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Culture – Loisirs

Terre de Cévennes : La bête du Gévaudan, la fin de la traque (3/3)

lundi 5 novembre 2018 à 16:05 Par Saïd Makhloufi, France Bleu Gard Lozère

Pour les vacances de Toussaint, Terre de Cévennes vous emmène sur les traces de la bête du Gévaudan. Dans le dernier épisode,la bête du Gévaudan va être tuée.

Sur les traces de la bête du Gévaudan
Sur les traces de la bête du Gévaudan © Maxppp - FRANCK FOUQUET

Lozère, France

La bête du Gévaudan est un animal légendaire qui a fait une centaine de victimes (morts ou blessés) dans la région du Gévaudan, aujourd'hui la Lozère. Les faits se sont déroulés sous le règne de Louis XV, entre 1764 et 1767. La bête du Gévaudan a provoqué une véritable psychose pendant trois longues années en Lozère. Saïd Makhloufi vous raconte l’histoire sanglante d’un animal inconnu, qui a attaqué des dizaines de Lozériens. Dans ce troisième et dernier épisode la bête du Gévaudan va être tuée.

Le 7 août 1765  Antoine de Beauterne, lieutenant général des chasses de sa majesté Louis XV, arrive au pays du Gévaudan. Sa mission, tuer la bête qui sévit depuis plus d’un an maintenant. Avec lui, Antoine de Beauterne a emmené les meilleurs chasseurs du roi. Les poursuites et les battues recommencent au pays du Gévaudan.

Bernard Soulier spécialiste de la bête du Gévaudan : "En 1765, Antoine de Beauterne arrive et il ne tue rien. Il commence à se faire du souci, il a reçu l’ordre du roi de tuer la bête. Le 20 septembre de la même année, une battue est organisée du côté de la Baissière-Sainte-Marie. On lui signale des attaques de loups dans ce secteur. Il envoi sur place un de ses soldats qui constate des traces de pas d’un grand loup. Il décide d’une battue dans ce secteur et dans cette battue, Antoine de Beauterne va tuer un grand loup."

Le 22 septembre 1765 la nouvelle parcourt tout le Gévaudan, la bête est morte. Antoine de Beauterne devient officiellement l’homme qui tua la bête du Gévaudan. Les villageois fêtent ça comme il se doit, la vie va pouvoir reprendre, mais dans les jours qui vont suivre, certains vont émettre des doutes. 

Antoine de Beauterne aurait-il manipulé l’opinion pour empocher la récompense et pour éviter la colère du roi ? Et si Antoine de Beauterne avait simplement tué un loup ? Un gros loup certes, mais un loup tout de même. Les doutes de la population vont très vite se confirmer : Antoine de Beauterne n’a pas tué la bête du Gévaudan. Le 4 mars 1766 à 6h du matin, Jean Bergougnoux, âgé de 9 ans, conduit les vaches à l’abreuvoir non loin de sa maison du Mont-Mouchet. La bête l’enlève et l’emporte dans les bois. C'est la première nouvelle attaque d’une longue série.

Illustration de la bête du Gévaudan au village du Malzieu dans le nord Lozère  - Radio France
Illustration de la bête du Gévaudan au village du Malzieu dans le nord Lozère © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Bernard Soulier : "Les attaques vont reprendre maispour les autorités, la bête est morte, Antoine de Beauterne a envoyé à la cour de Versailles le loup qu’il avait tué pour être naturalisé. Le roi l’a vu et il a dit "la bête est morte les récompenses ont été distribuées". C’est une affaire terminée."

Livrés à eux même, les paysans s’arment comme ils le peuvent. Quelques gentilhommes prennent la tête des chasses et organisent les battues. La traque continue, un hiver puis un été et encore un hiver. Bernard Soulier : "Nous sommes en 1766, les victimes de la bête se multiplient. L’année 1767 est encore pire avec des attaques de la bête qui se multiplie. Et là on a un chasseur du pays qui s’appelle le Marquis d’Apcher qui décide de reprendre les chasses. Il part avec une dizaine de chasseurs du pays, principalement des paysans, pour traquer la bête. Parmi les paysans il y a un certain Jean Chastel."

Le 17 juin 1767, une jeune fille est attaquée au fond d’une vallée par la bête du Gévaudan. Le marquis et ses chasseurs dont Jean Chastel se rendent sur place. Et c’est ce jour-là que la bête du Gévaudan va être tuée par Jean Chastel. Avant d’en arriver là, il prépare au mieux cette mission. Il est bon chasseur et est même considéré comme l’un des meilleurs de la région. Très croyant, très pieux, avant de partir à la chasse, Jean Chastel fait bénir trois balles en même temps que son fusil.

 Illustration de jean Chastel qui tue la bête du Gévaudan  - Radio France
Illustration de jean Chastel qui tue la bête du Gévaudan © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Bernard Soulier : "Cette fois c’est sûr, la bête est morte. Après ça, il n’y a plus eu d’attaque ni de victime. C’est ce qui me fait dire que ce jour-là Jean Chastel a bien tué la bête du Gévaudan. Et puis une fois que cette bête a été tuée, ils n’ont pas dit "on a tué un loup", ils ont tous dit "on a tué la bête du Gévaudan". Ils ont constaté que c’était bien la bête que tous les témoins décrivaient."

La bête a été autopsiée et un procès-verbal a été rédigé. Dans ce texte, on peut lire que la bête a bien été tuée par Jean Chastel. Le procès-verbal a été rédigé par le marquis d’Apcher : "Si l’on regarde cet animal par l’arrière, il ressemble à un loup mais si on le regarde par devant, il ne s’agit clairement plus d’un loup. La bête a 42 dents."

La bête est morte, la nouvelle se répand, c’est grâce à Chastel et à son fusil béni, chantent les enfants dans les campagnes. La vie reprend tout doucement au pays du Gévaudan. Jean Chastel fera tout pour être reconnu comme l’homme qui tua la bête du Gévaudan. Si à Paris on ne veut rien entendre, au pays du Gévaudan le héros est tout trouvé. Le calme revenu, les petits bergers jouent à nouveau dehors. 

Après 3 années de terreur la bête du Gévaudan est morte  - Radio France
Après 3 années de terreur la bête du Gévaudan est morte © Radio France - SAID MAKHLOUFI

L’été 1767 se termine. La bête du Gévaudan n’est plus, mais le peuple n’oublie pas ses victimes, une centaine au total, et aujourd’hui encore, la bête du Gévaudan hante ces descendants. 

Terre de Cévennes : La bête du Gévaudan la fin de la traque (3/3)

Terre de Cévennes, c’est tous les samedis et dimanches à 12h06 sur France Bleu Gard Lozère et sur francebleu.fr.