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A Saint-Sulpice-le-Dunois, des habitants travaillent sur le patois marchois

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Des habitants de Saint-Sulpice-le-Dunois se sont réunis pour travailler sur le "parler marchois", dans le cadre d'une étude linguistique du CNRS.

L'un des questionnaires fournis par le CNRS
L'un des questionnaires fournis par le CNRS © Radio France - Céline Autin

"Le gratte-cul de l'églantier ... tiens, comment on dit ça déjà ?" Devant sa grille de mots, Odette est perplexe. Elle cherche l'équivalent en patois marchois du fruit de l'églantier. "On passe", décide-t-elle après un moment de flottement. Dans la salle des fêtes de Saint-Sulpice-le-Dunois (Creuse), huit habitants se sont réunis à l'initiative d'un bénévole, Pascal Fournioux, pour répondre à une grille établie par le CNRS.

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Cette grille se présente selon un système d'équivalence : à chaque mot français, les bénévoles doivent retrouver l'équivalent patois et le retranscrire phonétiquement. Animaux, végétaux, parties du corps et aliments : le questionnaire du CNRS est très complet sur les noms ; les bénévoles pourront aussi s'attaquer aux pronoms et à la conjugaison du parler marchois s'ils le souhaitent.

A chaque mot français son équivalent marchois ... ou presque ! © Radio France - Céline Autin

Un travail de retranscription difficile

"Le plus compliqué c'est de passer de l'oral à l'écrit", confie Pascal Fournioux. "Le patois n'est justement pas destiné à être écrit !" D'autant plus qu'il existe de multiples variantes du parler marchois, selon le lieu où l'on habite : "d'un village à l'autre, ça peut changer, bien sûr !" sourit Odette. "Moi je ne suis pas de Saint-Sulpice-le-Dunois même, et j'utilise des mots un peu différents".

Poisson, c'est pesson ou pessou, selon d'où l'on est.  Roger, participant au groupe de travail

Le groupe de travail de Saint-Sulpice-le-Dunois © Radio France - Céline Autin

Un temps d'échange et de transmission

Dans les deux groupes, les anecdotes et les souvenirs vont bon train : "On n'a pas besoin de se forcer pour parler patois, parce que nos parents nous parlaient tout le temps patois. On n'a jamais appris le français." explique Roger. "Maintenant ... ça se perd un peu. Mes propres enfants ne savent pas parler le patois, et avec mes voisins, je parle français, parce que j'ai l'habitude."

La huppe, on l'appelait tupu, parce que l'oiseau faisait sa niche avec de la bouse de vache. Non mais c'est vrai ! Michel, habitant de Saint-Sulpice-le-Dunois.

Participer à l'enquête du CNRS, c'est aussi préserver ces histoires locales : "On parle de reconnaissance culturelle pour ce parler", souligne Pascal Fournioux.  "On espère faire connaître notre territoire par ce biais. L'objectif c'est vraiment de pouvoir en faire un état des lieux, et puis peut-être de transmettre le parler marchois à d'autres générations."

Une étude du CNRS sur le long cours

Le patois marchois concerne toute une frange nord du Massif central, en forme de croissant :

Le croissant marchois est une" zone tampon" entre langue d'occ et d'oil. Capture d'écran et copyright : https://atlas.limsi.fr/ - Céline Autin

Le groupe de travail de Saint-Sulpice-le-Dunois n'est pas le seul chez nous à remplir ces questionnaires : à Crozant ou à Fursac sont aussi menées des enquêtes dans le cadre du projet "Les parlers du Croissant" .

Le 15 et le 16 mars prochain sont organisées à Montluçon les Deuxièmes Rencontres sur les Parlers du Croissant.

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