Culture – Loisirs

Nantes fête la bière et les brasseurs des Pays-de-la-Loire

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan vendredi 13 octobre 2017 à 17:48

Les Brassés accueillent la deuxième édition du Bier fest à Nantes
Les Brassés accueillent la deuxième édition du Bier fest à Nantes © Radio France - Marion Fersing

Ce week end, c'est la deuxième édition de la "Bier fest", la fête de la bière à Nantes. "Les Brassés" accueillent 15 brasseries artisanales pour nous faire découvrir leurs breuvages mais aussi toute une filière qui se développe dans notre région.

Pour la deuxième année, "Les Brassés" accueillent la "Bier fest", la fête de la bière à Nantes. Ce week end, 15 brasseries artisanales vont faire découvrir leurs breuvage, mail Pablo-Picasso mais aussi tout ce qui va avec, de la culture du houblon au recyclage du verre des bouteilles. Parce que c'est toute une filière qui est en train de se développer en Pays-de-la-Loire.

Aujourd'hui, les consommateurs cherchent à boire mieux et à avoir du goût dans leur verre

Notre région suit la tendance nationale. Il y a 10 ans, la France comptait 300 brasseries artisanales. Aujourd'hui, il y en a plus de 1.000, dont une cinquantaine en Pays-de-la-Loire. Parmi celles-là, 24 font partie de l'Association des brasseurs des Pays-de-la-Loire, dont 12 qui seront présentes au Bier fest. "Les amateurs de bière sont de plus en plus nombreux et aujourd'hui, ils la redécouvrent", explique Gabriel Charrin, le brasseur des Brassés. "Il y a une dizaine d'années, on a eu la même énergie dans le vin avec les viticulteurs bio et les vignerons indépendants. Et la bière, on est en train de vivre la même chose. C'est-à-dire que les gens cherchent à boire mieux et à avoir du goût dans leur verre, que ce soit pour le vin ou pour la bière. Et, forcément, ils vont préférer aller acheter une bière artisanale de qualité, le plus souvent chez leur brasseur local puisque la distribution de bières reste quand même très locale, plutôt que d'aller acheter une bière industrielle avec peu d'âme au final".

►►► Découvrez les 24 membres de l'association des brasseurs des Pays-de-la-Loire sur la carte ci-dessous

10% des bières vendues en France sont des bières artisanales

Résultat, donc, une multiplication des brasseries artisanales ou microbrasseries. "Il s'en crée entre 200 et 300 par an", poursuit Gabriel Charrin. "Et il y a encore beaucoup de possibilités pour se développer. Actuellement, 10% des bières vendues en France sont des bières artisanales et on pourrait monter jusqu'à 20%". Pour autant, les jeunes brasseries ont un peu plus de mal à se développer aujourd'hui qu'il y a quelques années, d'autant plus que c'est un produit à faible valeur ajoutée. Il faut donc vendre beaucoup pour trouver un équilibre économique. "En même temps, il y a une telle diversité de gamme qu'il y a toujours une niche à trouver".

On fait tous des blondes, des blanches, des ambrées... mais aucune bière ne se ressemble, chacune a ses particularités

Parce que c'est ça qui fait tout l'intérêt de ces bières artisanales pour les amateurs : des millions de possibilités gustatives. Charlotte Goin des "Bières de Charlotte" confirme, elle qui aime mettre des épices dans ses bières et s"inspirer de ce qu'elle goûte à droite à gauche. "Il y a souvent des gens qui disent qu'ils n'aiment pas la bière parce qu'ils trouvent ça trop amer. C'est parce qu'ils n'ont goûté que des bières industrielles. Quand ils goûtent les artisanales, ils se rendent compte que ce n'est pas ça ! Qu'il n'y a pas que de l'amertume, il y a plein de saveurs possibles dans la bière". Gabriel Charrin acquiesce : "aucun brasseur ne fait la même bière. Certes, on fait tous des blondes, des blanches, des ambrées... mais il n'y a pas une seule bière qui se ressemble, chacune a ses particularités".

Du houblon cultivé en Loire-Atlantique et une malterie en projet

Tout ça en partant d'ingrédients simples : de l'eau, du malt, c'est-à-dire des céréales germées, du houblon, du sucre et des levures. "C'est quand même un métier très dur physiquement, très éprouvant, mais quand on fait un métier qu'on aime, c'est déjà beaucoup", confie Charlotte Goin. Un métier passion pour elle comme pour Gabriel Charrin qui a aujourd'hui pour projet de produire tout ce qui entre dans la composition de ses bières. "Je suis très attaché à la matière première et à la façon dont elle est produite. C'est pour ça que nous avons notre propre houblonnière où nous faisons pousser 12 variétés de houblons. Avec l'Association des brasseurs des Pays-de-la-Loire, nous avons aussi le projet d'avoir notre propre malterie et nous travaillons aussi avec Oniris, l'école agroalimentaire de Nantes pour trouver une levure issue de nos céréales qui pourrait entrer dans la composition de notre bière. C'est d'autant plus important que les levures, c'est la signature d'une brasserie". Ça lui permettra aussi de maîtriser toute la production et d'éviter de faire venir les matières premières de l'autre bout du monde.

C'est donc tout un univers qui est à découvrir, avec modération, ce samedi et ce dimanche, mail Pablo Picasso à Nantes avec 13 brasseries des Pays-de-la-Loire (La Muette, La Cibulle, Trompe souris, Les bières de Charlotte, La Motte, Belle vallée-Jolicoeur, Coureur de Lune, la brasserie des Fontaines, Philmore, la NO, Baribale, les Brassés et la brasserie du Bouffay), une parisienne, la Paname brewery compagny, et une de Belfort, la Blonde rebelle. Vous pourrez aussi découvrir la culture du houblon, comment faire votre propre bière et en savoir plus sur le recyclage du verre des bouteilles.