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Culture – Loisirs

Terre de Cévennes : la bête du Gévaudan passe à l'attaque (1/3)

jeudi 18 octobre 2018 à 16:00 Par Saïd Makhloufi, France Bleu Gard Lozère

Pour les vacances de Toussaint, Terre de Cévennes vous emmène sur les traces de la bête du Gévaudan. Dans le premier épisode la bête passe à l’attaque.

Sur les traces de la bête du Gévaudan
Sur les traces de la bête du Gévaudan © Maxppp - FRANCK FOUQUET

Lozère, France

La Bête du Gévaudan est un animal légendaire qui a fait une centaine de victimes (morts ou blessés) dans la région du Gévaudan, aujourd'hui la Lozère. Les faits se sont déroulés sous le règne de Louis XV, entre 1764 et 1767. La bête du Gévaudan a provoqué une véritable psychose pendant trois longues années en Lozère. Saïd Makhloufi vous raconte l’histoire sanglante d’un animal inconnu, qui a attaqué des dizaines de Lozériens.

 Illustration de la bête du Gévaudan avec la 1ère victime  - Radio France
Illustration de la bête du Gévaudan avec la 1ère victime © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Ceci est une histoire vraie, elle a pour cadre le Gévaudan, notre actuelle Lozère. Nous sommes au milieu du 18e siècle. L’hiver se termine à peine, les temps sont difficiles. Comme partout ailleurs dans la campagne, la nourriture se fait rare et les bras, tous les bras, les enfants, les femmes sont mobilisés pour travailler les récoltes. Les enfants trop jeunes pour manier la fourche se voient confier la garde des troupeaux. À cette époque, garder les moutons n’était pas très difficile, beaucoup moins qu’aujourd’hui, il fallait tout de même se méfier du loup qui au 18e siècle est partout. Les petits bergers n’avaient pas peur du loup, mais un jour, tout changea.

Une fillette qui vivait non loin de Langogne, Jeanne Boulet, fut tuée par une bête féroce. Jeanne Boulet est la première victime de la bête du Gévaudan. Nous sommes en 1764 et pour la première fois, la bête sévit en territoire Gévaudan, Bernard Soulier est spécialiste de la bête du Gévaudan, il a écrit deux livres sur le sujet.

"Jeanne Boulet avait 14 ans, elle a été dévorée par la bête dans le village de Saint-Etienne de Lugdares près de Langogne. Il existe très peu de documents sur elle. Le seul document, un acte de décès se trouve dans les registres paroissiaux de l’église du village où elle a été tuée. L’acte de décès précise bien qu’elle a été dévorée par la bête du Gévaudan le 1er juillet 1764."

Ce document, nous l’avons retrouvé dans le village où a été tuée la première victime de la bête du Gévaudan : Saint-Étienne de Lugdares, à la limite de la Lozère et de l’Ardèche. C’est ici que vit toujours la famille Boulet, depuis des générations.

Jeanne Boulet est la 1ère victime de la bête du Gévaudan, elle a été dévorée par la bête dans le village de Saint-Etienne de Lugdares. - Radio France
Jeanne Boulet est la 1ère victime de la bête du Gévaudan, elle a été dévorée par la bête dans le village de Saint-Etienne de Lugdares. © Radio France - SAID MAKHLOUFI
Les descendants de Jeanne Boulet, 1er victime de la bête du Gévaudan   - Radio France
Les descendants de Jeanne Boulet, 1er victime de la bête du Gévaudan © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Son arrière arrière-arrière-petite-fille qui s’appelle Jeannie Boulet garde bien précieusement un document cher à la famille retrouvé dans les registres paroissiaux : "C’est un document cher à la famille qui raconte l’histoire de notre ancêtre. Oui, j’y tiens et ça renforce l’idée que la bête du Gévaudan a bien existé." Quelques jours après la mort de Jeanne Boulet, la bête attaque de nouveau : une fillette dans le Mas Méjean, un petit garçon à Chaudeyrac, un autre à Saint-Flour. C’est le début d’une longue série qui plonge le pays Gévaudan dans les ténèbres.

Bernard Soulier est spécialiste de la bête du Gévaudan : "au début des attaques, les gens pensent à un loup, ce sont les témoignages de l’époque qui le précisent. On rapporte que la bête ressemble à un loup, un gros et grand loup, mais avec quelque chose de différent du loup. La bête avait des dents énormes, une raie noire sur le dos, des pattes avant plus courtes que les pattes arrières et une très grande agressivité."

La bête attaque principalement femmes et enfants. Les paysans n’ont pas de quoi se défendre et encore moins de quoi traquer la bête. On appela du renfort. Le 3 novembre 1764, 56 dragons. Des troupes d’hommes armés, habitués à manier le fusil, arrivent à Mende en Lozère. Leur capitaine est Monsieur Duhamel. Des mois durant, Duhamel organisa de grandes chasses, de grandes battues pour traquer la bête, mais sans succès.

Bernard Soulier est spécialiste de la bête du Gévaudan : "Le capitaine Duhamel a une idée pour attraper la bête. Il remarque qu’elle n’attaque que les femmes et les enfants, il décide alors de déguiser ses soldats en femmes pour attirer la bête. Le groupe de soldats déguisés en femmes part arme à la main sur les traces de la bête du Gévaudan, mais le plan ne fonctionne pas du tout."

Face à ce nouvel échec, le capitaine Duhamel décide d’engager de gros moyens, en plus de ces hommes, il mobilise tous les paysans du Gévaudan pour une grande battue. Mais qui alors va s’occuper des champs, des récoltes ? Les habitants ne sont pas vraiment emballés par l’idée, et après tout, le roi a envoyé des soldats alors, que chacun fasse son travail.

Illustration des paysans qui prennent les armes pour combattre la bête du Gévaudan  - Radio France
Illustration des paysans qui prennent les armes pour combattre la bête du Gévaudan © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Les paysans n’ont pas le choix, ils reçoivent l’ordre de rejoindre les troupes du capitaine Duhamel. La stratégie du capitaine Duhamel est en place. Le 7 février 1765, le capitaine Duhamel a mobilisé les hommes de 78 paroisses du Gévaudan, 30 d’Auvergne et 20 du Rouergue. Au total, 27.000 paysans sur les traces de la bête. Le temps est froid, l’hiver glacial. En regroupant les paysans, les soldats, les chasseurs et chevaliers attirés par la récompense offerte à celui qui tuerait la bête, près de 40.000 hommes traquent la bête du Gévaudan.

Ce jour-là, on voit la bête, elle est même tirée, mais elle réussit à gagner les rives de la Truyère. Ce côté n’était pas gardé par les habitants du Malzieu alors qu’ils auraient dû y être. Malgré des milliers d’hommes sur le terrain, la battue est échec. Bernard Soulier, spécialiste de la bête du Gévaudan : "Ça ne fonctionnera pas, la stratégie de Duhamel n’est encore une fois pas la bonne. Ce jour-là, des loups sont tués et même beaucoup, mais pas la bête du Gévaudan". 

L’échec est total pour le capitaine Duhamel. L’homme a tout fait pour tuer la bête, en vain. Le voilà obligé de passer la main à Monsieur Denval, un chasseur de loups arrivé tout droit de Normandie à la fin de l’hiver 1765. Pendant ce temps ,la bête, elle, sème encore et toujours la terreur au pays du Gévaudan. 

Terre de Cévennes Hors-Série Conte et Légende Episode 1 : La bête du Gévaudan : L’attaque

La suite de cette histoire fantastique la semaine prochaine avec le deuxième épisode, "La bête du Gévaudan, une punition divine". Terre de Cévennes, c’est tous les samedis et dimanches à 12h06 sur France Bleu Gard Lozère et sur Francebleu.fr.