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Culture – Loisirs

Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018 : "Ce que je peux dire n'a plus le même poids qu'auparavant"

Il y a un an, l'écrivain lorrain Nicolas Mathieu apparaissait dans la dernière liste du prestigieux prix Goncourt, avant de l'emporter quelques jours plus tard pour "leurs enfants après eux" chez Actes Sud. Retour sur cet événement.

Nicolas Mathieu en juin 2019
Nicolas Mathieu en juin 2019 © Maxppp - Pierre HECKLER

L'Académie Goncourt a publié ce dimanche la liste des quatre auteurs encore en lice pour le prestigieux prix littéraire. Verdict le 4 novembre prochain. Le dernier prix Goncourt avait été décerné à l'écrivain lorrain Nicolas Mathieu le 7 novembre 2019 pour "leurs enfants après eux" aux éditions Actes Sud. Retour sur ce jour qui a changé la vie de Nicolas Mathieu, près d'un an plus tard.

France Bleu Lorraine : "L'Académie Goncourt vient de dévoiler ses quatre finalistes. Vous étiez dans cette liste à la même époque l'an dernier. Vous vous souvenez de votre état d'esprit à ce moment là ?"

Nicolas Mathieu : "J'étais content d'être dans cette dernière liste parce que tant qu'on y est, on parle du livre. Je m'étais convaincu parce que tout le monde me l'avait dit que je ne l'aurais jamais, parce qu'Actes Sud l'avait eu l'année précédente. Très secrètement, j'espérais malgré tout."

"La grosse surprise, le 7 novembre dernier..."

"Je suis tombé de l'armoire. J'y allais en sachant que j'étais pire que l'outsider. Il y avait beaucoup de choses qui s'opposaient à la possibilité de décrocher ce prix."

Il y a deux semaines, j'étais à Séoul pour parler du livre"

"Votre vie a complètement changé depuis ?"

"En grande partie, ça s'est très nettement accéléré. J'ai fait beaucoup de rencontres. J'ai été sollicité dans des tas de villes de France et même à l'étranger. Il y a deux semaines, j'étais à Séoul pour parler du livre qui vient d'être traduit en coréen. Ce sont des choses qui n'auraient pas été possibles si je n'avais pas eu ce prix. On accède à une autre sphère du monde littéraire. Ce qui a beaucoup changé, c'est la manière dont les gens me regardent."

"Vous sentez une reconnaissance ? "

"Non seulement une reconnaissance mais une petite notoriété, qui n'est pas celle de quelqu'un qui passe à la télé, il faut rester raisonnable. Mais surtout, il y a une légitimité. Ce que je peux dire, écrire, affirmer, n'a plus le même poids qu'auparavant. C'est quelque chose de très surprenant. Les gens qui, la veille, vous écoutaient d'une oreille distraite peuvent vous demander votre avis après ça."

"Vous aviez un emploi, vous ne vouliez pas changer de vie. Qu'en-est-il ? "

"Ca n'a pas été possible. Je m'y suis accroché, j'y suis retourné après le prix. Mais les sollicitations étaient trop nombreuses. Il y a deux choses : c'est un peu dommage de tout refuser en bloc parce que c'est une chance à peu près unique dans une vie. Et puis il y a une petite dette contractée par rapport à tous les gens qui vous ont permis d'avoir ce prix. Je l'ai pas eu tout seul. Un bon livre et un auteur, ça suffit pas. Il faut des libraires, que la presse l'ait aimé, qu'un éditeur ait les reins assez solides pour le porter et puis il y a les éditeurs étrangers qui achètent les droits et qui traduisent. Je ne peux pas dire à ces gens là que je vais continuer comme avant. Il a fallu que je ménage du temps et que je me réorganise complètement."

Envie d'avoir un pied dans la vie active"

"Vous êtes écrivain à temps plein maintenant ?"

"En tout cas, je ne vais plus au taf pour l'instant. Je suis en train de réorganiser ma vie. Etre écrivain à plein temps, ne faire qu'écrire et faire le service après-vente de mon travail, ça me dérange un peu. J'ai envie d'avoir un pied dans la vie active. Je suis en train d'organiser ça d'une autre manière."

"Vous vivez toujours en Lorraine ?"

"J'avais acheté une maison une semaine avant le prix donc j'y suis resté. J'ai habité quinze ans à Paris, je me trouve bien là où je suis."

"Vous continuez d'écrire. Vous venez de sortir "Rose Royal" ? "

"C'est une longue nouvelle. 80 pages. Un texte que j'avais écrit à l'été 2018, avant le prix, et que j'ai corrigé pendant cette année un peu folle. C'était mon contact avec l'écriture. C'est une histoire qui se passe d'ailleurs à Nancy, en grande partie au Royal, un bar que connaissent sans doute beaucoup de Nancéiens."

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