Culture – Loisirs

"Toros y vino" à Vic-Fezensac ce dimanche

Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne lundi 21 septembre 2015 à 10:38

Vic-Fezensac, depuis l’année dernière, en son jour de St Mathieu fête votive, célèbre conjointement le toro et la gastronomie gasconne en conclusion de la saison.

Journée "Toros y vino", on mange, on boit du vin de terroir, le matin "capea", le soir novillada. Moitié d’arène sous grand ciel d’azur. Le cartel ce dimanche : un trio latino-américain inédit, le vénézuélien Manuel Vanegas, lequel coupe la seule oreille de la course, le colombien Guillermo Valencia et le péruvien Joaquin Galdos. Les novillos de Granier remplaçaient les Hoyo de la Gitana initialement prévus. Course compliquée au mérite des trois novilleros.

Fidèles à eux-mêmes les vicquois avaient choisi Hoyo de la Gitana, ganaderia remarquable et remarquée lors de ses passages précédents en 2002, 2005 et 2006. D’origine Santa Coloma mâtinée de Buendia ces toros sont dans l’archétype de ce que Vic aime depuis presque cent ans. Le trio à pied, lui, était inédit. Dans sa présentation. C’est en effet la première fois que Vic offre une "terna" totalement latino-américaine : le vénézuélien Manuel Vanegas, 22 ans, a été excellent cet été, à Carcassonne deux oreilles devant les Miura, idem à Lunel face aux Valdefresno, triomphe à Vauvert avec les Pilar. Guillermo Valencia, le très jeune colombien s’est imposé merveilleusement en août à Parentis devant l’admirable et exigeante corrida de Los Maños. 

Quant à Joaquin Galdos il est la révélation de la temporada. Le péruvien est magique. Pas encore vingt ans, un talent rare. Le natif de Lima avait déjà réalisé une campagne 2014 de haut niveau pour sa présentation en Europe et en France, c’était à St Gilles-du-Gard où il avait coupé quatre oreilles aux Blohorn. Cette saison il a mis tout le monde d’accord en s’imposant quasiment partout et surtout devant tous les bétails, des Pedraza de Garlin aux Parralejo de Dax en passant par Séville, Rieumes, encore Garlin, Hagetmau et les La Quinta, Millas ou Roquefort.

Changement d’élévage

Envoyez l’image précieuse. Les grands éclats des ébats d’un soleil d’automne qui fait croire en un encore été possible. Sur les coteaux de Chalosse, Vic, depuis un an, donc, a décidé de s’enivrer d’une dernière offrande aux toros. Belle journée que "Toros y vino" où le porc noir de Bigorre côtoie l’oie du Gers et les cornus de Salamanque. Lesquels ont fait défaut. Impropres au combat, boiteux, frappés d’un mystérieux mal les Hoyo de la Gitana, initialement prévus, ont été remplacés à la bourre dans la nuit de samedi à dimanche par des Granier venus de Camargue de même origine. Un lot qui s’est révélé pour moitié hétérogène en présentation, plutôt mauvais, assurément méchant. Pour une autre moitié un course belle et massive et corpulente. Compliquée aussi mais avec des arguments.

Vingt rencontres au cheval au total qui ne sont pas toutes des piques de bravoure, loin s’en faut, et deux picadors en exergue, sans surprise deux des meilleurs du moment, le castillan Curro Sanchez et le camarguais Gabin Rehabi. Les trois novilleros, eux, s’en sont vus. Et tant mieux, car ils ont par leur vertueuse entremise apporté à Vic leur fraicheur et leur incandescente détermination. Dans leur style chacun, Manuel Vanegas qui coupe le seul trophée du jour, Guillermo Valencia et Joaquin Galdos ont récité le credo de la tauromachie sincère, engagée, authentique. Les absents ont eu bien tort. Vic est belle et forte citadelle aux saveurs précieuses en veille de premier jour d’automne.

Dernier rendez-vous taurin de la saison dans le sud-ouest, dimanche prochain à St Sever. Evènement avec la corrida "goyesque" pour un mano a mano Juan Bautista – Thomas Dufau devant les toros de Victorino Martin.