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Culture – Loisirs

Un club de foot du Pas-de-Calais bientôt privé de terrain et de subventions

lundi 11 février 2019 à 18:23 Par Maxime Bacquié, France Bleu Nord

C'est un club historique de la commune de Grenay, dans le Pas-de-Calais, qui va peut-être disparaître en fin de saison. Fondé par des mineurs il y a une quarantaine d'années, le CSL est dans le collimateur du maire de la commune, qui veut supprimer toutes les subventions du club. Explications.

Le CSL n'aura plus accès au stade Fauvergue à partir du 31 mai.
Le CSL n'aura plus accès au stade Fauvergue à partir du 31 mai. © Radio France - Maxime Bacquié

Grenay, France

L'origine du problème remonte à début octobre sur le terrain synthétique Arthur Fauvergue, que partagent deux clubs de la commune de Grenay (7 000 habitants), l'Avant-Garde (AGG) et le Cercle Scolaire Laïque (CSL). Un soir, l'entraînement d'une équipe de jeunes de l'AGG déborde de 20 minutes et le long du terrain, les joueurs du CSL, qui doivent prendre la suite, s'impatientent. Deux joueurs notamment, qui ne sont pas licenciés au club mais qui devaient s'entraîner ce soir-là avec le CSL, insultent les jeunes joueurs qui finissent leur entraînement. Le président de l'AGG prend la défense de ses licenciés et s'emporte contre l'entraîneur du CSL, Jean-Jacques Alliot. Les mots sont violents et Jean-Jacques Alliot décide de porter plainte. "Il m'a menacé de mort," témoigne l'entraîneur. 

"Il frappait avec son poing dans son autre main. Il me menaçait moi et ma famille."

La plainte est donc déposée auprès de la gendarmerie la plus proche du domicile de Jean-Jacques Alliot. Pour apaiser les tensions, le maire de la commune Christian Champiré décide alors de réunir les protagonistes. Le 19 octobre, le président de l'AGG, le maire de Grenay et huit membres du CSL, dont l'entraîneur, le président et cinq joueurs, se retrouvent pour discuter. Un des joueurs du CSL s'excuse pour les insultes prononcées ce soir-là. Le président de l'AGG accepte les excuses et Jean-Jacques Alliot s'engage lors de cette réunion à retirer sa plainte

C'est sur ce terrain que l'altercation a eu lieu début octobre - Radio France
C'est sur ce terrain que l'altercation a eu lieu début octobre © Radio France - Maxime Bacquié

L'histoire aurait pu en rester là. Sauf qu'il y a quelques jours, le président de l'AGG est convoqué au commissariat et le maire de Grenay comprend donc que la plainte n'a pas été retirée. Il voit rouge et décide en conséquence de stopper toutes les subventions au club à partir de la fin de la saison et d'interdire l'accès au terrain. "C'est une question de respect," assure Christian Champiré. "Le maire est responsable de ce qui se passe sur les terrains de foot de sa commune et je ne veux pas être porté responsable pour un club qui ne me fait pas confiance."

Le maire de Grenay explique pourquoi il stoppe les subventions au CSL

Jean-Jacques Alliot reconnait qu'il s'était engagé le 19 octobre dernier à retirer cette plainte, mais qu'il avait pris cet engagement sous la pression. "Après deux heures d'échanges difficiles, j'ai fini par dire au maire ce qu'il voulait entendre. Mais je n'ai jamais eu l'intention de retirer la plainte. J'ai quatre enfants, je dois protéger ma famille avant tout. J'ai peur de ce qui peut m'arriver. Je dors très mal depuis cette altercation. 

Aujourd'hui c'est moi la victime et on veut me faire passer pour le bourreau, je ne comprend pas.

Et puis le club n'a rien à voir avec cette histoire, c'est ma personne qui est visée, c'est moi que ça regarde, pas le club. S'il le faut je démissionnerai pour que mes joueurs puissent continuer à s'entraîner. Mais je ne retirerai pas ma plainte."

L'entraîneur du CSL assure avoir pris l'engagement de retirer sa plainte sous la pression

Pour le maire, l'engagement pris par l'entraîneur devant sept autres membres du CSL engage la responsabilité de tout le club. "Personne n'est venu me voir depuis trois mois pour me signaler que la plainte n'avait pas été retirée. J'ai croisé plusieurs fois le président du CSL, Eugène Alliot (le père de l'entraîneur, NDLR), qui me disait que tout allait bien."

La confiance est rompue et je ne reviendrai pas sur ma décision."

Aujourd'hui, la quarantaine de licenciés de ce club fondé par des communistes et des mineurs il y a une quarantaine d'années risque donc de se retrouver sur le carreau en fin de saison. "Je tiens mes engagements, ils peuvent s'entraîner jusqu'au 31 mai, mais après c'est fini," confirme Christian Champiré. 

Le capitaine du club Eddy Delille est donc très inquiet. "On ne comprend pas comment une altercation entre deux hommes peut prendre de telles proportions. Je joue au CSL depuis six ans et il n'y avait jamais eu de problème. On a même remporté la coupe du Fair-Play la saison dernière."

Pour alerter sur leur situation, les joueurs du CSL se sont donc retrouvés dimanche dernier devant la mairie de Grenay, sur les pavés, pour un entraînement improvisé et viennent de lancer une pétition.