Culture – Loisirs

Une école de manga ouvre à Toulouse

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse et France Bleu lundi 29 août 2016 à 6:53

Chiharu Nakashima, prof de manga, et Claire Pélier la directrice de l'EIMA.
Chiharu Nakashima, prof de manga, et Claire Pélier la directrice de l'EIMA. © Radio France - Bénédicte Dupont

L'Ecole Internationale du Manga et de l'Animation ouvre ses portes ce mercredi à Toulouse. Avec Paris et Angoulême, elle dispense la seule formation professionnelle en manga de France. La Ville Rose devient même l'un des passages obligés des amateurs de manga et plus largement, de culture japonaise.

Tous ceux qui ne gravitent pas autour de cette planète ne s'en sont pas aperçus, mais ces dernières années, Toulouse est devenue l'une des places fortes du manga en France. C'est la deuxième ville de France où il s'en vend le plus, derrière Paris. Le manga est une bande dessinée japonaise sur support papier, noir-et-blanc majoritairement ou couleur, avec ses codes de narration propres, qui la différencient de la BD franco-belge. Le manga s'appuie notamment sur son personnage principal qui vieillit, évolue, peut mourir contrairement à Astérix ou Tintin qui n'évoluent pas dans leur vie.

Le reportage à l'école de manga de Toulouse de Bénédicte Dupont

Une BD sur deux vendue en France est un manga. - Radio France
Une BD sur deux vendue en France est un manga. © Radio France - Bénédicte Dupont

L'EIMA, installée à Compans-Caffarelli, s'adresse à ceux qui veulent devenir "mangaka", dessinateur de manga, via le cursus "Manga et Illustration" avec une formation professionnelle ouverte à tous quelque soit le niveau scolaire, dès 16 ans. À Paris et Angoulême, les trois autres écoles misent moins sur la professionnalisation. La formation dure trois ans (plus une année en cas de classe préparatoire), pour un coût de 6.000 euros l'année, soit 18.000 euros les trois ans, 21.600 euros avec classe préparatoire. Trente élèves, âgés majoritairement entre 18 et 25 ans, font leur rentrée ce mercredi 31 août.

La plupart des élèves ne viennent pas de Toulouse. Lisa, 24 ans, originaire de Ramonville est une exception. Elle a dû abandonner ses études de vétérinaire pour des raisons de santé. "Je vais souvent dans la rue Sainte-Ursule, à Toulouse pour retrouver la communauté manga, car il y a plusieurs librairies et des vendeurs de goodies japonais."

Les éditeurs sont friands de mangas français, on travaille avec de grosses maisons d'édition comme la branche manga de Glénat ou Kana qui attendent nos élèves à la sortie. Les Français sont très côtés au Japon, à l'image de Tony Valente, un Toulousain, le premier dessinateur manga français traduit en japonais. — Claire Pélier, la directrice de l'EIMA

Le cursus dure trois à quatre ans. - Radio France
Le cursus dure trois à quatre ans. © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse et le Japon, une longue histoire d'amour

Toulouse a toujours eu un lien assez fort avec le Japon, les premières associations se sont montées il y a 25-30 ans. Les propres parents de Claire Pélier, la directrice de l'EIMA, sont d'ailleurs les premiers à avoir monter un restaurant japonais avec un maître-cuisinier nippon, à la fin des années 80, rue de la Colombette, dans le centre de Toulouse.

Allez vous promener au Jardin Japonais juste à côté, vous verrez souvent des gens en lien avec l'univers manga, notamment le "cosplay", ces jeunes qui se déguisent en personnage manga. Et puis nous avons le Toulouse Game Show, le 2ème évènement manga le plus gros en France derrière la Japan Expo — Claire Pélier

L'école ouvre ce mercredi 31 août à Toulouse près du Jardin... Japonais ! - Radio France
L'école ouvre ce mercredi 31 août à Toulouse près du Jardin... Japonais ! © Radio France - Bénédicte Dupont

L'école dispense des cours de scénarisation, de colorisation, mais aussi de langue japonaise. Parmi ses enseignants, de grands noms du manga comme Chiharu Nakashima, elle-même mangaka et professeur de manga à l'université e Kobé au Japon. Elle s'est installée à Toulouse il y a deux ans.

Les Français ont une culture bande-dessinée, c'est évident. Mais je suis toujours très surprise de voir qu'ils veulent devenir mangaka. — Chiharu Nakashima, professeur de manga

Le premier mangaka français traduit en japonais, Tony Valente, est toulousain. - Radio France
Le premier mangaka français traduit en japonais, Tony Valente, est toulousain. © Radio France - Bénédicte Dupont

Attention, le profane serait tenté de faire un lien entre le manga et le phénomène Pokémon, raccourci inexact puisque Pokémon est à la base un jeu vidéo, ça n'a rien à voir avec le manga papier.

Partager sur :