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Culture – Loisirs DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

Saint-Avertin : Depuis 30 ans, Didier recherche les objets de la Première Guerre mondiale

mercredi 7 novembre 2018 à 6:09 Par Pierre-Antoine Lefort, France Bleu Touraine

C'est une collection ahurissante d'uniformes, d'obus, de grenades, de gamelles ou encore lettres de soldats. Depuis 30 ans, Didier Carion amasse des objets, témoins de la Première Guerre mondiale, qu'il se procure auprès de particuliers, d'autres collectionneurs ou sur les champs de bataille.

Didier Carion collectionne depuis une trentaine d'années les objets témoins de la Grande Guerre.
Didier Carion collectionne depuis une trentaine d'années les objets témoins de la Grande Guerre. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Saint-Avertin, France

Quand il se saisit de ce casque allemand, rongé par la rouille et en piteux état, Didier Carion ressent le poids de l'histoire. "Ça prend un peu aux tripes", reconnait ce collectionneur d'objets de la Première Guerre Mondiale, originaire de Saint-Avertin. "On voit que c'est une pièce de fouilles, mais on voit aussi les impacts des éclats d'obus qui ont traversé le casque. Ce qui veut dire que la personne qui portait ce casque n'a pas survécu."

Le soldat allemand a qui appartenait ce casque n'a surement pas survécu.  - Radio France
Le soldat allemand a qui appartenait ce casque n'a surement pas survécu. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Ce casque, comme des centaines et des centaines d'objets, Didier Carion les a glané au sol, sur des terrains privés où se sont déroulés des affrontements, entre 1914 et 1918. Notamment chez un ami, près de Laon, où passait le célèbre Chemin des Dames. Depuis une trentaine d'années et la découverte, pendant son enfance, dans un grenier, d'objets d'époque, il s'est pris de passion pour ces traces du passé. Un moyen d'honorer la mémoire de ses deux arrière-grands pères, qui ont la guerre, mais aussi "tous ceux qui sont morts ou qui ont combattu, que ce soit dans n'importe quel camp, n'importe quel pays."

Des pièces exceptionnelles

Parfois, lors de ses promenades, le collectionneur fait de drôles de découvertes. Comme cette grenade, retrouvée par hasard à ses pieds, ou ce fusil, utilisé depuis des décennies comme piquet à clôture. Parfois les trouvailles sont plus dangereuses : des obus, dont la charge est encore active. "Ce que l'on fait, nous, en tant que collectionneurs, c'est de prendre des photos, pour avoir de la documentation. On les peint en orange fluo et on prévient les services de déminage ou de gendarmerie." Si par contre, la munition a bien explosé, elle peut rejoindre sans risque les caisses de Didier Carion. Chez lui, il commence à manquer de place. "J'en ai tellement que j'en retrouve, que je ne savais plus que j'avais et qui me permettent de compléter d'autres pièces que j'ai acquis plus récemment."

Des pièces glanées auprès de collectionneurs, de particuliers, ou dans les champs.  - Radio France
Des pièces glanées auprès de collectionneurs, de particuliers, ou dans les champs. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Didier Carion a mis la main sur des pièces exceptionnelles : ce préservatif distribué aux soldats américains. "Il n'est plus fonctionnel", assure-t-il. Ou cette lettre envoyée depuis Brooklyn, à New-York, à un soldat sur le front... datée du 11 novembre 2018 et qui célèbre la paix. "Comme il est merveilleux de pouvoir dire "Paix", de s'endormir librement en sachant que c'est la vérité", peut-on lire sur la carte postale.

Eh oui, même dans les tranchées, les soldats pensaient à se protéger... au moins sexuellement parlant, comme en témoigne ce préservatif d'époque.  - Radio France
Eh oui, même dans les tranchées, les soldats pensaient à se protéger... au moins sexuellement parlant, comme en témoigne ce préservatif d'époque. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort
Cette carte a été envoyée le jour de l'armistice, le 11 novembre 1918.  - Radio France
Cette carte a été envoyée le jour de l'armistice, le 11 novembre 1918. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort
Cette mitrailleuse a servi jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, avant de dormir une dizaine d'années dans un fossé. - Radio France
Cette mitrailleuse a servi jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, avant de dormir une dizaine d'années dans un fossé. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Cette collection incroyable sort occasionnellement, pour des expositions. Encore un moyen de rendre hommage à ceux "qui ne sont plus là pour témoigner de cette époque". A l'occasion des commémorations du centenaire de l'armistice, certaines pièces seront présentes le 11 novembre à Sainte-Maure-de-Touraine, mais aussi du samedi 10 au lundi 12 à Berthenay.