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Culture – Loisirs

Starmania, 40 ans de succès - Les coulisses de l'opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon

mercredi 10 avril 2019 à 17:11 Par Yannick Boréan, France Bleu

Il y a 40 ans, le 10 avril 1979, était jouée la première de Starmania. Le journaliste François Alquier, spécialiste de la comédie musicale, revient sur les coulisses de la conception du spectacle, entre talent, compétitions et conflits.

À la lecture de L'aventure Starmania de François Alquier, on peut se demander si la préparation de cet opéra-rock ne s'apparente pas à un univers impitoyable où se mêlent conflits d'egos, guéguerres vocales, pleurs, drames en tout genre... 

Luc Plamondon séquestré

Nous sommes au printemps 1977. Michel Berger et Luc Plamondon se retrouvent dans une maison du Cap d'Antibes pour travailler sur ce qui deviendra Starmania. Deux conceptions du travail se confrontent. Michel Berger est studieux et travaille beaucoup. Luc Plamondon, quant à lui, aime jouir de la vie. Michel Berger s'agace et décide de prendre une mesure radicale. C'est décidé, il va enfermer Luc Plamondon dans son bureau et il n'en ressortira qu'après avoir écrit une chanson. 

La méthode porte ses fruits. Dans son isolement, Luc Plamondon ébauche ces paroles : "On dort les uns contre les autres, on se comprend, on se console...". Ainsi est écrit Les Uns contre les autres, le plus grand succès de Starmania.

Pas de star, pas de spectacle

Il n'était pas prévu à l'origine de Starmania que des stars de la chanson fassent partie du casting. Pour Michel Berger et Luc Plamondon, les chansons se suffisaient à elles-mêmes. Seulement, les gens de la maison de disques Warner souhaitaient qu'il y ait un nom connu pour porter le disque et le spectacle. En résumé, pas de star, pas d'argent.

Le nom de France Gall arrive assez rapidement dans les conversations. Compagne de Michel Berger, elle est très populaire, numéro un dans les charts et surtout elle est chez Warner. Elle sera Cristal, l'animatrice vedette de l'émission Starmania.

Luc Plamondon se dit qu'il peut, lui aussi, proposer sa chanteuse vedette : Diane Dufresne. Elle jouera le rôle de Stella Spotlight, une star de cinéma dépressive n'acceptant pas son vieillissement.

Le commandant France Gall

France Gall se considère comme la "femme du patron" et ne souhaite pas s'astreindre aux mêmes obligations que les autres artistes. Non, elle n’assistera pas à toutes les répétitions. 

Ce comportement ne plaît pas et il n'est pas rare de lire des graffitis peu élogieux dans les loges. Daniel Balavoine, qui est très ami avec France Gall, a du mal à accepter cette attitude et l'appelle "le commandant France Gall"

Une guéguerre vocale

À l'origine du projet, Luc Plamondon souhaite avoir dans le casting le même nombre de chanteurs français et québécois. Deux nationalités, deux façons de travailler. Les tensions ne sont pas rares. 

Diane Dufresne, féroce, ne ménage pas Daniel Balavoine, bien au contraire. Elle le rabaisse en lui disant qu'il chante beaucoup moins bien qu'elle. Ces joutes incessantes amènent Daniel Balavoine à douter et un soir, Fabienne Thibeault le surprend pleurant dans sa loge. Un doute l'habite : est-il vrai que les Français chantent moins bien que les Québécois ?

Viré trois jours avant la première

Michel Berger et Luc Plamondon décident de s'entourer des meilleurs et le metteur-en-scène ne déroge pas à la règle. Tom O'Horgan est une légende dans le monde de la comédie musicale. Il a notamment à son actif Jesus Christ Superstar et Hair. Une fois encore le choc des cultures génère des tensions lors des répétions. À cela s'ajoute une relation conflictuelle avec son petit-ami suite à des coucheries au sein de l'équipe.

L'ambiance délétère pousse Michel Berger et Luc Plamondon à se séparer du metteur-en-scène trois jours avant la première. Il est remplacé au pied levé par Francis Morane.

Et pour la petite histoire...

La deuxième version de Starmania en 1988 a un fan très célèbre : le président François Mitterrand. Il se rend en catimini au Théâtre de Paris pour assister à quelques représentations. 

À l'occasion de l'une de ses venues, il arrive en retard et rate le début du spectacle et notamment la chanson "Travesti" interprétée par Wenta. Il se rend en coulisse et croise Wenta à qui il présente ses excuses pour son retard. Vexée, elle lui en tient rigueur. François Mitterrand tombe sous le charme de cette impertinence et de cette fougue. Il demande à Michel Berger de la rencontrer. 

Elle accepte l'invitation et le chef de l'Etat lui fait part de son intérêt pour elle. Elle décline ses avances. Il ne lui en tient pas rigueur. Ils continuent à se voir à l'Elysée et deviennent amis. Jusqu'à la mort de François Mitterrand, ils continueront à s'écrire et à se voir.