Culture – Loisirs

René Martin, le chef d'orchestre de la Folle journée

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan mardi 31 janvier 2017 à 18:38

La Folle journée, illustration
La Folle journée, illustration © Maxppp -

La Folle journée, ça commence ce mercredi à Nantes et pour cinq jours. 300 concerts pour cette vingt-troisième édition sur le thème de la danse, "Le rythme des peuples" et toujours un immense succès avec 130.000 billets vendus. Un succès dû à René Martin, l'homme qui incarne la Folle journée.

Ça fait 22 ans que ça dure. 22 ans de succès pour la Folle journée de Nantes. Pour la vingt-troisième édition qui débute ce mercredi et pour cinq jours, 300 concerts vont avoir lieu et 130.000 billets ont déjà été vendus. Et derrière la Folle journée, il y a un homme : son fondateur, René Martin, qui incarne le festival de musique classique après l'avoir amené là où il est.

Un groupe avec lequel il a animé une centaine de mariages autour d'Héric

René Martin, c'est un fils d'épiciers et un petit-fils de fermiers. Il grandit à Héric, au nord de Nantes. Ses premières amours : le rock et le jazz ! Il a même un groupe, le "Alan Devrig orchestra", avec lequel il anime une centaine de mariages autour d'Héric. Et puis un jour, un livre sur le contrebassiste Charles Mingus lui donne envie de découvrir Béla Bartok. Coup de foudre pour la musique classique.

Le déclic de la Folle journée ? Lors d'un concert de U2 à la Beaujoire !

Les premiers concerts qu'il organise, c'est autour de son petit tourne-disque, avec ses copains étudiants. Il passe ensuite à la dimension supérieure, avec de vrais musiciens, et en s'appuyant sur les conseils de son oncle, qui avait un Bagad. L'idée de la Folle journée ? Elle lui vient lors d'un concert de U2, à la Beaujoire, auquel il assiste avec ses enfants : 35.000 fans qui communient avec le groupe de rock. Il rêve de la même chose avec Mozart et Stravinski.

Un passionné très très exigeant

Il lance donc l'idée folle de la Folle journée. "On ne savait pas dans quoi on allait s'embarquer !", se souvient Michèle Guillossou, l'ancienne directrice générale du festival. Mais très vite, elle est convaincue par sa "créativité et son intuition artistique pour savoir ce qui va plaire au public et aux artistes". Elle décrit un "passionné", "dans son monde", "très très exigeant", "discret mais qui sait mettre en avant ce qu'il a apporté à Nantes et à la musique quand il s'agit de défendre ses choix". Un "éternel jeune homme, bourré d'énergie" qui sait créer une relation particulière avec les artistes, "mais pas prout-prout, même avec les plus grands". Pour elle, ce qui a aussi permis de faire le succès de la Folle journée, c'est sa vision artistique alliée à la volonté politique de Jean-Marc Ayrault, l'ancien maire de Nantes.

Sa force, c'est de ne pas avoir une vision purement classique de la musique

"Sa force, c'est son ouverture", dit pour sa part Didier Pillon, l'ancien chroniqueur musique classique de Radio France, qui connait René Martin depuis une trentaine d'années. "Il n'a pas une vision purement classique de la musique. Il y ajoute de petites touches qui viennent d'ailleurs parce qu'il aime aussi le rock et le jazz". Lui aussi met en avant "son intuition artistique très forte qui lui permet de surprendre et d'émerveiller encore, même après toutes ces années".

Sauvés par Anne Queffélec

Un défaut peut-être ? Etre parfois tellement investit dans ce qu'il fait qu'il en oublie le reste. "Parfois, on avait rendez-vous et il oubliait de venir parce qu'il était pris sur autre chose à organiser pour la Folle journée", se rappelle Didier Pillon. Michèle Guillossou, elle, raconte cette anecdote, lors de la première édition du festival : "pour la soirée inaugurale, nous avions prévu un parcours gourmand, un accord entre les œuvres musicales et les mets qui étaient dégustés à l'heure époque. Et à quelques heures de commencer, on se rend compte qu'on a oublié de prévoir un musicien pour la soirée ! Au pied levé, je suis donc allée demander à Anne Queffélec, qui a accepté". Anne Queffélec, autre grande figure de la Folle journée.

Et René Martin se raconte aussi toute la semaine sur France Bleu Loire Océan à 11h50 et 18h50.