Culture – Loisirs

Un deltaplane du sportif de l'extrême dijonnais Jean-Marc Boivin entre au musée du Bourget

Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne lundi 26 décembre 2016 à 18:38

Jean-Marc Boivin atterrit avec son deltaplane, au terme de son record de juillet 1985
Jean-Marc Boivin atterrit avec son deltaplane, au terme de son record de juillet 1985 - Collection Jean-Marc Boivin

Le musée de l'air et de l'espace du Bourget va s'enrichir d'une nouvelle pièce : une aile delta avec laquelle le pionnier dijonnais des sports extrêmes, Jean-Marc Boivin, avait battu le 14 juillet 1985 le record du monde de saut en deltaplane en altitude.

Jean-Marc Boivin était né à Dijon, mais c’est dans les régions montagneuses qu’il avait trouvé sa voie, ou plutôt ses voies, car ce sportif accompli aimait skier, escalader les parois les plus vertigineuses, et s’élancer dans les airs en parapente ou aile delta. Il avait été d’ailleurs l’un des pionniers de ces sports extrêmes, et avait enchaîné les records dans les années 80.

C’est ainsi que le 14 juillet 1985, après avoir gravi le Gasherbrum II, un sommet de 8035 mètres au Pakistan, Jean-Marc Boivin était redescendu en aile delta. Record du monde battu pour ce type d’exploit.

Une aile delta pliante ultra-légère

Pour y parvenir, il avait fait réaliser par la société Tecma installée en Haute-Savoie, une aile pliante ultra légère de 16 kilos, là où d’ordinaire, il fallait compter une trentaine de kilos. Composée de matériaux sophistiqués et résistants, kevlar, tissu Mylar, vis en titane, l’aile se repliait pour ne plus mesurer que deux mètres. Mais escalader une montagne en portant sur son dos un tel engin n’était tout de même pas une partie de plaisir.

Jean-Marc Boivin avait trouvé la mort le 17 février 1990, à l’âge de 38 ans, au cours d'un saut en BASE jump au Venezuela.

Françoise Boivin à côté du portrait de Jean-Marc, possède de nombreux équipements lui ayant servi pour ses exploits, comme ces skis. - Radio France
Françoise Boivin à côté du portrait de Jean-Marc, possède de nombreux équipements lui ayant servi pour ses exploits, comme ces skis. © Radio France - Jacky Page

A Fontaine-les-Dijon, sa veuve, Françoise, vit au milieu des souvenirs de son intrépide compagnon. 8.000 photos, des articles de presse, des gants, des chaussures, des skis, des fourrures polaires, et donc des parapentes et autres ailes delta. Dont celle du record de juillet 1985, qui a intéressé le musée de l’air et de l’espace du Bourget. Françoise Boivin est heureuse que cet engin puisse rejoindre les collections du célèbre musée. Lequel convoite également le parapente avec lequel Jean-Marc Boivin avait sauté depuis le toit du monde, l’Everest, une première mondiale réalisée en 1988. Mais chaque chose en son temps.