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Culture – Loisirs

Une journée pour découvrir les secrets du clocher de l’église Saint-Rémi à Selongey

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Par , France Bleu Bourgogne

Ils ne sont pas toujours très accessibles, mais en ce lundi de Pentecôte, cinq clochers accueillaient le public en Côte-d'Or, dont celui de l’église Saint-Rémi, à Selongey. Il abrite un carillon de 48 cloches, l'un des plus importants de la région.

Nichée au cœur de Selongey, l'église Saint-Rémi
Nichée au cœur de Selongey, l'église Saint-Rémi © Radio France - Jacky Page

Selongey, France

On a pu, ce 10 juin, approcher au plus près les cloches, carillons et horloges de 5 églises du département, à Selongey, Moloy, Is-sur-Tille, Gemeaux, sans oublier la cathédrale Saint-Bénigne à Dijon. Organisée par le Conservatoire européen des cloches et horloges, cette journée a permis notamment de découvrir en action les 48 cloches du carillon de Selongey. 

Accessible, moyennant quelques efforts

Pour y accéder, il faut suivre les bénévoles de l’association Saint-Rémi, dans un étroit escalier en colimaçon pour commencer, puis traverser les combles de l’édifice, en se penchant pour passer sous la charpente, qu'on peut admirer au passage, avant d’arriver enfin au clocher. Là, il faut encore emprunter prudemment des échelles de meunier,  en haut desquelles on débouche dans le petit espace vitré où officie ce jour-là Chantal Bégeot, carillonneuse. Assise devant la console qui permet d’actionner l’instrument, elle explique aux visiteurs qu’il s’agit avec 48 cloches du deuxième carillon de la région, le premier, 63 cloches, étant installé à la cathédrale Saint-Bénigne à Dijon. Actionné à la main et au pied, le carillon est un peu comme un piano, dit-elle, en ajoutant que celui-ci est en la mineur, pas en do majeur, ce qui fait dire à sa fille, violoniste et pas vraiment adepte de l’art campanaire, que « les cloches sonnent toutes faux ». 

Pour accéder au clocher, il faut d'abord se faufiler sous la charpente de l'église - Radio France
Pour accéder au clocher, il faut d'abord se faufiler sous la charpente de l'église © Radio France - Jacky Page

Un carillon récent, fruit d'un mécénat

Une famille de visiteurs se présente en haut des marches. Sébastien, aujourd’hui quadragénaire, n’avait pas mis les pieds dans le clocher de sa commune depuis une visite qu’il y avait faite avec sa classe de CE2 en 1986. Il découvre les lieux d’un autre œil et d’une autre oreille. A l’époque, ce qu’il avait surtout retenu, c’était qu’il fallait se pencher en passant sous les poutres. Un parcours encore plus compliqué à présent qu’il est adulte. En tout cas, il est convaincu qu'il faut à tout prix sauvegarder ce précieux patrimoine.

Chantal Bégeot interprète une oeuvre pour carillon composée il y a deux siècles

Pendant que la fille de Sébastien, âgée de quatre ans, se bouche les oreilles, la carillonneuse se lance dans l’interprétation d’une œuvre pour carillon écrite il y a deux siècles.  Avec 48 cloches, il est possible de tout jouer. Et si cela est aujourd’hui possible, c’est grâce au mécénat de l’ancien patron de la société d'électroménager SEB, Frédéric Lescure. Aux trois cloches de volée sont venues s’ajouter d’abord 8 cloches en 1957, puis 6 de plus en 1968, 15 en 1976, et pour finir 16 autres en 1980. Au total, c’est un poids de métal de 7860 kilos que supporte le clocher.

Quelques unes de plus grosses cloches du carillon de Selongey - Radio France
Quelques unes de plus grosses cloches du carillon de Selongey © Radio France - Jacky Page

Une cloche à part, la "braillarde"

Il convient de ne pas oublier une 49e cloche, hors carillon, que l’on appelle la « braillarde ». Vestige du passé, elle avait une fonction bien précise, rappelle Raymond Brunot, bénévole de l’association Saint-Rémi : « c’est une cloche qui a un son très aigu et criard. On l’actionnait s’il y avait un incendie, un danger quelconque dans le village ». Quand les sirènes sont arrivées, bon nombre d’églises s’en sont débarrassées, mais pas celle de Selongey.

Si ce genre de découverte est possible, c'est parce que des bénévoles encadrent le public. Mais aussi parce que le clocher est accessible. C'est loin d'être toujours le cas, regrette Louis Hograindleur, référent en Côte-d'Or du Conservatoire européen des cloches et horloges, qui organise cette journée : « ça finit toujours par une échelle, et une échelle, ça n’est pas fait pour visiter comme ça. On essaie de travailler pour les rendre accessibles, donc faire faire des travaux aux mairies, pour qu’on puisse y accéder en toute sécurité ».

La plus vieille cloche répertoriée dans le département date de 1325. Ce n'est pas dans une église qu'on la trouve, mais dans un château, celui de Talmay.