait cela. Jamais je n'avais entendu dire du mal de lui. C'était un brave petit pépère, un peu rond, corpulent... L'imaginer en Arsène Lupin, vraiment..." A Reuilly pourtant, certains voient des similitudes flagrantes entre le parcours de l'anarchiste et le héros de Maurice Leblanc. L'ancien directeur de l'office du tourisme, Claude Nérant, creuse la piste et trouve des concordances tant dans les manières du cambrioleur berrichon que dans les dates. Thèse aussitôt démontée par Jean Marc Delpech, biographe* de Marius Jacob : "C'est un amalgame qui a été fait. Mais il n'y a aucune preuve ! Oui, c'est vrai, le procès d'Alexandre Jacob a eu lieu en mars 1905 à Amiens et les premières aventures de Lupin paraissent en juillet de la même année. Mais Maurice Leblanc était un dandy parisien, absolument pas un chroniqueur judiciaire et un dandy parisien, cela ne va pas se frotter sur les bancs d'un palais de justice jugé trop septentrional". La famille de Maurice Leblanc dément également tout lien entre les deux personnages. 

Mais qu'importe, à Reuilly, la légende se forge. Pendant longtemps, une exposition illustrée de hauts-de-forme et de cannes, clin d'oeil à Lupin, rendra hommage à Marius Jacob. L'anarchiste berrichon se verra même honoré d'une rue à son nom. 

"Aujourd'hui, il n'y a plus grand monde à Reuilly pour se souvenir de lui", témoigne Nicolas Zlajac qui ne parvient pas vraiment à se convaincre d'un Jacob inspirant Lupin. Claude Nérant lui, n'en démord pas. Il insiste : "J'ai encore toute la collection chez moi..."

Que l'un fût l'ombre de l'autre ou que tout soit jeu de coïncidences... une affaire difficile à démêler. Pile à la mesure de Herlock Sholmès...

*Jean-Marc Delpech, Alexandre Jacob, l'honnête cambrioleur. Portrait d'un anarchiste (1879-1954) et Voleur et anarchiste - Alexandre Marius Jacob. 

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