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Économie – Social

"2 euros pour un paquet de gâteaux, c'est devenu trop cher pour nous", Annabelle, agricultrice

mercredi 5 août 2015 à 16:24 Par Marion Fersing, France Bleu Maine

Les femmes d'agriculteurs ont manifesté ce mercredi midi au Mans pour dire leurs difficultés d'exploitantes mais aussi de mamans et d'épouses.

Les agricultrices étaient une centaine au Mans
Les agricultrices étaient une centaine au Mans © Radio France - (photo Marion Fersing)

Les femmes d'agriculteurs ont pris le relais de leurs maris , ce mercredi au Mans. Face à la crise que traverses les producteurs de boeuf, de porc et les éleveurs de vaches laitières, elles sont une centaine à avoir défilé entre la place des Jacobins et la Préfecture.

2 euros le paquet de gâteaux, c'est devenu trop cher

Parmi elles, Annabelle et Céline. La première s'est installée en Gaec avec son mari et son beau-frère en 2009, à Yvré-le-Polin. Aujourd'hui, la famille s'en sort grâce aux légumes du potager et aux poulets de l'exploitation , mais Annabelle ne se permet aucun extra : "j'évite d'emmener mon petit garçon de 5 ans quand je vais faire les courses au supermarchés, parce que je ne peux pas lui acheter le paquet de gâteaux qu'il pourrait me demander parce qu'il l'a vu à la télé. 2 euros, c'est trop cher" .

Pourtant, la jeune femme se démène , elle se lève à 6h30 pour la traite et elle jongle ensuite entre les enfants, les vaches, les poulets, la comptabilité dans le rouge, ses propres craintes et celles de ses parents. "Quand on n'arrive pas à se dégager de salaire, je suis obligée d'appeler mes parents pour qu'ils nous aident à payer le loyer. Quand on est chef d'entreprise, c'est dur ! Et forcément, ils s'inquiètent" . Malgré tout, elle ne regrette pas d'avoir choisi de devenir agricultrice . "J'aime travailler avec mon mari, j'aime vivre à la campagne, même si les problèmes financiers, c'est vraiment pesant".

"Nos filles nous soutiennent en nous disant qu'on fait le plus beau métier du monde" glisse Céline

Céline, elle, vient d'une famille d'agriculteurs. Quand son père est parti à la retraite au printemps, elle s'est installée sur son exploitation, à Cré, près de la Flèche, avec son mari et leurs deux petites filles. "C'est un projet que nous avions depuis 10 ans. Nous savions que ça allait chambouler notre vie" , confie la jeune femme. Mais évidement, elle ne s'attendait pas à une telle crise , seulement quelques semaines plus tard. Le plus dur pour elle, comme pour Annabelle, c'est pour ses enfants . "On leur a expliqué que, financièrement, on avait moins de possibilité. Alors elles comprennent, elles nous soutiennent aussi en nous disant que le plus important, c'est qu'on ait bien à manger et qu'on fait le plus beau métier du monde. Mais il y a aussi desfois où c'est plus difficile, quand on leur dit non pour une activité, alors que toutes leurs copines le font" .

Les agricultrices se sont rassemblées place des Jacobins au Mans - Radio France
Les agricultrices se sont rassemblées place des Jacobins au Mans © Radio France - (photo Marion Fersing)

Et encore, Céline s'estime chanceuse par rapport à ses voisins qui sont dans une situation financière encore plus difficile. Une situation qu'elle a du expliquer à ses filles : "les enfants parlent et ils ont raconté qu'ils avaient dit à leurs parents qu'ils mettaient certains jouets de côté, pour les vendre pour remplir le frigo" . Alors la jeune maman se bat . Pour maintenir l'exploitation à flot et assurer l'avenir de ses enfants. "Il n'est pas question qu'un jour on ne réponde plus au téléphone et qu'on ne regarde plus nos mails parce qu'on a des relances pour des factures et qu'on ne peut plus payer" .

Céline a du expliquer la crise de l'agriculture à ses deux filles

Malgré toutes ses difficultés financières, Annabelle continue d'aimer son métier d'agricultrice