Culture – Loisirs

Cinq oeuvres à voir à Paris pendant la YIA, "l'autre" foire d'art contemporain

Par Julien Baldacchino, France Bleu Paris vendredi 23 octobre 2015 à 5:00

L'oeuvre Red Tower de Nicolas Delay, au Crédit Municipal
L'oeuvre Red Tower de Nicolas Delay, au Crédit Municipal - Nicolas Delay / Galerie BS

Chaque année fin octobre, Paris devient la capitale de l'art contemporain, à l'occasion de la Fiac. L'occasion pour d'autres foires de proposer leur sélection d'artistes. Parmi elles, la YIA propose un parcours conçu par de jeunes (et originaux) artistes dans le Marais, jusqu'à dimanche.

Installée depuis l'an dernier au Carreau du Temple, près de la place de la République, la YIA (pour Young International Artists) est l'une des nombreuses foires alternatives qui se développent chaque mois d'octobre en parallèle de la Fiac (Foire internationale d'art contemporain), l'événement annuel qui attire le monde de l'art contemporain à Paris. 

Cette foire "dédiée à la scène émergente" selon son directeur Romain Tichit commence ce vendredi. C'est avant tout une foire, et comme toutes les foires, elle vise d'abord à mettre en relation des vendeurs (les galeristes qui défendent des artistes) et des acheteurs (les collectionneurs). 

Mais son directeur et fondateur promet aussi que l'événement est aussi accessible au grand public : de nombreux artistes sont présents sur place, au Carreau du Temple, pour parler de leur travail avec le public. "Beaucoup d'artistes sont présents, nous avons un noyau dur d'artistes amis qui font vivre le projet", explique Romain Tichit. 

Et surtout, la foire a conçu, en collaboration avec les musées et galeries du Marais, une balade dans les lieux phares de ce quartier à la découverte d'oeuvres d'art crées par les jeunes artistes de la YIA. Francebleu.fr vous a concocté une sélection des oeuvres les plus originales que vous pourrez trouver, ce week-end, en vous promenant dans les 3e et 4e arrondissements de la capitale.

Dans les jardins de l'hôtel de Béthune-Sully : bouteille ou nuage ?

A première vue, c'est un immense nuage posé au sol, léger, transparent et d'une forme indéfinie, comme un vrai cumulonimbus. Mais en y regardant de plus près, vous verrez qu'il est en réalité fait de plastique et percé de trous. C'est une sculpture monumentale de l'artiste Tatiana Wolska, réalisée à partir de bouteilles en plastique. Elle découpe, chauffe, sculpte et perce des bouteilles vides de Perrier ou de Badoit pour en faire ces étranges nuages.

L'une des oeuvres de Tatiana Wolska, créée à partir d'une bouteiille  - Aucun(e)
L'une des oeuvres de Tatiana Wolska, créée à partir d'une bouteiille - Gallery Feizi

Au Crédit municipal de Paris : la tour écarlate de Nicolas Delay

C'est un scénario digne d'un film catastrophe : imaginez une machine d'où, un jour, s'enfuient les circuits imprimés et les cartes-mères, un ordinateur qui prendrait le contrôle pour devenir agressif et dominer les humains. C'est ce que l'on peut lire dans cette oeuvre monumentale créée par Nicolas Delay, une tour rouge écarlate de plus de quatre mètres de haut composée de pièces récupérées dans des appareils électroniques, et qui jaillit du sol à travers une machine métallique. Inquiétant et impressionnant à la fois.

"Red Tower", de Nicolas Delay, au Crédit Municipal - Aucun(e)
"Red Tower", de Nicolas Delay, au Crédit Municipal - Nicolas Delay / Galerie BS

Aux Archives nationales : Nicolas Daubanes peint les prisons avec du métal

Pour réaliser ses toiles, le jeune artiste Nicolas Daubanes n'utilise pas de la peinture... mais du métal. Il effectue ses dessins grâce à de la poudre d'acier aimantée, qui donne une atmosphère métallique et anxiogène à ses tableaux, toujours en noir et blanc. Et cela colle parfaitement au thème de ses oeuvres : l'enfermement. Avec cette poudre de métal, Nicolas Daubanes représente des camps et des prisons.

"Saint Paul, entrée des cours disciplinaires, Lyon", de Nicolas Daubanes - Aucun(e)
"Saint Paul, entrée des cours disciplinaires, Lyon", de Nicolas Daubanes - Courtesy Galerie Maubert / Commissariat Christine Blanchet

Au musée national Picasso : les heures noires de l'histoire de l'art

Les toiles que présente Raphaël Denis dans ce parcours Hors les murs, au musée Picasso, seront toutes noires. Toutes, sans exception. Mais si visuellement, elles ne vous évoqueront pas grand chose, ces 90 toiles vides prêtent à réfléchir : 90, c'est aussi le nombre de toiles de Picasso qui ont été saisies par les nazis, pendant la seconde guerre mondiale, chez les grands collectionneurs d'art juifs. Une oeuvre chargée du poids de l'Histoire.

Les 90 toiles noires créées par Raphaël Denis au musée Picasso - Aucun(e)
Les 90 toiles noires créées par Raphaël Denis au musée Picasso - Raphaël Denis / Galerie Stator

Une performance de Rachel Marks à la mairie du 3e arrondissement

Si vous n'avez jamais vu de performance d'art contemporain, cet événement organisé dans le parcours Hors les murs peut être l'occasion de vous y initier. Loin des performances extrêmes ou difficiles à appréhender, les travaux de l'artiste américaine Rachel Marks font preuve de poésie et d'émotion. On ne sait pas exactement ce que proposera l'artiste lors de cette performance, vendredi à 17h30, sinon que l'objet central sera un numéro du journal Le Parisien du jour de sa naissance, le 22 décembre 1986.

L'une des précédentes performances de Rachel Marks, "Life Ain't Fair" - Aucun(e)
L'une des précédentes performances de Rachel Marks, "Life Ain't Fair" - Photo Romain Darnaud / courtesy La GAD / 22 Visconti