Culture – Loisirs

Le musée d'Anzin retrouve par hasard deux statues disparues il y a presque cent ans

Par Camille Marigaux, France Bleu Nord et France Bleu vendredi 16 décembre 2016 à 8:20

Germain Hirselj, régisseur des collections des musées de la porte du Hainaut, a identifié les statues il y a quelques semaines dans un catalogue de vente.
Germain Hirselj, régisseur des collections des musées de la porte du Hainaut, a identifié les statues il y a quelques semaines dans un catalogue de vente. © Radio France - Camille Marigaux

Deux statues disparues du musée d'Anzin ont été retrouvées presque cent ans après. Elles ont été restituées cette semaine à la ville après plusieurs décennies sans laisser de trace. Une Belle Histoire qui n'a pourtant pas livré tous ses secrets.

Retournons un peu au début du XXème siècle. Le sculpteur Corneille Theunissen, originaire d'Anzin, réalise en 1907 quatre statues en bronze pour décorer le pont de l'Isle, à Saint-Quentin. Elles n'y resteront pas longtemps, en 1917 en pleine première guerre mondiale, les Allemands les détruisent pour les fondre et les transformer en canons et en obus.

Mais l'artiste avait d'abord réalisé quatre modèles d'une quarantaine de centimètres chacune pour s'entraîner. Après la guerre, ces miniatures emménagent au musée d'Anzin. Tout va bien jusque dans les années 60, où on s'aperçoit que deux d'entre elles ont disparu. Leur dernière trace date de 1924, quand le musée avait fait son inventaire. Depuis, elles sont introuvables.

Tout bascule il y a deux ans. C'est en parcourant un catalogue de ventes, une procédure classique pour repérer des objets intéressants à acquérir, que le régisseur du musée reconnait la photo de ces statues. Il les identifie tout de suite, en fin connaisseur de l'histoire artistique locale. Des recherches sont lancées, la ville, la région et les services de police-justice s'y mettent tous ensemble. Les œuvres se trouvent en fait chez un retraité de 70 ans. Quand il a appris qu'elles appartenaient à la ville, il a tout de suite proposé de les restituer anonymement.

De jolis petits bouts d'histoire que l'on peut rendre au public

C'est ce mercredi que la ville a officiellement récupéré son bien à l'hôtel des ventes de Valenciennes. Un moment plutôt rare pour Philippe Gayot, conservateur en chef des musées de la porte du Hainaut, qui gère les collections d'Anzin : "Ce sont de jolis petits bouts d'histoire de la région des Hauts de France qui réapparaissent, et qu'on peut redonner au public, c'est ça le but du jeu ! Pas de les conserver précieusement comme Arpagon."

De 1924 aux années 1960, aucune trace des statues

C'est donc en parfait état que les statues ont rejoint cette semaine les réserves de la ville de Saint-Amand les Eaux. Leur petites sœurs doivent les rejoindre d'ici le mois de janvier. Après plus de 50 ans de séparation, le quatuor sera enfin au complet !

En revanche, pourquoi ces deux statues ont disparu du musée dans les années 20 ? Mystère et boule de gomme. Même le retraité ne savait rien de l'histoire de ces deux statues, seulement que c'était un cadeau fait à son père il y a donc bien longtemps. Mais elles ne sont pas les seules. Sur les 6500 objets d'arts recensés à Saint-Amand les Eaux, une quarantaine manquent à l'appel. On peut dire que c'est un joli cadeau de Noël pour la ville d'Anzin.