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Culture – Loisirs

Versailles, ville de la musique électronique

mercredi 14 mars 2018 à 23:35 Par Adrien Toffolet, France Bleu Paris

Depuis des années, la ville est devenue une référence en matière de musique électronique aux yeux du monde entier. C'est de là que viennent Air, Phoenix, ou encore Etienne de Crecy. Pour faire vivre cet héritage culturel, Versailles organise à partir d'aujourd'hui le 2ème festival ElectroChic.

Saint Michel, en répétition à Versailles
Saint Michel, en répétition à Versailles © Radio France - Adrien Toffolet

Versailles, France

3ème étage de la Bibliothèque centrale de Versailles, située dans l’ancien Hôtel des Affaires étrangères de Louis XV. C'est là qu'un jeune versaillais a posé ses valises en 2014. Il s'appelle Philippe Thuillier, alias Saint Michel

Dans une grande pièce, il a entassé des instruments, des guitares, beaucoup de claviers, des ordinateurs. Bref, des objets qu'on imagine pas au milieu d'un décor d'époque. Ce drôle d'endroit lui a été mis à disposition et il lui a servi notamment, avec ses musiciens et musiciennes, de lieu de création de son dernier album d'électro-pop, The Two of Us.

"Un jour le directeur de la culture de la ville m'a écrit une lettre, se souvient Philippe Thuillier, il me disait "on est super content que vous existiez, après Air, Phoenix, toute la french touch... si on peut vous aider d'une manière ou d'une autre, on serait ravi de pouvoir vous accompagner". Du coup, je suis allé le voir et je lui ai dis qu'on avait besoin d'un petit local, et on s'est retrouvé dans un batiment historique et classé".

Des liens évidents

Une véritable chance pour n'importe quel groupe. "C'est clairement motivant. Je me rappelle quand j'étais plus jeune et que j'écoutais les disques. J'avais acheté les vinyles d'Etienne de Crecy et d'Alex Gopher et je trouvais ça génial. Je me disais que s'ils étaient du coin, c'était aussi possible pour moi, tout simplement", précise Philippe Thuillier. 

Mais le fait que cela arrive dans cette ville qui a vu naître beaucoup d'artistes électro n'est pas un hasard pour le maire de Versailles, François de Mazières : "la musique électronique a toujours été très présente à Versailles, et ça a commencé avec Jean-Michel Jarre !" Christine Palau, directrice de la culture de la communauté d'agglomération Versailles Grand Parc va plus loin : "le territoire de Versailles et des agglomérations autour a toujours été le berceau de la création contemporaine. Même sous Louis XIV, c'était de la création contemporaine. Les artistes sont très nombreux sur ce territoire et inventent la musique d'aujourd'hui et celle de demain."

Bref, il n'y a pas que Lully et la musique classique qui symbolisent Versailles. Les liens entre la ville et la création musicale, en particulier l'électro, sont évidents. "Il y a la musique baroque, reconnait François de Mazières, mais il y a aussi à travers notre conservatoire une capacité de formation de musiciens, qui ensuite, en fonction de leurs goûts personnels, vont s'exprimer dans tel ou tel domaine. La musique électronique, c'est une dimension importante de la musique dans notre ville, donc c'est assez naturel que dans Versailles où il y a une telle énergie créative, il y ait des musiciens qui s'y intéressent."

Mettre en avant le creuset historique

Pour la mairie, il est donc nécessaire d'accompagner les artistes, professionnels comme amateurs. Christine Palau : "Le festival ElectroChic est né, entre autres choses, de l'envie de la ville de Versailles de mettre en avant ce creuset historique électro que constitue le territoire, avec de très grands noms comme Air, Phoenix ou Etienne de Crecy qui sont originaires de Versailles et qui ont connu la carrière internationale dont on a tous entendu parler.

Un festival, des lieux de concerts, des lieux de résidence d'artistes mais aussi, des lieux de formation dès le plus jeune âge. Le conservatoire s'est adapté aux nouveaux publics. Et des jeunes en demande, il y en a de plus en plus constate Fabien Saussaye, professeur au Conservatoire de Jouy-en-Josas et coordinateur du département Musiques actuelles amplifiées : "la plupart ici viennent avec des goûts musicaux assez larges mais beaucoup plus portés sur l'électro qu'il y a 10 ou 15 ans. Donc dans les enseignements qu'on dispense, c'est quelque chose qui prend de plus en plus sa place."

Dans quelques années, les futurs grands de l'électro seront peut-être issus, contrairement à leurs ainés, du conservatoire. Le potentiel est là confirme Fabien Saussaye : "chez certains, il y a des choses qui sont déjà très intéressantes, des choix affirmés et des potentiels. Et on sait qu'un guitariste un jour va utiliser l'ordinateur comme un outil et puis finalement l'utiliser comme un instrument de musique. On a quasiment maintenant toutes les disciplines enseignées, ça offre aux élèves un panel assez large pour leur permettre de développer beaucoup de choses."

Reste un élément, paraît-il, fondateur de la "Versailles touch". Cet "ennui inspirateur" dont les membres de Air, Phoenix, ou même le rappeur Fuzati, reconnaissent qu'il a été moteur de leur volonté de faire de la musique, presque indispensable même. Du côté de la mairie, on s'en amuse : "merci l'ennui car ça a vraiment fait naître de très belles créations !"