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Culture – Loisirs

Une classe "cinéma" unique en Bourgogne au collège de Charny

mardi 8 mai 2018 à 18:05 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre et France Bleu

Le collège des Cinq-Rivières de Charny (Yonne), est le seul établissement de Bourgogne - Franche Comté à proposer une classe à horaires aménagés cinéma (Chac). Les élèves y apprennent l’histoire, les techniques du cinéma et plus encore.

Après le tournage, les élèves passent au montage de leur court-métrage.
Après le tournage, les élèves passent au montage de leur court-métrage. © Radio France - Delphine Martin

Charny, France

Une quarantaine d'élèves de quatrième et de troisième du collège de Charny participent à la classe à horaires aménagés cinéma. Un dispositif unique dans l’Yonne, unique dans l’académie de Dijon et même dans toute la région Bourgogne-Franche Comté. Les élèves qui y participent, tous volontaires, ont souvent suivi une première initiation au cinéma en sixième et en cinquième. "On essaie vraiment de donner le goût du cinéma à tous les élèves de l’établissement, et pas seulement à ceux qui sont dans la classe cinéma", explique Thierry Mura, le professeur qui pilote le dispositif.

Trois heures de cours de cinéma par semaine et un court métrage

Cette classe à horaires aménagés cinéma permet aux élèves de bénéficier, chaque semaine, de trois heures de cours sur le cinéma. Ils étudient l’histoire du septième art, les films et les réalisateurs. Ils apprennent à analyser des scènes ou des œuvres. Ils passent aussi à la pratique, grâce à la création d’un court-métrage.

Cette année, le film de la classe de troisième (qui n’a pas encore de titre), parle de la rivalité entre deux scientifiques, dans les années 50. "Avec un coup de théâtre à la fin", nous promettent les jeunes, qui ont tout fait eux-mêmes sur ce projet : l’écriture, l’adaptation pour le cinéma, le tournage, les effets spéciaux.

Le tournage du court métrage a duré deux jours. - Aucun(e)
Le tournage du court métrage a duré deux jours. - Eugène Bailliet, collège de Charny

Culture générale et solidarité

Après un tournage intense de deux jours, les élèves en sont à la partie cruciale du montage : Jeanne et Logan s’occupent de sélectionner les scènes les plus réussies : "Il faut choisir les bons plans et les mettre dans le bon ordre, car on n'a pas forcément tourné en suivant la logique de l'histoire", expliquent les deux jeunes.

Dans une autre salle, un petit groupe de filles cherche un titre pour l’œuvre. Pour le moment, pas de consensus. En tout cas les Noélie et Marie aiment ce projet : "Moi, j'aime beaucoup écrire et tourner. Et j'aime encore plus analyser les films" dit l'une. "Après le tournage, j'aime bien le sentiment qu'on a : on est fier et en même temps, on appréhende un peu le montage", ajoute l'autre.

"Les tournages, ça rapproche. Il n'y a plus de conflits" - Axel, collégien

Axel, 14 ans, est l’un des préposés au générique de fin. Il a aussi été acteur dans le film. Et il est ravi de cette expérience : "Personnellement, ma partie préférée, c'est le tournage. Il y a une sensation particulière. Et puis le montage est aussi une partie que j'aime beaucoup, on voit vraiment le travail fourni". 

L'adolescent estime aussi que ce projet lui a apporté plein de choses qui vont au-delà des techniques du cinéma : "je pense que ça apporte de la culture. Après, on ne regarde plus les films de la même manière. Par exemple, on sait détailler des choix faits par un réalisateur, ou des artifices techniques comme les lumières. Et puis il y a la solidarité ! Les tournages, ça rapproche. Il n'y a plus de conflits car on est réuni autour d'un même projet qui nous intéresse ».

Un enseignement qui va au-delà du cinéma

Les professeurs sont d’accord : cet enseignement permet aussi aux élèves d'apprendre à travailler en groupe, de gagner en autonomie et en maturité. "On développe beaucoup le travail en groupe. Ça se fait autour d'un projet, donc il faut que tout le monde y mette du sien. Chacun  a sa place, chacun a un rôle à respecter. En terme d'autonomie et d'écoute des autres, je constate des progrès", souligne Daria Ghionghios, professeur de français et de cinéma.

Au total, 5 enseignants du collège des Cinq Rivières de Charny participent à ces classes cinéma. Les élèves peuvent aussi visiter et travailler avec les équipes de la cinémathèque française, à Paris, partenaire du projet.  

"ça leur permet d'être plus à l'aise à l'oral, et plus critiques vis à vis des images" - Thierry Mura, professeur

Au-delà du cinéma, c’est une invitation à l’analyse des images qui font le quotidien de ces jeunes : "On a régulièrement des échanges, autour de ce qu'ils voient au cinéma ou à la télévision et ça leur permet d'être plus critiques vis à vis des images. Ils remarquent les fautes de raccord, par exemple. Mais ça peut aller plus loin , ils se rendent compte aussi parfois de l'entourloupe de certains montages qui font passer des messages", précise Thierry Mura, professeur en sciences physiques, et responsable de ces classes à horaire aménagés cinéma.

La version finale de ce court métrage de 8 minutes sera présenté au festival de courts-métrages scolaires de l’Yonne, le 7 juin 2018 au Cinéma d’Auxerre.

Le reportage de Delphine Martin