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Économie – Social

120 travailleurs sans-papiers en grève en Ile-de-France

mercredi 14 février 2018 à 6:09 Par Faustine Calmel, France Bleu Paris

Ils sont employés par une agence d'intérim à Paris, une entreprise de transport de colis à Roissy ou s'occupent de la collecte des déchets dans le Val-de-Marne et tous ont cessé le travail ce lundi pour réclamer leur régularisation. Une action coordonnée avec l'aide de la CGT.

L'agence d'intérim Defi Technology est occupée depuis ce lundi, avenue Daumesnil à Paris
L'agence d'intérim Defi Technology est occupée depuis ce lundi, avenue Daumesnil à Paris © Radio France - Faustine Calmel

Île-de-France, France

Ils sont 120 et travaillent dans six entreprises différentes, à Paris, en Essonne, dans le Val-de-Marne et le Val d'Oise. Ils sont manutentionnaires, trient nos déchets, livrent nos colis ou préparent des petits plats. Leur point commun : ils sont sans-papiers et travaillent pour certains depuis des années dans la même entreprise et tous ont cessé le travail depuis ce lundi matin. Ils promettent de faire grève et d'occuper les locaux de leurs patrons jusqu'à obtenir leur régularisation

Le système des "alias"

Pour pouvoir travailler sans leurs papiers, ils ont emprunté ceux d'un cousin ou d'une connaissance et sont enregistrés sous une autre identité. Ils en changent parfois, au vu et au su de leur patron explique Salif qui travaille depuis trois ans pour l'agence d'intérim Défi Technology dans le douzième arrondissement de Paris : "j'ai déjà travaillé ici sous deux noms, la première fois pour quatorze bulletins de salaires, la seconde fois j'ai même obtenu ma carte de travailleur du BTP. Alors mon patron oui, il est forcément au courant de ma situation".

C'est ce que l'on appelle les "alias", phénomène couramment utilisé assure la CGT. A tel point que depuis les mobilisations de 2006, les préfectures les prennent en compte dans les dossiers de régularisation.

Un projet de loi "asile et immigration" qui inquiète

Mais le syndicat s'inquiète du futur projet de loi asile et immigration . "On craint que ce système ne soit plus pris en compte et accepté" assure Maryline Poulain du collectif CGT migrants, "ce sont des métiers pénibles, avec des conditions salariales difficiles, et clairement on cible ces travailleurs au lieu de cibler leurs employeurs. Comment vont-ils sortir de l'ombre? Je ne suis pas certaine que l'on veuille les expulser car ils sont en très grand nombre (ndlr : entre 200.000 et 400.000 selon les estimations des associations), simplement peut-être veut-on les laisser dans cette situation de fragilité pour que le système d'exploitation perdure".

Le projet de loi qui doit être présenté en Conseil des ministres mercredi prochain.