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A Saint-Romain-en-Gal, les restaurateurs de mosaïques livrent leurs secrets

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Par , France Bleu Isère
Saint-Romain-en-Gal, France

Outre ses salles d'exposition, le musée gallo-romain de Saint-Romain en Gal dispose dans son sous-sol d’un vaste atelier de restauration de mosaïques. Des visites guidées y sont parfois proposées. C'était le cas le 3 mai dernier.

Un travail minutieux, ici sur une mosaïque médiévale
Un travail minutieux, ici sur une mosaïque médiévale © Radio France - Jacky Page

C’est un atelier situé sous le musée, mais éclairé par de larges baies vitrées. Un bon éclairage est indispensable quand on réalise un travail aussi minutieux que la restauration de mosaïques deux fois millénaires. L’atelier couvre plusieurs centaines de mètres carrés, il est prolongé par un entrepôt où sont stockées les œuvres en attente de restauration, et celles qui l’ont été et vont rejoindre un musée.

Christophe Laporte, restaurateur et conservateur montre trois petites mosaïques, qui avaient été trouvées à Vienne, avaient appartenu à des particuliers avant d’être acquises par le Louvre. Le célèbre musée a confié à l’atelier le soin de reprendre leur restauration, réalisées à une époque où l’on n’hésitait pas à poncer vigoureusement les tesselles pour leur rendre leur éclat. Un traitement susceptible de briser certaines parties fragiles, et notamment les tesselles en pâte de verre, qui ne supportent pas ce type de traitement. Aujourd’hui, la restauration est plus douce, un nettoyage à la vapeur, un grattage au bistouri des concrétions calcaires parasites, et plus question de remplacer les parties manquantes. Un simple enduit à la chaux vient combler les lacunes.

Quand l'industrie aéronautique profite aux restaurateurs

Marion Hayes est installée à même le sol, à genoux. Elle travaille sur une petite mosaïque médiévale représentant deux poissons. Un élément décoratif inspiré des signes du zodiaque, en provenance de l’abbaye Saint Bertin, à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais. Elle applique au pinceau une colle au dos de la mosaïque, étape qui précède la fixation du motif sur un nouveau support, une structure en nid d’abeille en aluminium, ultra résistante à la compression, facile à découper, imputrescible et ininflammable. Un matériau conçu à l’origine pour l’industrie aéronautique. Il présente aussi l’avantage d’être ultraléger, de sorte que les pièces restaurées peuvent être déplacées facilement dans un musée.

Des oeuvres d'une finesse remarquable, ici sur une partie d'un sol de 40 mètres carrés, trouvé à Aix-en-Provence
Des oeuvres d'une finesse remarquable, ici sur une partie d'un sol de 40 mètres carrés, trouvé à Aix-en-Provence © Radio France - Jacky Page

Armé d’une marteline, un marteau tranchant, Christophe Laporte fait aux visiteurs une démonstration de taille de tesselles, avec divers types de pierres. Leurs coloris divers offraient aux artisans d’autrefois une palette dont les plus habiles savaient user à merveille pour donner à leurs œuvres des ombres, une impression de relief, des détails dont la perfection a traversé les siècles. Christophe Laporte désigne un grand motif de salle à manger d’une villa romaine, présentant une alternance de monstres marins et de natures mortes exécutées avec une maîtrise remarquable.

Un savoir-faire reconnu

Plus loin, un grand Neptune sur son char, de la même période, en provenance de Besançon, a été réalisé par des artisans moins inspirés. « Les spécialistes pensent que l’équipe qui a réalisé ce grand panneau n’était pas formée aux grandes scènes, ce qui expliquerait la disgrâce de la figure de Neptune ». Le restaurateur jette un regard critique sur cette mosaïque : « le torse est complètement raté, les mains sont foireuses, et la tête, on n’en parle pas ».

Avant d’arriver à l’atelier, ces mosaïques ont été déposées sur leur site d’origine, suivant une technique désormais bien au point. Une toile est fixée sur le sol à l’aide d’une colle qui ne dégrade pas l’œuvre et pourra s’enlever facilement à l’alcool. Puis des barres plates enfoncées sous la couche de fixation des tesselles les décollent de la dalle en béton. L’ œuvre fixée à l’envers sur la toile est ensuite soit découpée en plaques en suivant les alignements de tesselles, soit roulée comme un tapis.

Le savoir-faire de l’atelier de Saint-Romain en Gal est aujourd’hui reconnu dans toute la France. Il lui arrive aussi de travailler sur des commandes à l’étranger. De grandes caisses contiennent un pavement ottoman du XVIIe siècle, restauré pour le Louvre d’Abou Dhabi qui doit ouvrir cette année.

Si l'art de la mosaïque vous inspire, sachez que le musée de Saint-Romain en Gal propose des ateliers d'initiation.

Saint-Romain-en-Gal, dans le Rhône, et Vienne, en Isère
Saint-Romain-en-Gal, dans le Rhône, et Vienne, en Isère © Radio France - Denis Souilla
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