Économie – Social

Deux entreprises de BTP héraultaises épinglées pour travail illégal

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Hérault jeudi 1 septembre 2016 à 17:32

Casque de chantier (illustration)
Casque de chantier (illustration) © Getty -

La préfecture de l'Hérault vient de sévir contre deux entreprises du bâtiment pour travail illégal : 130 salariés portugais travaillaient sur des chantiers du département comme "travailleurs détachés" de manière abusive. Elles devront stopper leurs chantiers pour trois mois en payant les salariés.

C'est un coup d'accélérateur dans la lutte contre le travail illégal dans le BTP dans l'Hérault : le préfet vient de sanctionner deux entreprises qui employaient des travailleurs détachés de manière totalement abusive.

Centre-trente salariés portugais étaient embauchés sur cinq chantiers de gros-œuvre dans l’Hérault, trois à Pignan, un à Castries et un autre à Castelnau-le-Lez. La préfecture vient de suspendre l'activité de ces deux entreprises.

Un montage bien rodé

Une entreprise française dont le siège social se trouve à Perpignan faisait appel à une entreprise d'intérim portugaise. Les deux avaient le même patron ou presque : le père et sa fille.

Depuis 2015, les travailleurs détachés doivent être déclarés dans des conditions très strictes.

Si ces déclarations ont bien été faites par les deux entreprises, une petite enquête de la préfecture de l'Hérault a permis de démontrer que la boite d'intérim portugaise n'avait aucune activité au Portugal, mais uniquement en France. Et ça, c'est interdit !

Car évidemment le droit du travail est différent au Portugal : on est loin des 35 heures et les charges sociales y sont 25 à 30% moins chères. Le préjudice pour l'URSSAF n'a pas été estimé, mais il est colossal, avec 130 salariés détachés pendant un an depuis juillet 2015.

Le promoteur devra trouver d'autres prestataires

Le préfet vient donc de demander aux deux entreprises de cesser leurs chantiers pour trois mois. Elles effectuaient actuellement du gros œuvre sur la construction d'appartements. Le promoteur va devoir trouver d'autres prestataires pour poursuivre les chantiers.

Quant aux deux entreprises épinglées, elles sont tenues de payer leur salariés quand même. Pas de chômage technique.

Selon Xavier Moine, en charge des contrôle sur le travail illégal à la préfecture de l'Hérault, "la quasi totalité de l'activité de l'entreprise était en France, elle ne pouvait donc pas se prévaloir des règles en matière de détachement. Elle devait déclarer les salariés en France et payer les charges de l'URSSAF."

Xavier Moine de la DIRECT

L'entreprise de Perpignan conteste les mesures prises par la préfecture et affirme qu'elle n'a rien à voir avec l'entreprise portugaise.

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