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Culture – Loisirs

"On n'écoute pas les boycotts" : ces programmateurs de cinémas bretons diffuseront bien "Bécassine !"

lundi 28 mai 2018 à 5:54 Par Benjamin Bourgine, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

Le film "Bécassine!", qui doit sortir le 20 juin, serait un film "insultant" selon les termes du communiqué d'appel au boycott diffusé par un collectif breton. Les programmateurs de salles de cinéma que nous avons contacté ont parfois reçu la lettre, parfois non. Dans l'ensemble, ils s'en moquent.

Le film sort le 20 juin
Le film sort le 20 juin - capture d'écran youtube

Bretagne, France

"J'avoue que je n'ai pas lu la lettre jusqu'au bout, ça me fatiguait, j'ai autre chose à faire" soupire cette programmatrice de deux salles de ciné dans le Cap Sizun. Bécassine est-elle si dangereuse que cela ? Le film de Bruno Podalydès comprend-il réellement une dimension "insultante" envers les femmes, la Bretagne et les classes populaires ?

"Montrez ses souffrances..."

Si l’œuvre Bécassine a déjà pu attirer la controverse, cette nouvelle adaptation arrive tout de même quelques années après la création des premiers dessins en 1905. Pour autant, le collectif à l'origine du boycott, "Dispac'h" explique : "Opprimées parce que femmes, stigmatisées parce que Bretonnes, exploitées parce que prolétaires, voilà la seule réalité qui s'applique à Bécassine. Si vous voulez montrer Bécassine à l'écran laissez la parler, montrez ses souffrances et ses révoltes".

Je ne vais pas critiquer une œuvre avant de l'avoir vue - Muriel Senan

Qu'en disent les programmateurs ? "On n'écoute pas les appels au boycott" explique Muriel Senan, du cinéma de Saint-Renan. "On choisit les films en fonction de leur qualité. Je ne vais pas critiquer une œuvre avant de l'avoir vue. Bécassine, elle fait partie de notre patrimoine quand même ! Ça fait  longtemps qu'elle est là. Tout dépend de la façon dont c'est traité par le réalisateur, mais je suis pas trop inquiète, Bruno Podalydès c'est plutôt bien en général".

Qui l'a vu d'ailleurs ? C'est aussi le problème : Les pour ou les contre s'écharpent pour le moment sur des a priori et sur une bande-annonce. A moins de faire fi de l'intérêt de la création artistique, et de ne vraiment pas croire qu'un réalisateur puisse donner une lecture, une version de l'histoire qu'il raconte.

Avant-premières cette semaine

Sébastien Le Goff, du cinéma Les Studios à Brest rappelle aussi que les appels au boycott, ça peut mal finir, comme en 1988 à Paris pour le film "la dernière tentation du Christ" : "A l'époque, tout le monde se rappelle qu'une salle à Paris avait brûlée, j'espère qu'on n'arrivera pas à ça, ce serait dommage !"

On verra cette semaine avec le début des avant-premières ce que veut dire le "boycott actif" prôné par certains.