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Qu’est-ce que la Gordon Bennett, la course de ballons qui se tient en Pays de Montbéliard ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon

Le Pays de Montbéliard accueille, du 12 au 21 septembre 2019, la 63e coupe aéronautique Gordon Bennett. Cette course internationale de ballons à gaz est la plus ancienne des compétitions de sport aérien au monde. Présentation en cinq points.

Départ de la 60e course Gordon Bennett depuis l'Allemagne en 2016.
Départ de la 60e course Gordon Bennett depuis l'Allemagne en 2016. © AFP - PATRIK STOLLARZ

Le ciel du Pays de Montbéliard sera particulièrement animé du 12 au 21 septembre. L’aérodrome de Courcelles servira de camp de base à la Gordon Bennett, la plus ancienne compétition aérienne au monde. Vingt équipages de onze nationalités y participeront. Il y aura aussi de nombreuses animations pour le grand public. Mais en quoi consiste cette compétition ?

Gordon Bennett : la doyenne des compétitions aériennes internationales

La Gordon Bennett a 113 ans : la première édition s’est déroulée en 1906, au départ du jardin des Tuileries à Paris. Son fondateur, James Gordon Bennett junior, est un homme de presse américain installé en France et passionné de sport. Il a également lancé une course automobile et un trophée d’aviation qui portent son nom. 

La 3e course Gordon Bennett en 1908.
La 3e course Gordon Bennett en 1908. © AFP - Aurimages

Seize ballons participent à la première édition. L’équipage gagnant est américain et parcourt 640 km. La compétition est reconduite chaque année depuis, avec une interruption au moment de la Grande Guerre et une longue éclipse entre la fin des années 30 et le début des années 80.

Une course à qui ira le plus loin

Chaque équipage décolle du même lieu : pour l’édition 2019, c’est l’aérodrome du Pays de Montbéliard, vendredi 13 septembre en début de soirée... ou plus tard si la météo n'est pas favorable. Les ballons partent les uns à la suite des autres, à quelques minutes d’intervalle, au son de leur hymne national. 

Les vainqueurs sont ceux qui effectuent la plus longue distance, sans atterrissage. En moyenne, la course dure donc pour chacun trois à quatre jours. C’est une course d’endurance, où les organismes humains sont soumis à rude épreuve, puisque les ballons peuvent monter très haut, jusqu’à deux, trois voire quatre mille mètres d’altitude. 

Des ballons gonflés d'hydrogène

Ce ne sont pas des montgolfières qui participent à la Gordon Bennett, mais des ballons à gaz. Alors que les montgolfières ont leur enveloppe gonflée d’air chaud, les ballons à gaz sont remplis d’hélium ou hydrogène. Pour la course qui nous intéresse, c'est de l'hydrogène. Chaque équipage part avec la même quantité, soigneusement contrôlée : 1000 mètres cubes. 

Les compétiteurs emportent également du ballast, essentiellement du sable, de 600 à 800 kilos, qui sert de lest et sera lâché au fur et à mesure. Pas par sacs entiers, chacun pesant 25 à 30 kilos, mais par poignées. Une poignée de sable lâchée à 2000 mètres d’altitude n’a pas de conséquence au sol, explique Guillaume Kuntz, animateur scientifique au Pavillon des sciences de Montbéliard et passionné d’aérostation. Mais quand l’équipage est au-dessus d’une ville ou d’une zone sensible, il relâchera plutôt un peu d’eau.

Pour monter, il faut donc lâcher du lest, au sens propre ; pour descendre, faire sortir un peu de gaz, par une ouverture située au sommet de l'enveloppe. Pour avancer, les pilotes doivent ensuite trouver les courants aériens les plus favorables afin d’aller le plus loin possible. Les vents les plus rapides sont souvent les plus élevés, ce qui peut pousser à monter très haut. 

A ECOUTER : "Tout s'explique", la chronique de Guillaume Kuntz sur France Bleu Belfort Montbéliard

A bord, ils emportent des équipements électroniques pour se repérer, ainsi qu’un GPS tracker qui permettra aux passionnés du monde entier de suivre leur progression en temps réel. Ce live tracking, développé depuis quelques années, est aussi entré dans la stratégie de course, puisque les équipes peuvent savoir où se situent leurs adversaires.

Les sacs de sable qui lestent un ballon de la 60e Gordon Bennett.
Les sacs de sable qui lestent un ballon de la 60e Gordon Bennett. © AFP - PATRIK STOLLARZ

Matériel et préparation : toute une stratégie

La préparation et le choix des équipements font partie intégrante de la stratégie. Comme l’explique Guillaume Kuntz, les deux occupants de la nacelle doivent équilibrer entre le volume de gaz qui est le carburant de leur ballon, le sable qui sert de lest et le matériel à emporter qui va les alourdir. 

“J’en ai vu couper en deux leur brosse à dents”, raconte le scientifique, pour s’alléger au maximum. Même l’urine, conservée dans des bouteilles, pourra servir de lest, au cours du voyage...

Il y a évidemment des équipements indispensables pour les pilotes : à boire et à manger ; des vêtements très chauds puisque les équipages peuvent se retrouver par -30 degrés ; éventuellement une assistance respiratoire quand le ballon dépassera les deux voire trois mille mètres d'altitude. Indispensables également, les instruments de communication et de navigation. 

La matériel sur la 63e course Gordon Bennett.
La matériel sur la 63e course Gordon Bennett. - FAI/Marcus King

La préparation de la course va au-delà du matériel. C’est aussi une préparation physique. Certains se mettent au régime, raconte Guillaume Kuntz. Le duo qui embarquera dans la nacelle s’entraîne aussi à dormir par petites tranches, comme des navigateurs. 

La Gordon Bennett est un peu “le Vendée Globe de l’aérostation” a coutume de dire Nicolas Maurice, président du cercle aérostatique du Pays de Montbéliard et de l’association "Gordon Bennett Montbéliard 2019", organisatrice de l’événement. 

"Les concurrents pourront aussi bien aller vers l'Espagne que vers les pays de l'Est"

Stratégiquement, les aérostiers se font également aider d’un soutien au sol. Deux, trois personnes, voire huit, selon les équipages, avec notamment un météorologue et un routeur. A cela s’ajoute une équipe en voiture qui suit le ballon au fil de son trajet. Tout ce petit monde se relaie au cours des trois à quatre jours de course. 

Leur espace de jeu : l’Europe entière. Montbéliard est très bien situé, se réjouit Nicolas Maurice : “En fonction des vents, les concurrents pourront aller aussi bien vers l’Espagne et le Portugal que vers les pays de l’Est”. En 2017, l’équipage vainqueur avait parcouru 1860 km avant de se poser en Estonie, évitant deux zones interdites de survol, dont la Biélorussie… 

Le record de distance date de 2005 : un équipage belge a parcouru 3.400 km entre le Nouveau Mexique (USA) et le Québec. 

Sur la course Gordon Bennett 2018 (photo prise par l'équipage australien).
Sur la course Gordon Bennett 2018 (photo prise par l'équipage australien). - Team AUS-1 Wilson/McCarron

Si les équipages peuvent aboutir très loin du point de départ, ils doivent y revenir par leurs propres moyens avant la remise des prix, sous peine de disqualification. Une soirée “retour des compétiteurs” est programmée samedi 21 septembre. 

Un champion français

Le choix du pays organisateur est déterminé par la nationalité des vainqueurs lors de l’édition précédente (avec un an de décalage). En 2017, le duo Vincent Leÿs et Christophe Houver a remporté la compétition, ce qui a permis à la France, et en l’occurrence le Pays de Montbéliard d’être l’hôte de l’édition 2019. En 2020, la course partira de Pologne.

Avec neuf victoires, Vincent Leÿs est le détenteur du record de la Gordon Bennett. Il rempile cette année avec son camarade. Il y a deux autres équipages français. Parmi les 20 duos de concurrents, de nombreux Européens, mais aussi des équipages venus d’Australie et des Etats-Unis. Il y a un 21e participant, un ballon "fiesta" qui est là pour le spectacle.

Le Français Vincent Leÿs, détenteur du record de victoires (neuf), ici en Suisse en 2012.
Le Français Vincent Leÿs, détenteur du record de victoires (neuf), ici en Suisse en 2012. © Maxppp - Alexandre MARCHI

Le programme :

  • jeudi 12 : tirage au sort de l’ordre de départ des compétiteurs au musée de l’aventure Peugeot
  • vendredi 13 : décollage des ballons à gaz, illumination nocturne des ballons en musique, "live tracking" des compétiteurs sur écran géant…
  • samedi 14 : démonstrations aériennes, sauts en parachute tandem, animations pour enfants, illumination de ballons et live tracking
  • dimanche 15 : démonstration de la Patrouille de France entre 15h et 16h, puis rencontre des pilotes avec le public en fin de journée 
  • vendredi 20 septembre : soirée retour des compétiteurs à l’aérodrome de Courcelles
  • samedi 21 septembre : cérémonie officielle de remise des prix au musée de l’aventure Peugeot

Pour suivre la Gordon Bennett :

Gordon Bennett 2018.
Gordon Bennett 2018. - FAI/Marcus King
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