Culture – Loisirs

Vous pouvez être champion d'échecs et nul en maths

Par Lisa Melia, France Bleu Gascogne jeudi 29 décembre 2016 à 9:06

Le tournoi d'échec de Mont-de-Marsan se poursuit jusqu'à vendredi
Le tournoi d'échec de Mont-de-Marsan se poursuit jusqu'à vendredi © Radio France - Lisa Melia

Jusqu'à vendredi, 84 joueurs d'échecs s'affrontent au cours de la 13e édition du tournoi de Mont-de-Marsan, organisé par le club L'Echiquier Montois. L'occasion de débusquer certaines idées reçues sur les échecs

"Je n'étais pas franchement un bon élève, je n'étais pas très attentionné au lycée, d'ailleurs j'ai raté mon bac." Mathieu Cornette est pourtant l'actuel champion de France, grand maître international des échecs. "Jouer aux échecs n'a rien à voir avec l'intelligence. Cela nécessite des capacités cognitives, comme la mémoire, le calcul, la logique... Tout ça se travaille."

Matthieu Cornette, champion de France 2016

Rien n'y fait, les échecs se coltinent toujours une image de sport d'intellos, trop compliqué pour le commun des mortels et carrément inatteignable pour ceux qui n'aiment pas les maths. "Ça n'a rien à voir, rétorque Dina Belenkaya, joueuse pro originaire de Saint Petersbourg, engagée dans le tournoi montois. Posséder un certain sens logique facilite les choses, mais en réalité, celui qui gagne, c'est celui qui bosse le plus. A l'école, j'ai toujours été nulle en math, en physique et en chimie." Dina Belenkaya appartient aux trente meilleures féminines en Russie, elle figure dans le top 100 européen et possède le titre de Grand Maître Féminin.

J'ai toujours été nulle en maths—Dina Belenkaya, championne d'échecs russe

Les professionnels accumulent ainsi les heures derrière leur ordinateur, à étudier les parties des légendes des échecs, à lire des ouvrages, à analyser les combinaisons de coups de leurs adversaires, à affiner leurs stratégies. Pas de secret : comme dans tout sport, seuls l'entraînement et la discipline feront réellement la différence.

Sang froid et entraînement

15h, le tournoi reprend. "Serrez-vous la main, les noirs appuient sur la pendule et les blancs jouent. Bonne partie à tous." Bernard Dubertrand, président de l'Echiquier montois, lance les hostilités de l'après-midi. "Il faut être impitoyable avec son adversaire, sourit-il. Mais au final, tout le monde peut participer."

Matthieu Cornette face à son adversaire de l'après-midi - Radio France
Matthieu Cornette face à son adversaire de l'après-midi © Radio France - Lisa Melia

Et ça se vérifie dans la grande salle du château Nahuques. Le plus jeune joueur a moins de 10, le plus âgé dépasse les 80 ans. A la faveur du hasard, les amateurs affrontent les pros. Au bout de quelques parties, toutefois, les différences de niveau s'affichent. "Le jeune amateur inconnu au bataillon qui bat les meilleurs joueurs, cela ne se voit que dans les films, plaisante Bernard Dubertrand. Les professionnels sont capables de calculer plusieurs coups à l'avance."

"Bien sûr, il vaut mieux ne pas être bête, explique Maylis, 11 ans, l'une des plus jeunes participantes au tournoi. Mais le sang froid et l'entraînement comptent davantage." La passion, aussi. A 8 ans, Matthieu Cornette passait ses récréations à disputer des parties d'échecs avec ses camarades de classe.