Culture – Loisirs

Ousmane Sow, le sculpteur de la statue Victor Hugo à Besançon, est décédé

Par David Malle et Anne Fauvarque, France Bleu Besançon et France Bleu jeudi 1 décembre 2016 à 14:29

Ousmane Sow, lors de l'inauguration de la statue Victor Hugo en octobre 2013
Ousmane Sow, lors de l'inauguration de la statue Victor Hugo en octobre 2013 © AFP - Bruno Ferrandez

Ousmane Sow est décédé. Le sculpteur sénégalais avait 81 ans. Il avait noué une relation particulière avec Besançon. Avant que toutes ses oeuvres ne repartent définitivement au Sénégal, l'artiste avait accepté qu'elles soient exposées une dernière fois dans la capitale comtoise. C'était en 2013.

C'était une figure de l'art africain contemporain, le sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort tôt ce jeudi à Dakar à l'âge de 81 ans. Ousmane Sow était connu pour ses sculptures monumentales de guerriers qui ont fait le tour du monde. Le grand public français l'a découvert en 1999 lors d'une rétrospective sur le Pont des Arts à Paris. Ses guerriers Masaï du Kenya, lutteurs de l'ethnie Nouba du Soudan du Sud, Indiens d'Amérique, colosses figés dans le mouvement, attirent alors plus de trois millions de personnes.

Ousmane Sow : Victor Hugo, même mort il leur fait encore peur

Mais le sculpteur sénégalais Ousmane Sow connaissait aussi bien Besançon. Il y avait posé, le 17 octobre 2003, lors de l'inauguration d'un bronze géant de l'écrivain français Victor Hugo, né à Besançon. Sa sculpture en terre, pour commémorer la journée du refus de la misère, avait été interdite de séjour à Paris. Ce qui lui avait fait dire à l’époque : « Même mort, il leur fait encore peur ».

Une statue refusée à Paris

Jean-Louis Fousseret, le maire de Besançon, qui cherchait une sculpture pour commémorer le bicentenaire de la révolution de Victor Hugo, sur les conseils de Catherine Tasca alors ministre de la Culture, prend contact avec Ousmane Sow. Ce dernier lui répond que Victor Hugo a aussi été sénateur, et qu’il a promis la sculpture au président du Sénat. Mais Besançon est la ville natale de l’écrivain, sa statue doit être installée sur l’esplanade des droits de l’Homme, alors le sculpteur en fait une réplique en bronze pour Besançon. Haute de 2,30 m et pesant 370 kg, la statue qui représente un Victor Hugo en vêtements en guenilles, qui se soucie du temps qui passe, une main dans la poche, l'autre tenant une montre-gousset qu'il regarde, se trouve donc face à la mairie.

"Mais ça ressemble à Ousmane Sow", déclare Jean Louis Fousseret sans savoir que c'était une oeuvre de son ami

Lorsqu’il est fait académicien, Ousmane Sow invite Jean-Louis Fousseret à la cérémonie à Paris. Les deux hommes se voient aussi au Sénégal. Lorsque la Ville de Besançon lance un concours d’architecte pour son lieu de mémoire au parc des Glacis, les élus souhaitent qu’il y ait une statue. Quand le maire découvre le projet retenu, il dit « Mais ça ressemble à Ousmane Sow ». Et c’était effectivement une sculpture de l’artiste africain qui avait concouru de façon anonyme pour ne pas influencer le jury. Jean-Louis Fousseret indique que le sculpteur ne veut qu’il y ait deux œuvres de lui dans la même ville. « Pour Besançon, il fait une exception » lui répondent ses services. C’est ainsi que sera inauguré le 18 juin 2013 « L’Homme et l’enfant », un bronze de 2,30 m, esplanade des Glacis, juste en dessous de la gare Viotte.

Enfin, Besançon cherche une grande exposition pour la Citadelle. Jean-Louis Fousseret appelle Béatrice Soulé, l’épouse de l’artiste, à Paris et lui propose, alors qu’Ousmane Sow compte rapatrier toutes ses œuvres au Sénégal. « Je sais que pour Besançon il sera d’accord » lui répond Béatrice Soulé. Ce sera la dernière exposition d’Ousmane Sow en France, été 2013 : des sculptures monumentales représentant des scènes de la vie quotidienne à la Citadelle, et des petits Nouba au Musée des Beaux-Arts et d’archéologie.

Jean Louis Fousseret : L'histoire d'Ousmane Sow est liée à notre ville pour l'éternité

Le maire de Besançon conclut dans un sanglot : « L’histoire d’Ousmane Sow elle est liée à l’histoire de la ville maintenant. Pour l’éternité. »

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