Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Culture – Loisirs DOSSIER : Feria de Dax 2018

Toros : la saison des grandes ferias de Gascogne

mardi 8 mai 2018 à 17:39 Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne

Les beaux jours… ça sent la saison pleine… et les courses de toros en Gascogne, terre taurine. Première feria, Vic Fezensac pointe le bout des cornes. A partir du 19 mai prochain.

Juan Bautista, grands défis à Mont-de-Marsan et Dax
Juan Bautista, grands défis à Mont-de-Marsan et Dax © Maxppp - G Horcajuelo

Mont-de-Marsan, France

La Gascogne compte trois fêtes majeures et Vic ouvre le bal. Une feria dans la tradition du haut lieu gersois… avec en point d’orgue dans la culture typique de cette arène la corrida de Raso de Portillo, le plus ancien élevage au monde, dimanche 20 mai. Chacon, Nazare et Lamelas, affaire de belluaires pour cet "encierro" de Santa Coloma très attendu par les puristes du genre. Vic qui clôture avec la corrida de Pedraza de Yeltes. Une première. La ganaderia en pointe majeure ces dernière saisons, découverte par le garlinois a été portée au remarquable par Dax qui en a fait depuis trois ans l’un des points d’orgue de sa riche saison. Diaz, Luque et De Justo vont majorer encore l’affiche ultime.

Bien sûr Vic reste et demeure avec aussi la corrida concours du dimanche matin. Très ouverte. Lopez Chavez inconstatable chef de lidia, Pepe Moral qui vient de signer forte faena devant les Miura de Séville, et le jeune Tomas Campos que les mimizannais avaient opportunément fait valoir. Vic, terre de Gascogne,  inaugure son cycle par la novillada de Retamar et par une "desafio ganadero" encore autour du Santa Coloma  par opposition goûteuse entre Valdellàn et Los Maños. Du sel, du poivre et du piment, Vic qui tout en réorientant sa proposition redonne du goût à sa feria depuis une tierce de temporadas et qui renoue avec le soutien populaire.

Vic, cathédrale du toro- tor - Maxppp
Vic, cathédrale du toro- tor © Maxppp - S Lapeyrere
Le Plumaçon, temple doré - Maxppp
Le Plumaçon, temple doré © Maxppp - P Bats

La Madeleine suivra du 18 au 22 juillet. La commission taurine et les prestataires ont voulu imaginer des histoires dans la feria. L’on verra au final si celles-ci ont séduit le public montois. Deux mano a mano donc le premier sur Garcigrande, le second sur Nuñez del Cuvillo. Peu d’originalité quant au  bétail mais on rêve oppositions harmonieuses de styles. El Juli et Juan Bautista sur le premier. Ponce-Castella sur le deuxième. Qu’attendre de cela ? Un mano a mano peut être mou du bulbe, décevant ou tonitruant. Comme tout ce qui relève de la tauromachie et de ses incertitudes. Ces deux doubles confrontations ont empêché la participation deux toreros supplémentaires. Mais le défi est réel, l’idée gourmande et c’est toujours à la fin du comice que l’on compte les bouses.

L’hommage à Padilla. Convenu mais légitime. Le jerezano est dans sa tournée d’adieu. Il a grosse cote auprès du public le moins aficionado mais le plus populaire, et le cartel qui lui associe Roca Rey et Talavante devant des jandilla est monté de manière à satisfaire tout le monde à priori et à garnir les rangs… sera-ce le cas dans cette corrida très hétérogène ? La course la plus attendue par les aficionados est sans conteste la corrida du vendredi avec les toros de La Quinta. Juan Bautista avait l’an dernier coupé la première queue du Plumaçon depuis 1972, il est le seul torero répété dans la feria et partage l’affiche avec Emilio De Justo et Thomas Dufau.

Et puis il y a ce final avec une très encornée course de Dolores Aguirre pour Chacon, et Juan Leal, belle inspiration que d’inclure l’arlésien de Séville à la feria, et le 3è larron qui va sortir du cycle des corridas dures de Madrid. L’affaire montoise est audacieuse mais fragile. Le Plumaçon a retrouvé des couleurs ces dernières saisons et entend bien chanter encore. Mais gaffe aux fausses notes ! 

Dax, arène capitale - Maxppp
Dax, arène capitale © Maxppp - D Le Roy

Feria de Dax et Toros y salsa

Dax comme d’habitude offre deux tournées, une en août l’autre en septembre. Dax est arène capitale on le sait, date merveilleuse en plein été, arène joyau dans un cadre incomparable dans tout le sud-ouest taurin. Dax jouit de cette réputation de fête large mais aussi de tauromachie emballante et brillante qui se renouvelle. Il n y a pas eu que de succès dans les arènes du parc Théodore-Denis certes mais force est de constater que  depuis des décennies chaque temporada peu ou prou a offert son lot de fortes et réelles émotions. Depuis les années fastes de Manzanares père ou d’Ojeda en passant par Rincon et Ponce, sans oublier la corrida historique des Samuel Flores. Dax se valorise par ses deux temps forts de la saison française.  L’ouverture cet été est classique avec Padilla, Roca Rey et Manzanares.

Le deuxième cartel est bien plus novateur et à notre goût pertinent avec Castella entouré de Gines Marin qui a fait belle saison l’an dernier et n’a que 21 ans, et Jesus Enrique Colombo, qui fut "novillero puntero" et que les dacquois ont eu la bonne idée d’inviter lui qui a pris l’alternative en novembre à Lima et n’aura 21 ans qu’en septembre. Rafaellilo, Luque et Emilio de Justo sur les Pedraza de yeltes. C’est affaire  légitime pour la quatrième corrida des grands Domecq. Pedraza ce sont les plus fortes émotions des temporadas passées question bétail dans tout le sud-ouest. Et ce cartel est fabriqué pour valoriser la ganaderia qui est en train de devenir la tête de gondole de la feria.

Le 15 août, Dax ferme avec une forte course d’Ana Romero pour Dufau, Del Alamo et un troisième  à désigner. Course pertinente là encore. Mais le joyau dans l’écrin dacquois c’est incontestablement ce qui à nos yeux constitue l’une des plus belles affiche de l’année. Et le défi le plus authentiquement taurin comme seul jusqu’à présent les dacquois ont su monter, en dehors de Nîmes. Juan  Bautista s’enferme avec six toros de six ganaderias différentes et pas des moindres : Victorino Martin, Pedraza, La Quinta, Jandilla, La Dehesilla et Montalvo ! Excusez du peu, formidables confrontations à venir. Respect absolu aussi d’un matador majeur et cadeau somptueux à une arène qui sait savourer ce genre de panache rare. Et coup de chapeau à la commission taurine dacquoise qui a su convaincre l’arlésien.

Enfin "Toros y salsa", les Victorino Martin avec un cartel goûteux, Diaz, De Justo, matador qui fait deux paseos dacquois et le jeune Jose Garrido en pleine ascension. Clôture le 9 septembre, Pince, Talavante et l’alternative  d’El Adoureño, novillero originaire de Nogaro formé à l’école taurine de Richard Milian. Enormissime responsabilités pour le jeune gersois face à deux monstres sacrés de la tauromachie mondiale. Dax brille sur le papier glacé de son offrande généreuse. Reste évidemment à confirmer. 

Quoi qu’il en soit dans sa grande diversité de propositions et de bétail le sud-ouest des trois grandes ferias apporte une fois encore du nectar au banquet taurin. Il est temps de se mettre à table !