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Dossier : Coronavirus Covid-19

Tourisme à Bordeaux : la Cité du vin s'inquiète du moyen terme

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Par , France Bleu Gironde

Ouverte il y a quatre ans, forte de plus de 400 000 visiteurs annuels, la Cité du Vin est frappée de plein fouet par la crise du Covid. Et selon son directeur Philippe Massol, elle va mettre plus longtemps que d'autres sites touristiques à se relever car sa clientèle est mondiale. Interview.

La Cité du Vin, l'un des incontournables du tourisme à Bordeaux.
La Cité du Vin, l'un des incontournables du tourisme à Bordeaux. © Maxppp - Maxppp

France Bleu : votre sentiment sur le plan tourisme annoncé par le Premier Ministre ?

Philippe Massol : Ces annonces sont significatives et montent l’importance que le gouvernement prête au tourisme. Il y a de gros efforts qui peuvent nous aider à passer ce cap très difficile mais qui ne résolvent pas la relance notamment pour des sites comme la Cité du Vin  qui comptent beaucoup de visiteurs étrangers dans leur fréquentation. Notre grand questionnement c’est de savoir quand on pourra retrouver une fréquentation identique à celle qu’on avait auparavant et qui nous permettait d’être à l’équilibre. 

Ce n’est donc pas suffisant ? 

On ne peut pas tout attendre de notre gouvernement dans cette crise sans précédent.  On va enregistrer de très grosses pertes d’exploitation. Ça veut dire que si on arrive à passer le cap, c’est qu’on aura fait des emprunts, tapé dans nos réserves ou fait les deux probablement. Mais pour ensuite rembourser l’emprunt, il faut qu’on dégage des résultats et donc retrouver une activité normale. Et à l'échelle de la planète parce que nos visiteurs viennent du monde entier.  

Il y a des activités qui vont probablement retrouver rapidement une vitesse de croisière mais pour celles qui, comme nous, comptent une partie importante de leur clientèle qui vient de l’étranger, ce ne sera pas le cas (...) Se pose donc le problème réel de la rentabilité de notre activité.

La Cité du Vin devra donc attendre que l’épidémie ait complètement disparu ?  

Quand on discute avec les professionnels du tourisme et ceux qui vendent du voyage, on entend des retours à la normale en 2022, 2023. On est sur des échéances qui sont longues. Du coup, la question c’est ce moyen terme. Le court terme, le gouvernement essaie de le gérer le mieux possible avec des aides importantes. Il y a des activités qui vont probablement retrouver rapidement une vitesse de croisière mais pour celles qui, comme nous, comptent une partie importante de leur clientèle qui vient de l’étranger, ce ne sera pas le cas.  

Une clientèle étrangère qui vient de plus de 170 pays et représente plus de la moitié de votre fréquentation ? 

Sur l’année 2020, ce devait être 55%. Mais sur juillet 2019, c’était 65%. Sur le mois de juillet où j’espère on aura pu rouvrir, si vous enlevez 65% d’étrangers et la moitié de ce qui reste parce que les touristes ne vont pas se déplacer tout de suite, je vous laisse faire le calcul. On passe d’un mois de juillet à près de 40 000 visiteurs à moins de 10 000 cette année. Se pose donc le problème réel de la rentabilité de notre activité. 

La Cité du Vin s'apprête à plus digitaliser ses contenus et à s'exporter.
La Cité du Vin s'apprête à plus digitaliser ses contenus et à s'exporter. © Maxppp - Maxppp

Si les Français restent en France cet été, ça peut compenser ?

On l’espère mais on ne l’a pas modélisé parce que ce n’est pas certain. Même si on va tout faire pour rassurer les visiteurs qui viendraient, on reste un site fermé. Aujourd’hui, les Français rêvent plutôt de montagne, de mer, de campagne. J’aimerais que les Français se disent que c’est l’occasion de découvrir le patrimoine qu’est le vin.  

La baisse de la fréquentation va-t-elle avoir une influence sur la gestion de votre personnel ? 

C’est forcément une préoccupation extrêmement importante. Nous sommes actuellement aidés par l’annonce de la prolongation de l’activité partielle qui pourrait aller jusqu’à la fin de l’année. Ça nous laisse un certain nombre de mois pour réfléchir à ce sujet. La Cité du Vin, c’est quand même 200 emplois directs.  

Regarder comment on peut de manière différente toucher un public plus nombreux parce qu'il se peut que des incidents comme celui-là fassent que du jour au lendemain, il n’y ait plus de visiteurs qui viennent ici.  Rééquilibrer les choses. Faire un peu moins à la Cité du Vin et un peu plus, ailleurs, sous l’égide de la Fondation.

Vous êtes un jeune site touristique. Quels enseignements allez-vous tirer de cette crise ? 

Ça nous amène surtout à nous poser des questions sur ce qu’on va faire évoluer. Trouver des solutions pour qu’en cas de nouveau problème, on puisse s’adapter. Jusqu’à présent, on a beaucoup fonctionné avec la Cité du Vin. Aujourd’hui la Fondation réfléchit pour avoir des contenus digitalisés plus importants. On pourra imaginer qu’on ait des modules sur notre site internet. On va aussi réfléchir à nos expositions temporaires qui devront de manière quasi-certaine être itinérantes pour faire cette promotion de la Cité du Vin ailleurs dans le monde.  Regarder comment on peut de manière différente toucher un public plus nombreux parce qu'il se peut que des incidents comme celui-là fassent que du jour au lendemain, il n’y ait plus de visiteurs qui viennent ici.  Rééquilibrer les choses. Faire un peu moins à la Cité du vin et un peu plus, ailleurs, sous l’égide de la Fondation. 

A la réouverture, le billet d’entrée sera-t-il plus cher ? 

Non, ce n’est pas prévu. On a ouvert la Cité du vin avec un billet plein tarif à 20 euros. On sait que ce tarif est un peu élevé pour une partie de la clientèle. Aujourd’hui, on n’a pas prévu d’augmenter notre billet d’entrée. 

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