Pass sanitaire au cinéma : "les spectateurs ont déserté"
Deux semaines après l'instauration du pass sanitaire, il y a 45 à 70% de spectateurs en moins dans les salles. Une catastrophe pour les professionnels.

Le bilan est sans appel : le pass sanitaire freine la fréquentation dans les salles de cinéma. Depuis son instauration le 21 juillet, il y a 70 à 45% de spectateurs en moins selon la fédération nationale des éditeurs de film.
Un changement brusque
"Normalement, ce n'est pas aussi calme" constate Chloé, postée à l'entrée du Méga CGR de Buxerolle. Employée au cinéma pour l'été, elle est chargée de contrôler le pass sanitaire. "Depuis le 21 juillet, les spectateurs ont déserté."

A l'intérieur, ils sont à peine une dizaine à attendre dans le hall. Pour Jean, passionné de cinéma, le pass n'est pas un problème : "Du moment qu'on l'a dans la poche, ça ne prend que deux secondes" sourit-il. Quelques mètres plus loin, Anne-Marie approuve : "C'est une bonne solution pour continuer à profiter de la culture !"
Mais ils restent peu à avoir le document. "Il y a plus de 50% de fréquentation en moins" note Stéphane Bossé, le directeur du CGR de Buxerolle. "Et c'est pareil dans toute la France."
Même situation avec les jauges à 50 personnes
D'autres cinémas ont essayé de trouver une parade. Le Familia, à Thouars, a proposé un jour sur deux sans pass sanitaire et avec une jauge limitée à 50 personnes. "Jour avec pass ou non, la mesure freine quand même les spectateurs" constate amèrement le directeur de l'établissement, Jean-Paul Mandegou.
Le mardi soir, avec la sortie attendue de Kaamelott, on a rempli nos 235 places. Le lendemain à la même heure, sous le pass sanitaire, il y avait 17 spectateurs...
Pour ne pas essuyer trop de perte, le directeur envisage même de fermer les portes du cinéma jusqu'à fin août "le temps d'y voir un peu plus clair."
Même situation au Loft à Châtellerault. "On sait que c'est le pass et pas un défaut de programmation" déplore le directeur Dominique Soulard. "Car il y a de gros films français et américains qui sortent en ce moment."
Il entrevoit cependant une légère hausse des ventes. "Peut-être que les gens s'habituent" acquiesce-t-il. "Mais en attendant, notre bilan est mauvais."