Culture – Loisirs

À Strasbourg, des Alsaciens tentent de se qualifier au championnat de France de poker

Par Olivia Cohen, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass dimanche 24 janvier 2016 à 10:30

En tout, quatre Alsaciens iront en finale à Paris fin février
En tout, quatre Alsaciens iront en finale à Paris fin février © Radio France - Olivia Cohen

Sur les 240 candidats alsaciens qui se présentent pour les qualifications du championnat de France de poker amateur, ce week-end, à Strasbourg, seuls 4 seront sélectionnés pour aller en finale, à Paris, de fin février à début mars prochain.

Pour tenter de se qualifier à la finale du championnat de France de poker amateur, 240 Alsaciens se relaient ce week-end aux tables de jeu installées pavillon Joséphine, dans le parc de l'Orangerie...

Seuls les quatre meilleurs empocheront leur ticket pour la finale, qui se déroule du 26 février au 8 mars prochain, à Paris. Avec, à la clé pour les gagnants du championnat, la coquette somme de 500.000 euros à se partager, dont 100.000 euros pour celui qui grimpera sur la première marche du podium.

En attendant, pendant ce week-end de qualification à Strasbourg, l'ambiance est conviviale et bon enfant : rien à voir avec les clichés de la scène de poker au cinéma, repaire de mafieux et de gros cigares, comme dans "Casino Royale", où James Bond affronte le méchant.

Retour sur les clichés associés au poker

Le poker, c'est pour les feignants, du moins, ce n'est pas du sport ! "Pas du tout, un tournoi, ça dure longtemps et c'est éprouvant", répond l'Alsacien Alexandre Roos, fondateur de la société qui parraine le championnat. "C'est très physique, car il faut pouvoir rester concentrer, assis à une table, pendant huit heures de tournoi. Beaucoup de joueurs professionnels sont de grands sportifs, avec préparateur physique et coach mental."

Parmi les joueurs alsaciens, Alexandre Roos a repéré un talent prometteur : Eric, 50 ans, déjà qualifié pour la finale à Paris, et qui explique que non, le poker, ce n'est pas forcément ruineux et addictif : "Pour éviter de tomber dans le piège niveau argent, je me suis fixé des limites. Ma règle, c'est de jouer seulement avec l'argent pris aux adversaires. J'ai commencé avec des tournois gratuits, et à force de victoires, j'ai amassé une jolie somme que je réinvestis." Eric, manager dans la vie de tous les jours, garde les pieds sur terre : _"C'est simplement un loisir que j'adore, qui passe après mon épouse et ma vie de famille."

Une passion communicative, qu'Eric a transmise à sa collègue Rachel, l'une des trois seules femmes présentes sur les 120 candidats du samedi : "Quand j'ai vu à quel point Eric et nos collègues s'éclataient, je me suis laissée tenter. Depuis, je suis accroc, j'y passe en moyenne vingt heures par semaine. Alors, ça semble une passion plutôt masculine, mais de plus en plus de femmes s'y mettent."_

Sur 120 candidats samedi, seulement 3 femmes, dont Rachel - Radio France
Sur 120 candidats samedi, seulement 3 femmes, dont Rachel © Radio France - Olivia Cohen

"Plus sympa de jouer en vrai qu'en ligne sur Internet !"

Rachel a été éliminée, mais peu importe : "Je suis contente d'avoir participé. C'est plus sympa de faire des parties en groupe dans la vraie vie, que jouer au poker en ligne sur Internet. Ici, on rigole !" Eric acquiesce : "Quand on est un joueur expérimenté, on peut observer les réactions de ses partenaires. En ligne, c'est impossible, et c'est frustrant !"

Eric a son ticket pour la finale parisienne, il a hâte de se mesurer à des professionnels : "Le poker, c'est le seul sport où tu peux rencontrer tes idoles et te confronter à des joueurs de haut niveau. En football, ça n'arriverait pas."

Reportage entre les tables de poker, au parc de l'Orangerie à Strasbourg

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