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Économie – Social

Environ 200 sans-abris redoutent le froid à Avignon

jeudi 16 novembre 2017 à 17:25 Par Aurélie Lagain, France Bleu Vaucluse

Le Secours catholique estime que 200 personnes dorment dans la rue à Avignon. D'autres sont mal-logés, des familles également, risquent de perdre leur toit alors que l'hiver lance ses premiers assauts.

Le Secours catholique offre le café aux sans-abris et mal-logés
Le Secours catholique offre le café aux sans-abris et mal-logés © Radio France - Aurélie Lagain

Le froid s'est abattu brusquement sur le Vaucluse depuis quelques jours. La nuit de jeudi à vendredi est "assez froide" ,selon Météo France qui évoque -5 degrés à Saint-Christol, -3 degrés à Apt, et -1 degrés à Carpentras. Près du Rhône, les 7 degrés sont mis à mal par les rafales de mistral froid.

À Avignon, 200 personnes dorment dans la rue ou sous des tentes, selon Bruno Hippolyte, du Secours catholique :

"Des personnes migrantes autant que des jeunes qu'on suit depuis des années, on les appelle les invisibles."

Invisibles, mais les bénévoles du secours catholique les rencontrent sur l'île de la Barthelasse, l'île Piôt, derrière la gare d'Avignon également.

"On dit que trois nuits dans la rue, c'est trois mois pour s'en remettre."

A l'accueil de jour du Secours catholique, porte Magnanen à Avignon, ce matin-là, des petits déjeuners sont disposés sur des plateaux rouges, par l'équipe en cuisine. D'autres bénévoles, comme Christelle Boumaiza, accueillent environ 70 personnes, surtout des hommes, qui sirotent leur café chaud assis sur des chaises :

"Pour certains, le petit-déjeuner, c'est le seul repas de la journée"

D'autres attendent aussi le soir, vers 20 heures, le dîner chaud de la Croix-Rouge, dans l'intra-muros.

L'hiver, et par ces températures très froides, ce n'est pas le pic de fréquentation à l'accueil de jour du Secours catholique. C'est l'été, en période de canicule, qu'il y en a le plus : jusqu'à 120 personnes le matin.

"Je vis dans un squat. Il n'y a pas de chauffage" - Hamza

Ici, elles trouvent aussi une douche chaude. Hamza, a remis sa grosse veste après la toilette. Une douche chaude tellement attendue après une nuit dans le froid. Il vit "dans un squat. Il n'y pas de chauffage, pas d'eau." La nuit, c'est sac de couchage et couverture, et manteau en plus "parfois".

Mal logé aussi, Fayçal, sans papier, qui travaille au noir sur les marchés. Il vit dans un studio du quartier Monclar à Avignon, à quatre dans un studio. Chez lui, au moins, c'est chauffé. Ce n'est pas le cas pour tout le monde. Dans le centre-ville, il a vu ces personnes dormant sous les arcades il y a quelques jours par plus de 100 km/h de mistral glacé.

"Ils sont épuisés" - Christelle, bénévole

Ces hommes qui viennent et qui gardent leur sourire timide, "ils sont épuisés", devine Christelle Boumaiza. "Toute la journée, ils passent leur temps à chercher un hébergement, où manger. Certains font la manche pour se payer l'hôtel".

Une mère et ses deux jeunes enfants risquent de ne plus passer qu'une seule nuit au chaud

Quelques centaines de mètres plus loin, dans le quartier Champfleury, les bénévoles sont effarées à l'accueil bébé. Une femme est en pleurs, après avoir emmené ses jumeaux de trois ans et demi à l'école, à côté.

Elle explique son histoire. Elle ne peut plus passer qu'une soirée à l'hôtel, où elle est accueillie avec ses enfants après 14 mois passés dans un foyer.

Il y a deux ans, elle a quitté son mari violent, emportant ses bébés. Deux ans plus tard, sans papier, elle risque de se retrouver à la rue :

"Aujourd'hui je n'ai aucune solution. Je ne sais pas ce que sera demain, pour moi, mes enfants. Nous sommes perdus... Je dois être debout pour mes enfants!"

Le SIAO 115, service intégré de l'accueil, et de l'orientation devait rencontrer la mère de famille ce jeudi après-midi et a promis aux bénévoles de trouver une solution.

Ce week-end, comme chaque troisième fin de semaine de novembre, le Secours catholique lance sa grande collecte nationale. Il recherche aussi des bénévoles.