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Nantes : les occupants du théâtre Graslin restent, et dénoncent un "chantage" de la direction

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Par , France Bleu Loire Océan

Alors que l'opéra Graslin est investi depuis 80 jours, ses occupants ne comptent pas céder à la direction. Ce mercredi, le directeur du théâtre Alain Surrans leur a demandé d'évacuer les lieux, évoquant "l'impossibilité" d'accueillir du public. "Au contraire", répondent-ils.

Le théâtre Graslin de Nantes, occupé depuis le 10 mars 2021.
Le théâtre Graslin de Nantes, occupé depuis le 10 mars 2021. © Radio France - Sarah Mansoura

Pas question de renoncer au rapport de force qui s'est installé entre les occupants des théâtres, partout en France, et le gouvernement. A Nantes, les dizaines de personnes, comédiens, metteurs en scène, régisseurs, et autres métiers du spectacle vivant qui se relaient pour occuper le théâtre Graslin affichent leur détermination à rester. 

Continuer l'occupation, tout en reprenant la programmation ?

A l'intérieur du théâtre Graslin, à Nantes.
A l'intérieur du théâtre Graslin, à Nantes. © Radio France - Sarah Mansoura

"Nos revendications n'ont absolument pas été entendues", résume l'une d'entre eux, "et c'est par cette lutte, par cette occupation que nous réussirons à nous faire entendre". Mais la direction ne l'entend pas de cette oreille. Ce mercredi, le directeur du théâtre Alain Surrans leur a demandé de mettre fin à cette occupation, qui dure depuis le 10 mars. Tout en rappelant être "opposé à une évacuation par la force", le directeur du lieu assure que lui et son équipe constatent "l'impossibilité de concilier la réouverture au public, mais aussi répétitions avec des enfants, comme il est prévu à partir de juin, et poursuite de l'occupation" du théâtre Graslin. 

Nous au contraire, on se réjouit de recevoir du public. D'abord parce que cela faisait longtemps, mais aussi parce que cela va nous permettre d'informer le public.

A l'aube du 80e jour d'occupation, les occupants ont expliqué, ce jeudi, qu'ils souhaitent "rester cohérents" et continuer leur occupation. Ils réclament un "vrai dialogue" avec la direction, représentée par Alain Surrans, pour, comme dans d'autres lieux occupés, à la fois assurer la tenue des spectacles prévus, tout en installant des stands, en laissant des banderoles et des panneaux revendicatifs, et en leur permettant d'expliquer les raisons de leur mobilisation au public. "C'est absolument possible", martèle Willy, comédien et occupant depuis le premier jour. "Nous sommes des professionnels, nous savons gérer des flux, nous étudions les protocoles sanitaires, nous savons respecter des jauges", assure-t-il. 

Les occupants du théâtre Graslin, à Nantes, à l'aube du 80e jour d'occupation.
Les occupants du théâtre Graslin, à Nantes, à l'aube du 80e jour d'occupation. © Radio France - Sarah Mansoura

Car c'est bien là l'idée : profiter de la venue du public, pour partager avec leurs revendications. Elles sont les mêmes, depuis le début ; en premier lieu, le retrait de la réforme de l'assurance-chômage. Martine Ritz, comédienne, membre du syndicat français des artistes CGT et occupante du théâtre Graslin, les liste : "Nous avons une demande de plan massif de reprise et de relance de l'emploi dans le secteur : la couverture sociale pour les professionnels du spectacle, notamment pour les personnes en congé maternité, en congé maladie. Le décret n'est toujours pas là. Nous demandons un accès favorisé à nos métiers et à la couverture qui y est afférente, c'est à dire des droits sociaux pour les primo-accédants. Toutes nos revendications ne trouvent pas l'écho suffisant."

Dialogue impossible

"Depuis le début, depuis le premier jour, on essaye d'instaurer un dialogue ici avec cette direction et on s'aperçoit aujourd'hui que même au bout de 80 jours que le dialogue, y'en en a pas", regrette Willy. "Au début, il nous a dit Vous êtes les bienvenus. Et maintenant, il nous dit vous n'êtes plus les bienvenus." Selon les occupants, le directeur de la structure Alain Surrans a fait volte-face, encouragé par la préfecture, elle-même répondant à des consignes gouvernementales. "Il [Alain Surrans] a quand même déclaré :  'Je ne suis pas là pour dialoguer'. Ce ne sont pas des gros mots, ce ne sont pas des insultes, mais des mots terribles à entendre pour nous", ajoute le comédien.

Le directeur veut faire porter aux occupants, aux occupations, le poids des annulations. 

"C'est purement du chantage. Cela signifie simplement que le directeur veut faire porter aux occupants, aux occupations, le poids des annulations, c'est à dire qu'il cherche à discréditer un mouvement. C'est de la casse de mouvement social", assure-t-il. Selon les occupants, la Ville de Nantes continue d'afficher son soutien au mouvement.

Opéra Graslin, à Nantes, le jeudi 27 mai 2021 (79e jour d'occupation).
Opéra Graslin, à Nantes, le jeudi 27 mai 2021 (79e jour d'occupation). © Radio France - Sarah Mansoura

Contactée, la direction du théâtre Graslin n'a pour le moment pas donné suite à nos demandes d'interview. 

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