Culture – Loisirs

Réduction du bruit des concerts : la Souris Verte d'Epinal et le Nancy Jazz Pulsations sont favorables

Par Cédric Lieto, France Bleu Sud Lorraine dimanche 13 août 2017 à 4:00

La guitare basse d'un musicien du groupe Songhoy Blues sur la scène du Chapiteau lors du Nancy Jazz Pulsations 2015
La guitare basse d'un musicien du groupe Songhoy Blues sur la scène du Chapiteau lors du Nancy Jazz Pulsations 2015 © Maxppp - Alexandre MARCHI

Un décret publié cette semaine oblige les boîtes de nuit, organisateurs de concerts ou de festival à réduire le volume. La limite à ne pas dépasser sera maintenant de 102 décibels contre 105 jusque là. Décision saluée par les patrons de la Souris Verte à Epinal et du Nancy Jazz Pulsations.

Les boîtes de nuit, salles de concerts et festivals contraints de la mettre en sourdine au plus tard le 1er octobre 2018. Un décret est paru ce mercredi 9 août au journal officiel : il obligera les organisateurs de concerts ou gérants de boites de nuit à ne plus dépasser les 102 décibels, contre 105 aujourd'hui, ce qui équivaut à diviser par deux l'intensité sonore. Une manière de protéger les spectateurs, les prémunir face au risque de surdité.

Un niveau sonore à négocier

Une mesure contraignante mais qui satisfait Jacky Castang, directeur de Scènes Vosges, qui exploite notamment la Souris Verte à Epinal et la Rotonde de Thaon-les-Vosges :

Celui qui est à la console son, c'est le régisseur du groupe et nous avons parfois des difficultés à faire entendre raison à des personnes qui depuis plusieurs années, ont les oreilles saturées par des niveaux sonores trop élevés. Ils ne se rendent pas compte que 105 db, c'est très fort. On a beaucoup de mal à leur faire respecter cette législation."

Jacky Castang se réjouit de cette baisse de volume. D'autant qu'elle est, selon lui, attendue par les spectateurs qui se rendent dans les salles :

En plus de 25 ans, je n'ai jamais eu un seul spectateur venu me voir à la fin pour me dire que ce n'était pas assez fort et qu'il fallait monter le son."

Le directeur de Scènes Vosges sensible à la question des dégâts irréversibles causés par une exposition trop longue à des sons trop forts.

Une limite déjà en vigueur depuis cinq ans au NJP

Au Nancy Jazz Pulsations, qui démarre le 11 octobre prochain, ce décret est aussi apprécié. Il va permettre aux organisateurs de contraindre les ingénieurs du son à respecter cette limite de 102 décibels. Une limite que le NJP avait déjà adopté pour ses concerts sous le chapiteau de la Pépinière. Il n'était pas toujours aisé de négocier, comme l'explique Patrick Kader, le directeur et programmateur du festival :

C'était très compliqué. En général, ce sont les plus mauvais qui poussent le son, qui camouflent leur incapacité à travailler convenablement à des niveaux raisonnés, en faisant fort. On arrivait plus ou moins à les faire respecter. Du coup, on a fait le tour de pas mal de sociétés de sonorisation de la grande région et depuis deux ans, on travaille avec une boîte dont le système parvient à rendre un concert audible en respectant l'esprit de la musique."

Une limitation du niveau de son qui est très souvent accompagnée de distributions de protections auditives histoire de mettre toutes les chances de son côté.