Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Culture – Loisirs

Quand les “escape games” deviennent des jeux de société

vendredi 3 novembre 2017 à 12:58 Par Julien Baldacchino, France Bleu

C’est la tendance du moment sur le marché du loisir : les “escape games”, ces jeux grandeur nature dans lesquels vous disposez de 60 minutes pour sortir d’un lieu truffé d’énigmes. Depuis quelques mois, des éditeurs tentent de transposer le concept dans des boîtes de jeux de société. Avec succès ?

Un jeu de cartes pour recréer l'ambiance d'un escape game ?
Un jeu de cartes pour recréer l'ambiance d'un escape game ? © Radio France - JB

A l’approche de Noël, vous ne pourrez pas les louper dans les catalogues et les magasins de jouets. Ils s’appellent Unlock, Exit ou Mission : Escape, et ces nouveaux jeux ont tous un point en commun : ils sont tous inspirés des “escape games” (ou “escape rooms”), ces salles de jeu dans lesquelles vous avez 60 minutes pour réaliser une série d’énigmes et de casse-têtes pour sortir d’une salle.

Depuis le début de l’année et plus encore à l’approche de Noël, plusieurs éditeurs de jeux se sont lancés dans l’adaptation au format “boîte” de ce concept. Parmi eux, Space Cowboys, un éditeur indépendant mais distribué par le géant Asmodee (Jungle Speed, Time’s Up), qui a lancé Unlock, l’un de ces jeux d’un genre nouveau.

Cartes, lettres et numéros

“Cyril Demaegd, le créateur du jeu, a cherché à recréer l’ambiance de coopération, de combinaison d’objets et d’énigmes dans un jeu de cartes”, explique Vincent Goyat, l’un des auteurs d'Unlock. Concrètement, comment ça marche ? “Le jeu se pratique avec un paquet de 60 cartes qui portent toutes un numéro ou une lettre. Il y a une carte d’introduction sur laquelle on voit la première salle, qui est le point de départ de l’aventure. Il faut ensuite repérer des lettres ou des numéros pour retourner les cartes correspondantes, voire combiner des cartes ou chercher des codes pour résoudre les énigmes”, détaille-t-il.

Pour accompagner les parties, une application pour smartphone fait office de chronomètre, de digicode et de distributeur d’indices à la fois, à la façon du “maître du jeu” dans les salles d’escape game. “Le jeu est donc coopératif, tous les joueurs avancent ensemble”, nous explique un autre Vincent, démonstrateur du jeu, en pleine animation dans un salon spécialisé. Le seul adversaire, c'est le chrono.

Le jeu "Unlock" en démonstration sur un salon - Radio France
Le jeu "Unlock" en démonstration sur un salon © Radio France - JB

Moins d’immersion, plus d’imagination ?

Qu’en pensent les joueurs novices ? “C’est assez proche, on retrouve bien le principe”, estime Boris, qui expérimente le jeu avec son fils. “Le stress du temps est présent dans ce jeu comme dans une escape room”, note Elise, venue tester le jeu avec sa sœur, “mais on est plus oppressé quand on est enfermé dans une pièce, on ressent mieux l’ambiance”. “On perd un peu le côté sympathique d’une vraie pièce dans laquelle il faut fouiller, tout retourner pour trouver des indices”, confirme Jean-Christophe.

Pour Rémi Prieur, propriétaire de la salle d’escape game Majestic à Paris et auteur de livres-jeu, le format de ces versions à domicile présente effectivement des inconvénients, mais aussi des avantages notables. "Le fait que ce soit un jeu de société rend certes impossible la présence de mécanismes physiques, d’objets qui interagissent avec le décor”, explique-t-il, "mais d’un autre côté on a aussi des limites dans un escape game classique, qui n’existent pas quand le décor est un dessin imprimé”.

“Les limites d’un escape game peuvent être repoussées sur le jeu de société”

Un accueil critique chaleureux

Bateau pirate, souris de laboratoire, explosions, etc. : le jeu de société propose en effet aux joueurs des décors et des interactions beaucoup plus compliquées à mettre en scène dans un espace réel. Et après quelques tours de chauffe, nécessaires pour appréhender la mécanique un peu complexe des cartes à combiner (dans le cas d’Unlock, des parties de démonstration gratuites sont téléchargeables), on se laisse facilement prendre dans les rouages de cette aventure.

Résultat, Unlock a reçu “l’As d’Or” du jeu tout public de l’année au Festival des jeux de Cannes en février dernier, quelques semaines seulement après sa sortie.

Usage unique

Seul bémol, inhérent à la nature du jeu : de la même manière qu’il est inutile de faire une deuxième fois un escape game, une fois un scénario terminé, impossible de jouer à nouveau avec ces jeux de société, faute d’effet de surprise. “C’est comme un livre ou un film, on ne le découvre jamais deux fois, il faut le voir comme une expérience, exactement comme une vraie escape room”, nuance Vincent Goyat chez Unlock.

Ces jeux peuvent-ils donc continuer à séduire à long terme ? Depuis le début de l’année 2017, “il existe deux boîtes contenant chacune trois aventures sur la licence Unlock, et trois jeux sur la licence Exit”, explique un vendeur du magasin spécialisé Le Damier de l’Opéra, à Paris. “Ce qu’on ne sait pas, c’est si les éditeurs sortiront des jeux assez régulièrement pour satisfaire la demande”.

Pour le moment, les éditeurs essaient de lancer régulièrement de nouveaux scénarios : et toutes les idées sont bonnes à prendre chez Space Cowboys. “Les joueurs peuvent tout à fait nous proposer des scénarios qui intégreront nos boîtes futures”, explique Vincent Goyat, qui précise que certains jeux d’ores et déjà disponibles ont été créés par des auteurs qui ont proposé leur histoire.

Une partie de la gamme actuellement disponible - Radio France
Une partie de la gamme actuellement disponible © Radio France - JB

La concurrence qui s’accroît dans ce nouveau secteur devrait également stimuler la création. Pour Noël, de gros éditeurs de jeux de société comme Dujardin (Mille Bornes) ou Goliath (Réveille pas papa), ont lancé leurs propres boîtes, destinées à un public souvent plus jeune. Et en parallèle, pour ceux qui sont déjà accro, plusieurs livres-jeux, qui reprennent aussi le même concept, sont d’ores et déjà disponibles.