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Un documentaire tourné à Lacoste ravive une ancienne fracture

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Par , , France Bleu Vaucluse

A Lacoste se joue depuis vingt ans, une guerre contre l'abus de droit de propriété. Un ancien habitant sort aujourd'hui au cinéma, un documentaire sur l'histoire de ce village racheté par un couturier multi-millionnaire : "Cyril contre Goliath".

Le village de Lacoste
Le village de Lacoste - HOCQUELA-VPA

Un documentaire tourné à Lacoste dans le Luberon sort au cinéma ce mercredi 9 septembre. Le film d'une heure 26 minutes ravive de nombreux souvenirs et surtout de nombreuses blessures sur place. "Cyril contre Goliath " fait revivre cinq années de luttes mouvementées dans ce petit village de 400 âmes dans le sud du Vaucluse. Un village ou le célèbre couturier Pierre Cardin est devenu propriétaire en quelques années d'au moins une trentaine de maisons, un château, une épicerie, un bar et un hôtel. 

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Pour Anne, habitante de Lacoste depuis 40 ans, l'histoire de Pierre Cardin était presque de l'histoire ancienne. Si dans les années 2000, le village s'est fracturé entre les pro et les anti-Cardin, Anne l'assure : "ça n'a jamais empêché Lacoste de vivre." Dans un livre ("Du côté de chez Sade"), elle raconte l'arrivée de Pierre Cardin : "il a commencé par acheter le château. Je ne pense pas qu'au départ, il pensait racheter le village, mais comme il a été très mal accueilli, il a racheté le bar de Sade, puis une maison, puis deux, puis dix. Toutes les semaines, on disait 'tiens, Cardin a acheté une maison'."

Pourtant, il n'y a pas que le riche couturier qui s'accapare les bâtiments de Lacoste. Une université d'art américaine rachète aussi, depuis les années 1970, des maisons. Jacques, un Lacostois, a l'impression d'être "une minorité coincée entre deux acquéreurs... deux prédateurs. À eux deux, ils détiennent les deux tiers du village." 

Mais alors pourquoi seul Pierre Cardin reçoit-il la colère des villageois ? Pour Frédéric et Anne tout serait une histoire de personne et de comportement. "Il est arrivé en conquérant et ne s'en est pas caché, alors que l'école américaine, ça s'est fait petit à petit" explique Frédéric. "Pour lui on était les petites gens, on n'avait rien compris. D'ailleurs, il le dit lui même dans le documentaire : ils n'ont pas compris qui j'étais. Il est persuadé d'avoir sauvé le village" rajoute Anne.

"Une maison qui en valait 300.000 euros, il en proposait un million." Anna, Lacostoise

Mais le maire actuel, Mathias Haultmann, qui faisait déjà partie du Conseil municipal en 2001, tient à faire la part des choses. "On ne pouvait rien faire, on n'avait aucun moyen de le stopper. Acheter une maison, il a le droit. Il y avait beaucoup de monde qui partait à l'époque donc il a aussi acheté des maisons vides, des vieilles fermes. Et comme il achetait avec des prix au-dessus du marché, les habitants ont vendu des biens qu'ils n'auraient jamais pu vendre autrement." Anna précise qu'il proposait trois fois le prix demandé, "personne ne peut résister à cette tentation".

En 2001, une association de lutte contre l'achat compulsif de Pierre Cardin s'est montée. Jacques en fait toujours partie. Il avait peur que le documentaire fasse l'éloge du millionnaire. "Ce qu'on lui reproche, ce n'est pas d'avoir acheté, c'est d'avoir fait l'abus. En vingt ans, il a rouvert un bar et une boulangerie..."  même constat pour Frédéric : "Ce n'est pas l'homme en lui-même qu'on dénonce, c'est le système qu'il représente."

Le documentaire sort en salle dès ce mercredi, 9 septembre. Une séance avec l'équipe de tournage est prévue à l'Utopia, le 15 septembre.

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