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Culture – Loisirs

Un photographe syrien réfugié à Orléans témoigne de la vie dans les camps

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Par , France Bleu Orléans

Le Théâtre d'Orléans accueille une exposition de photographies, à l'initiative d'un collectif de citoyens de Bou, dans l'agglomération d'Orléans. Celles d'un jeune photographe syrien, Manar Bilal, réfugié en France depuis un an

Manar Bilal a photographié les enfants du camp de Zaatari en Jordanie
Manar Bilal a photographié les enfants du camp de Zaatari en Jordanie - ©Manar Bilal

Orléans, France

Manar Bilal était étudiant en géographie à Damas quand la révolution syrienne a commencé. C'est à ce moment-là qu'il a découvert sa vocation de photographe. "Prendre des photos, filmer la révolution, c'était une façon de témoigner et de participer". Pour ces raisons, le jeune syrien doit quitter son pays, en 2013. Il se retrouve alors dans le camp de Zaatari, en Jordanie, l'un des plus gros camps de réfugiés syriens, ils sont 80 000 dans le camp, "et autant dans la ville elle-même" précise Manar Bilal. "Et les conditions de vie sont très difficiles" ajoute le photographe. "Là-bas c'est le désert, l'hiver c'est particulièrement difficile".

"Il y a des barbelés même à l'intérieur du camp" raconte Manar Bilal - Aucun(e)
"Il y a des barbelés même à l'intérieur du camp" raconte Manar Bilal - ©Manar Bilal

Etre privé d'éducation, c'est aussi dangereux que d'être privé d'eau, de nourriture, ou d'un toit. Dans ces camps les enfants travaillent, j'en ai vu beaucoup qui travaillaient en permanence et qui n'allaient pas à l'école, c'est quelque chose d'horrible selon moi

Pendant trois ans, Manar Bilal photographie la vie de ce camp, ce sont ces photographies qui sont exposées jusqu'au 7 février 2017 au Théâtre d'Orléans. Des photos d'enfants, pour la plupart, car c'est à eux qu'il s'est intéressé. "J'ai été bénévole dans ce camp, j'ai essayé de les aider. Parce que le plus dur, c'est que ces enfants ne vont pas à l'école. Il y a des écoles dans le camp de Zaatari, mais pas assez pour tous ces enfants. Dans des classes prévues pour trente élèves, ils sont parfois jusqu'à cinquante. C'est horrible". C'est cette réalité-là que Manar Bilal veut montrer : "pour moi, être privé d'éducation, c'est aussi dangereux que d'être privé de nourriture, d'eau, ou d'un toit".

Un collectif de citoyens de Bou à l'origine de cette exposition

Le photographe propose donc sa première exposition photo en France. "C'est cela que je veux faire, maintenant, de la photo". Manar Bilal a été accueilli il y a un an à Bou, par un collectif de citoyens qui ont proposé leur aide, face à la guerre en Syrie. "C'était une façon d'agir" explique Philippe Gasnier, à l'origine de cette exposition. "Manar est arrivé il y a un, ensuite nous avons accueillie une femme syrienne, avec sa fille, des réfugiés qui sont pris en charge par l'ambassade de France, parce qu'ils sont directement menacés". Manar, lui, vient d'obtenir le statut de réfugié, sa carte de séjour est prête, elle l'attend à la préfecture du Loiret.

"Great expectations" exposition photo au Théâtre d'Orléans du 12 janvier au 7 février. Le travail de Manar Bilal est à découvrir sur manarbilal.com